Identification de contenu sur la Content Blockchain. Le code ISCC (International Standard Content Code)

J’ai entrepris de traduire deux articles écrits et publiés le 13 avril dernier par Sebastian Posth, à propos du projet The Content Blockchain Project . Un grand merci à Sebastian pour m’avoir autorisée à publier ces traductions, et merci aussi pour sa relecture fort utile. 

Identification de contenu sur la Content Blockchain. Le code ISCC (International Standard Content Code)


–> Si vous avez déjà lu l’article sur les Smart Licenses, passez l’introduction, qui est commune aux deux articles.

Le Content Blockchain Project construit les outils de base qui vont permettre aux journalistes, éditeurs et aux start-ups du secteur des médias de créer des produits, des services et des modèles d’affaires innovants dans l’économie ouverte de la blockchain.

L’idée fondamentale derrière le Content Blockchain Project a été de créer les fondations techniques d’un environnement d’échange pour des contenus médias numériques qui faciliterait de nouvelles manières de proposer et d’acheter du contenu sur un réseau décentralisé de la blockchain.

Son but est de simplifier le processus complexe de management des licences et de distribution des contenus numériques en offrant un registre de droits et de licences sous la forme d’un «  grand registre ouvert et transparent » géré par la blockchain.

Pour les ayants droit et pour les intermédiaires il devrait être facile et peu coûteux de publier les termes des licences d’utilisation de leurs contenus.

Pour les utilisateurs, qu’il s’agisse d’entreprises ou de particuliers, il devrait être simple et peu coûteux d’avoir accès aux termes de ces licences et d’acheter les contenus sous licence selon les termes proposés.

Cela s’applique à toute application ou à tout service dont l’objectif est d’offrir et de licencier du contenu numérique  via la blockchain de manière semi-automatisée  : identification de contenu et gestion des licences sont les prérequis indispensables.

Les principaux défis pour le Content Blockchain Project ont été  :

  1. de trouver le moyen d’identifier sans ambiguïté des contenus numériques

  2. d’offrir une solution intelligente pour le management des droits et l’information sur les licences, en rendant les termes licences lisibles par des machines et en permettant l’attribution automatique de licences.

J’aimerais, dans ce premier article (deux sont prévus), décrire l’approche concernant l’identification des contenus que le Content Blockchain Project a privilégiée ces derniers mois.

Il présente aux parties prenantes de l’industrie une introduction, qui évite le jargon technique ou juridique, à deux éléments que nous avons développés dans le projet :  l’identifiant de contenu ISCC et les Smart Licenses pour les médias numériques.

Merci de considérer cette approche comme un proposition. Nous apprécierons beaucoup vos retours et réactions.

The Content Blockchain

Après avoir soigneusement évalué différentes approches business des protocoles blockchain, le Content Blockchain Project a décidé de choisir la technologie Multichain pour construire une blockchain dédiée aux contenus numériques.

Multichain offre une technologie qui autorise les organisations à construire et déployer des blockchains et des applications construites au dessus de leurs propres chaînes. Cela autorise une gouvernance sous forme de consortium, et une approche décentralisée pour gérer la chaîne granulaire des droits et des autorisations pour ceux qui voudraient participer à la maintenance ou à l’utilisation de la blockchain ou au développement d’applications.

Multichain autorise aussi la création de flux qui peuvent stocker de petites quantités de données sur la blockchain native et octroyer des autorisations en écriture de données sur ces flux.

Sur l’implémentation test de la Content Blockchain, deux principaux flux vont être établis, l’un pour l’enregistrement d’identifiants ISCC, l’autre pour l’enregistrement des smart licences correspondantes, dont le concept va être décrit ci-dessous.

Ressources :
Evaluation technique de Multichain :
https://content-blockchain.org/research/multichain/
site web de Multichain :
https://www.multichain.com/

Le portefeuille Coblo

Le  Content Blockchain Project a développé un portefeuille logiciel qui permet aux utilisateurs de traiter en totalité un nœud Blockchain Content sur un ordinateur (PC ou Mac) et de participer au test de la plateforme. Il permet également  :

  • La création d’un compte sur la blockchain
  • Le fait de tester le vote expérimental par consensus
  • L’envoi et la réception de monnaie native de la blockchain.
  • L’horodatage du contenu sur la blockchain
  • La création d’identifiants de contenu ISCC et leur enregistrement sur la Content Blockchain.

