influence et connectivité

Je lis sur Publishing 2.0 un billet que j’aurais pu écrire. Comment ça, non ? Mais si, j’vous juuure, j’aurais pu. Il me semble d’ailleurs avoir dit quelque chose de ce genre, lors de la dernière soirée Bouquinosphère. (Traduction maison, comme d’hab’)

«  Lorsque j’interviens auprès d’éditeurs traditionnels qui s’inquiètent à l’idée de poser des liens de leur site vers d’autres sites car cela va «  envoyer les gens ailleurs  » au lieu de les garder enfermés au milieu de leurs contenus, ma réponse standard est aujourd’hui la suivante : il y a un site qui ne contient rien d’autre que des liens vers d’autres sites, et tout ce que fait ce site c’est d’envoyer les gens ailleurs. Et alors, c’est incroyable, les gens reviennent… A tel point que cette stratégie a abouti à des millions de dollars de revenus publicitaires. (Oui, c’est bien de Google dont je parle…)

N’importe qui peut devenir influent sur le web en ouvrant son blog ou un compte sur un site de réseau social, et en créant des liens vers les gens et les contenus qui l’intéressent. Quiconque dispose d’une influence «  hors ligne  » et souhaite conserver cette influence «  en ligne  » doit commencer par poser des liens, et inscrire ces liens dans un vaste réseau.

L’influence, sur le web, c’est avant tout la connectivité. Plus large est le réseau, plus puissants sont les liens.  »

Comment a fait Clarabel pour que le blog où elle poste ses critiques de livres et de films devienne l’un des plus fréquentés de la blogosphère du livre ? Allez voir son commentaire sur le dernier billet de La Feuille. Lorsqu’elle commente un ouvrage sur Amazon, c’est toujours son commentaire qui arrive en tête. Toujours. N’est-ce pas ce qui s’appelle «  avoir de l’influence  » ?

5 réflexions au sujet de « influence et connectivité »

  1. Hubert Guillaud

    Il faudrait certainement se pencher sur le style de critique de Clarabel : des critiques personnelles («  mon sentiment  », «  ce qui m’a touché  »…), toujours un vrai résumé de l’histoire (développé, pas en une ligne…), toujours un mot sur le style, et à la fin un commentaire sur les enjeux qui ramène au plaisir ou au déplaisir que lui a procuré le livre. Le tout dans un style très naturel, très fluide et assez simple.

    Ses commentaires sont souvent assez longs et structurés, contrairement à ce qu’on pourrait croire qui pourrait marcher (le court, le court, le court !). Enfin, il faut remarquer aussi une certaine qualité dans les choix qui permettent de la différencier des autres lecteurs. Peu de livres très grands publics, plutôt une bibliothèque exigeante et des aller retour entre des livres dont on parle et d’autres dont on parle pas.

    Bref, un vrai regard et un vrai ton. Une vraie continuité aussi qui exprime en tout cas bien des qualités.

  2. Hubert Guillaud

    J’oubliais l’essentiel. Clarabel, c’est le noeud d’un vrai réseau social, d’échange de livres, de lectures de critiques des unes aux autres. Un vrai réseau de lectrices autour du livre.

    Finalement, si Clarabel est si lue, c’est aussi parce qu’elle lie/t les autres. On sait que c’est là la base de la mise en réseau sur l’internet, mais là, faut reconnaitre la patience, le travail…

  3. JM Salaun

    Je ne suis pas d’accord. La connectivité fait le trafic, oui, mais pas l’influence.

    Confondre les deux n’est pas pertinent et dangereux car c’est confondre attention et persuasion, principe même de la propagande, politique ou commerciale. Pour le dire autrement, la propagande est une monopolisation de l’attention.

    On peut être très influent sur le web sans pratiquement aucun lien sortant. C’est par exemple le cas de tous les sites de dépot à commencer par YouTube.

  4. Virginie Clayssen Auteur de l’article

    @JM Salaun : Effectivement, en ces temps de «  Storytelling  », la distinction est importante.
    Concernant repectivement le trafic et l’influence, l’un se mesure très facilement, l’autre beaucoup plus difficilement. Le nombre de connections depuis/vers un site se calcule. Mesurer dans quelle proportion telle ou telle information diffusée sur le web ou ailleurs influe sur les opinions et les intentions de ceux qui en prennent connaissance… c’est beaucoup moins évident, et c’est heureux.

    L’exemple de Clarabel peut nous mettre d’accord : elle jouit d’une certaine influence sur le choix des lecteurs (dans quelle mesure, c’est impossible de le définir), non pas uniquement parce qu’elle a su créer du trafic sur son blog en s’insérant dans un réseau via la pose de liens vers d’autres blogs, mais comme le souligne Hubert, parce qu’elle a écrit des dizaines de notes de lecture de qualité, parce qu’elle a effectivement «  produit du contenu  », sur son blog et sur Amazon.

    Le trafic ne crée pas l’influence, c’est vrai. Mais il la porte : quelle que soit l’influence de Clarabel, qui est liée à ce qu’elle écrit et dépose sur le web, plus son blog est visité, et plus son avis est susceptible de compter dans les choix de lectures d’un grand nombre de gens.

  5. Alain Pierrot

    @JMS
    L’assimilation entre influence et propagande me paraît hâtive : si j’adhère tout à fait avec une définition de la propagande comme un (tentative de) monopolisation de l’attention, souvent liée à une saturation de l’espace de communication, il me semble que l’influence peut être moins intrusive, plus proche de la proposition d’“autorité” comme un raccourci, une aide au choix ou à la décision.

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