« books by the greats, blogged by you »

Comment traduire en conservant l’assonnance ? «  Ecrits par les plus grands, blogués par vous  », sauf qu’en français on n’utilise pas le terme bloguer dans ce sens, avec un complément d’objet direct. Pour nous, bloguer, c’est «  tenir un blog  ». C’est encore tout un événement, finalement, pas besoin d’objet direct, on n’en est pas encore à préciser ce dont on parle, le fait d’en parler sur un blog constitue encore le fait essentiel. Donc,  on dirait plutôt : «  Ecrits par les plus grands, commentés par vous  ». C’est la «  baseline  » (mmm… le slogan ?) choisie par Penguin pour le blog qu’ils ont ouvert permettant à tout un chacun de déposer des commentaires sur les ouvrages de sa collection de classiques en livre de poche.

PersonaNonData critique ainsi ce site (traduction maison) :

«  Il a ouvert il y a quelques mois mais pour l’instant cette expérimentation intéressante ressemble à un site sur lequel les lecteurs soumettraient des critiques d’ouvrages. Quelques commentaires sont parfois attachés aux critiques, mais le site semble échouer à capturer l’esprit et la spontanéité que le «  blogging  » pourrait engendrer. Le blogging peut être anarchique, et ce que l’on pourrait s’attendre à voir sur ce projet c’est : quelqu’un démarrant une conversation ou une interaction à partir d’un livre qu’il a lu. Ce qu’il a ressenti, ce qu’il n’a pas compris, ce qui s’est passé le jour où il l’a lu et qui restera attadché au souvenir de ce livre… .
Je pense que Penguin devrait se dégrafer un peu…  »

C’est vrai. en même temps, j’ai envie de donner un coup de chapeau aux concepteurs du site, d’une grande clarté et simplicité d’utilisation. Les commentaires n’ont pas ce ton très vivant de ceux que l’on trouve sur les vrais blogs écrits par des vrais gens, ni sur Library Thing… Est-ce parce qu’ils sont en réalité alimentés par des «  faux gens  », soit des gens de chez Penguin ? Est-ce parce que les commentaires ayant un ton trop relâché où comportant des notations personnelles sont filtrés ? On aimerait en savoir plus. Ce type de site relance toutes les questions que le web2.0 nous pose de la manière la plus insistante, concernant l’autorité (au sens de «  faire autorité  »), la position d’auteur, l’intelligence collective, le contenu généré par les utilisateurs…

Et vous, qu’en pensez-vous ?

4 réflexions au sujet de « « books by the greats, blogged by you » »

  1. Hubert Guillaud

    En lisant cette intéressante réflexion, je me disais que les éditeurs, plutôt que de développer leurs propres services, devraient travailler pour l’adoption des microformats par les plateformes de blogs ;-).

    Je m’explique.

    Plutôt que de faire des services comme celui-ci, qui n’arrive pas à capitaliser la fraicheur des critiques, ne devraient-ils pas plutôt aider au développement de formats comme hreview, qui permettra aux plateformes de blogging, demain, d’intégrer un format spécifique aux critiques (de livres, mais pas seulement). Dit autrement, un tel format pourrait permettre aux éditeurs, ensuite, de récupérer les critiques de livres, éparses sur les plateformes de blogs (et notamment de récupérer les critiques de leurs livres, ou de pointer vers les blogs qui en parlent). A terme, c’est certainement plus riche que de chercher à développer son service (qui ne marche pas toujours) ou que de tenter d’aspirer des notices que rien ne discernent dans le grand web (car les critiques en herbes ne mettent rarement l’ISBN du livre qu’ils critiquent).

  2. Virginie Clayssen Auteur de l’article

    C’est effectivement une piste, Hubert, dans l’esprit : pourquoi essayer de faire soi-même ce que d’autres font déjà très bien ?
    L’occasion pour certains de découvrir ce que sont les microformats.
    Celle aussi de s’interroger à nouveau sur la nature d’une page web, radicalement différente d’une page imprimée : un espace d’affichage susceptible de convoquer n’importe quel contenu, peu importe où il est stocké, du moment qu’il est «  trouvable  ». C’est à cela que servent les microformats, à rendre «  trouvables  » des collections de contenu.

  3. Ping : VideoToile » Blog Archive » Annoter des vidéos

  4. Hadrien GARDEUR

    Pour revenir sur les microformats et hreview… Ça rejoint complètement ce que j’ai déjà pu exposer ici même dans des commentaires : l’idée d’un Web plus décentralisé, avec un meilleur équilibre entre des espaces d’expressions privés (le blog par exemple) et des aggrégateurs de contenus.
    L’idée est toute simple, ajouter une couche sémantique à l’information pour ensuite la traiter et l’utiliser sur d’autres sites.

    Il y a néanmoins une bonne liste de problèmes qui font qu’on en est pas encore là :

    - la structure de hreview : elle est très souple, peut être même trop pour qu’on puisse facilement la retrouver sur Amazon, Fnac.com et toute la clique. Beaucoup de sites marchands ont en effet forcément besoin d’une note de 1 à 5 ou à l’inverse, n’utilisent pas certaines des informations de hreview. Il faudrait donc définir un cadre plus précis pour exploiter massivement ces hreviews.

    - identifier les livres : l’ISBN est un identifiant qui a du sens pour le monde du livre que quand on pense papier. Avec l’impression à la demande, des classiques qui ne sont plus édités, des e-books à tout va et j’en passe d’autres, on ne peut pas identifier l’ensemble de la production écrite par un ISBN. Sans compter sur le fait que pour beaucoup de ces hreviews, même si un ISBN existe, il ne sera pas systématiquement présent. Pour un moteur de recherche façon Technorati exploitant hreview ce n’est pas bien grave, mais pour Amazon, je ne suis pas certain qu’ils apprécient d’avoir des critiques ne correspondant pas forcément au bon livre…

    - récupérer le contenu : envoyer des robots se balader sur des blogs pour identifier et récupérer ces informations est quelque chose d’assez lourd qui concerneront donc uniquement un Google ou un Technorati par exemple. A l’inverse, on peut aussi imaginer qu’à la publication de ces contenus, ils signalent leur présence (c’est ce qui se fait aussi avec Technorati pour pas mal de blogs). Si lancer une initiative pour structurer les contenus est intéressant (hreview), il en faut une autre qui soit accessible à tout le monde via une API ouverte, qui servirait cette fois ci à récupérer ces contenus. C’est à ce niveau la qu’il faudra filtrer pour voir si une critique a tous les paramètres qu’on souhaite, et si on peut identifier correctement le livre critiqué.

    - pertinence de la critique : beaucoup de sites marchands utilisent un système permettant d’identifier les critiques les plus pertinentes. Si ces sites se mettent à récupérer des critiques externes, mais gardent en interne ce critère de pertinence, c’est quelque part assez problématique. Il faudrait donc un système partagé entre les différents sites quand à la pertinence d’une critique, et là on touche à une question très complexe. Est-ce qu’une critique doit être jugée pertinente par l’ensemble des visiteurs ? Peut-on considérer que certains sites sont automatiquement jugés pertinents et ne doivent pas être soumis à ce critère ? Il y a un gros travail de réflexion à faire aussi sur cette question.

    Cette liste de problématiques est très loin d’être exhaustive, et vu la complexité de la tâche, il faudra forcément que des intervenants planchent sur le sujet encore un certain temps avant que ce type de critiques soient omniprésentes sur le Web.

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