Ressources :
Télécharger le portefeuille Coblo (pour Pc et Mac)
https://github.com/coblo/gui-demo

Je vais maintenant décrire les principes basiques de création et d’enregistrement d’un ISCC.

Gardez bien à l’esprit le fait que l’implémentation courante de la Content Blockchain est seulement un réseau-test en vue de tester la chaîne, ses réglages et ses permissions ainsi que sa gouvernance et les applications qui ont été construites pour la Content Blockchain.

Identification de contenu

Créer un ISCC à partir d’un contenu

Dans l’optique de comprendre les différentes opportunités en terme de modèles d’affaires qui émergent de l’environnement Content Blockchain, il est essentiel d’appréhender correctement la nature et le concept d’ISCC, ou International Standard Content Code.

L’ISCC n’est pas simplement un identifiant supplémentaire, assigné de manière aléatoire à un contenu. En tant qu’identifiant générique, l’ISCC est dérivé du contenu lui-même.

L’ISCC est défini comme un identifiant ouvert et décentralisé pour du contenu numérique. C’est un identifiant unique, structuré de manière hiérarchique, qui est généré de manière algorithmique et de manière décentralisée. Il est construit à partir d’un mélange générique et équilibré entre des éléments dérivés du contenu, sensible à la localisation, et préserve des similarités présentes dans les métadonnées et le contenu. Cela lie de manière inséparable tout contenu spécifique à un identifiant ISCC spécifique.

 

http://iscc.codes/

Ressources :
La spécification du standard ISCC est disponible ici  :
http://iscc.codes/
https://github.com/coblo/iscc-specs
https://coblo.github.io/cips/cip-0003-iscc/
Application portefeuille pour Mac & Windows
https://github.com/coblo/gui-demo
Une implémentation de référence que les développeurs peuvent utiliser pour générer des ISCCs (bibliothèque logicielle en Python) est disponible ici  :
https://pypi.python.org/pypi/iscc
Librairie Coblo MCRPC
https://pypi.python.org/pypi/mcrpc

L’ISCC peut-être créé à partir d’un contenu numérique et de ses métadonnées basiques par quiconque suit les procédures des spécifications ISCC ou utilise un logiciel open source qui supporte ISCC selon la spécification ISCC.Cela signifie qu’en utilisant n’importe quelle application disponible, n’importe qui sera en mesure de générer un ISCC à partir du contenu lui-même, qu’il s’agisse du détenteur des droits sur ce contenu, d’un intermédiaire, d’un revendeur ou de l’utilisateur de ce contenu. Quiconque accède à ce contenu va générer le même ISCC sur chaque machine individuelle, de manière décentralisée et en dehors de la chaine.

Une manière possible de générer un ISCC est d’utiliser l’appli portefeuille Coblo. L’appli est disponible en téléchargement pour Windows (et bientôt pourt Mac) ) :
https://github.com/coblo/gui-demo.

Dans sa dernière livraison, l’appli portefeuille Coblo va générer des ISCC pour des textes et des images numériques. La génération d’ISCC pour des contenus audio et vidéo seront disponibles dans les prochaines versions du logiciel.

Enregistrer un ISCC dans un «  flux ISCC  ».

L’appli portefeuille Coblo va générer un ISCC. Il est possible de l’enregistrer dans le «  flux ISCC  » d’un Contenu Blockchain. L’enregistrement d’un ISCC est lui-même une transaction sur la Content Blockchain.

La Content Blockchain, basée sur la technologie Multichain, autorise la création de flux séparés, qui peuvent stocker des clés et les données correspondantes sur la chaîne – exactement comme l’ISCC – et rendent possible l’octroi de permissions en écriture sur ces clés et sur ces données.

Selon la spécification actuelle, n’importe qui peut écrire sur le flux ISCC de la Content blockchain. Comme la Content Blockchain est considéré comme une Blockchain publique, n’importe qui peut lire l’information écrite dans le flux ISCC.

Il est important de noter que le fichier du contenu lui-même ne sera pas (ni jamais) chargé et stocké dans la Content Blockchain. Le contenu ne quittera pas le disque dur local lorsque son ISCC sera enregistré sur la Blockchain. C’est uniquement l’ISCC, en tant que référence à ce contenu qui sera stocké sur la blockchain, et non le contenu lui-même. Comme pour toute Blockchain, l’espace de stockage est limité. Cela s’applique également au grand registre distribué de la Content Blockchain. Et donc le flux ISCC stockera uniquement l’information spécifique et un nombre limité de données à l’occasion de l’enregistrement d’un ISCC  :

  • L’identifiant ISCC (Keys  »)
  • Les métadonnées du contenu digital («  Data  »)
  • L’horodatage de la transaction d’enregistrement de l’ISCC («  Time  »)
  • D’autres détails de la transaction qui a généré l’item de flux («  Transaction  »)
  • L’identifiant public du portefeuille de celui qui enregistre («  Publishers  »)

Les entrées concernant l’enregistrement ISCC sur le «  flux ISCC  » de l’implémentation sur le réseau-test peuvent être trouvées via Coblo explorer et ressemblent à ceci  :

 

https://cdn-images-1.medium.com/max/800/1*f1ZGfh9ojzoZvoJMbkU1xQ.png

 

Quelques remarques pour souligner l’option d’entrée des métadonnées pour un ISCC saisi  : le «  titre  » du contenu concerné est la valeur minimum d’enregistrement requise pour l’entrée d’une donnée. Mais le flux offre une manière flexible et extensible de fournir des métadonnées de titre additionnelles, spécifiques à l’industrie au sujet du contenu identifié (tel que Dublin Core, IPTC, ID3v2, ONIX).

Cela signifie que les enregistreurs peuvent soit écrire des métadonnées directement dans la blockchain en ajoutant des ligne de métadonnées personnalisées (données JSON) ou lier à des entrepôts de données stockés en dehors de la chaîne qui hébergent les métadonnées du contenu enregistré. Vous trouverez des détails supplémentaires sur le flux ISCC et ses métadonnées das la spécification  :  : http://iscc.codes/specification/

Notez bien que l’enregistreur d’un ISCC ne doit pas être confondu avec le propriétaire des droits du contenu enregistré. Le «  publisher  », dans un flux, réfère simplement à l’institution ou à la personne qui a enregistré l’ISCC via une transaction. Le publisher est uniquement identifié par son ID de portefeuille.

L’enregistrement d’une entrée dans la Blockchain signifie littéralement  » Il existe un contenu avec cet identifiant ISCC spécifique, et un enregistreur avec tel ID de portefeuille spécifique l’a enregistré et fournit quelques métadonnées pour cet ISCC spécifique. Comme l’enregistrement de l’ISCC et de métadonnées n’implique aucune revendication de propriété sur le contenu, il ne sert pas, aujourd’hui, à identifier personnellement ni à vérifier l’identité de l’enregistreur. Dans cette optique, le flux ISCC de la Content Blockchain est simplement un grand registre public qui n’affirme pas que les métadonnées sont pertinentes, et n’est rien d’autre que la preuve de l’existence d’un contenu avec un ISCC spécifique.

Dans un flux public de la Content Blockchain il peut bien sûr exister plusieurs entrées pour un ISCC. Pour décider qu’une entrée est digne de confiance, on peut se baser sur la pertinence des métadonnées ou sur le fait que l’ID –portefeuille est considéré comme «  de confiance  » ou vérifié, ou auto-authentifié, ou bien connecté publiquement à une institution reconnue.

En outre, il est possible pour les ayants droit d’ouvrir des flux fermés sur la Content Blockchain. Dans des flux fermés, il pourrait être requis que chaque enregistreur d’un flux soit identifié personnellement et son identité vérifiée pour être autorisé à disposer des droits en écriture pour ce flux ou pour que ses transactions soient valides. Ces règles et ces permissions vont devenir un point crucial et partie intégrante de la gouvernance de la Blockchain.

Dans le prochain article  ; «  Qu’est-ce qu’une Smart License ?  » j’aimerais décrire l’approche en matière de gestion de licences que le Content Blockchain Project a poursuivie ces derniers mois.

Une question  ? Une réaction  ? Merci de contacter :  https://content-blockchain.org/contact/ ou Sebastian Posth ou via Telegram.

 

Une réflexion au sujet de « Identification de contenu sur la Content Blockchain. Le code ISCC (International Standard Content Code) »

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