Jeffrey Yamaguchi, Michael Crichton, et NEXTgencode…

Voici ce que Jeffrey Yamaguchi, on-line marketing manager chez Harper Collins, se donnerait comme conseil s’il pouvait parler au jeune débutant qu’il a été un jour (lu sur Book business) :

«  Take chances, be creative, have fun with it, work hard, look for and try new ways of doing things. All those things sort of go hand-in-hand. It’s easy to say or give that advice and much harder to actually pull-off consistently, but I think the best work comes through when all those elements are in play. Oh … and learn how to sell. No matter what you are doing, you have to sell it.  »

You have to sell it, man…

Et voici comment Jeffrey Yamaguchi, qui a bien écouté ses propres conseils,  vend «  Next  »,  le dernier livre de Michael Crichton :
il a créé tout spécialement un site internet sur lequel on peut visualiser des vidéos promotionnelles vantant les produits d’une firme spécialisée dans les manipulations génétiques. NEXTgencode, c’est le nom de cette société fictive, peut vous fabriquer un chien qui restera éternellement jeune, des enfants dont vous choisirez le sexe, la couleur des yeux, la taille, le poids, les talents… Les vidéos qui s’affichent sur le site sont également diffusées sur la home page d’Harper Collins, sur YouTube, sur les sites de librairie en ligne, et dans certains programmes télévisés matinaux. C’est provocateur, assez drôle, grinçant et dérangeant, soigneusement réalisé.

Est-on allé aussi loin pour le site de lancement d’un ouvrage, ici dans l’hexagone ? Si oui, je veux bien cliquer sur quelques liens.
Et aussi, «  on-line marketing manager  », ça existe, dans les maisons d’éditions françaises ? Vous en connaissez ?

6 réflexions au sujet de « Jeffrey Yamaguchi, Michael Crichton, et NEXTgencode… »

  1. fernand

    Dans les maisons d’édition littéraires, surtout, les conflits entre auteurs et éditeur portent souvent sur la qualité de la promotion faite à tel ou tel ouvrage/auteur de leur catalogue/cheptel. Difficile de faire avaler à un auteur qu’un autre est plus dans l’air du temps et que, fort logiquement (gestionnairement parlant), les attachés de presse de l’éditeur en font «  plus  » pour lui.
    L’organisation de la promotion chez l’éditeur passe donc souvent par l’émiettement des intervenants en promotion (mutlples attachés de presse avec chacun un panel d’auteurs qui n’entrent pas en concurence les uns avec les autres, sous-traitance, …) de manière à éviter d’apparaître (trop) ostensiblement comme favorisant tel ou tel auteur.
    Le coût et la rareté de lancements massifs comme celui du Crichton réservent sans doute aujourd’hui ce genre d’opération à quelques titres par an et n’incitent pas pour l’instant à instutionnaliser la fonction d’  »on-line markleting manager  » en interne.
    La situation changera probablement le jour où il sera prouvé que les ventes d’ouvrages moins médiatiques sont améliorées par une promotion rentable sur le net vers des niches.
    Encore une idée de «  long tail  » ?

  2. Bigaro

    Je faisais récemment une recherche sur le Web concernant des livres-audio. Au fil de ma déambulation, je suis tombé sur un site où on pouvait écouter des extraits.

    J’ai écouté un extrait d’un livre érotique lu par l’auteur, Alina Reyes je crois ; et je suis allé sur Amazon commander le livre.

    Il y a bien des gens pour décider d’enregistrer le texte, de le mettre sur un site, de faire indexer à peu près correctement le site par les moteurs de recherche… Ce n’est peut-être pas un “on-line marketing manager” ; ce n’est peut-être pas une mega-production multimédia, mais ça existe. Et ça m’a fait acheter…

  3. Virginie Clayssen Auteur de l’article

    Je ne suis pas une pro  du marketing, ni passionnée par celui-ci : ce billet ni ne célèbre la démarche de Yamaguchi ni ne s’extasie sur une astucieuse façon de jouer du web et de ses codes pour vendre encore plus l’ouvrage d’un auteur qui se porte déjà plutôt bien. Ce qui m’a frappée dans cette info, c’est ce qu’elle nous dit sur le décalage entre Etats-Unis et France en ce qui concerne la banalisation et l’adoption du web, et la maturité des métiers articulés à celui-ci. Tandis qu’ici on peut encore entendre comme ce matin (sur France Culture) Finkielkraut se stresser affreusement, totalement synchrone avec Barbara Cassin, à propos du devenir de l’éminence des auteurs avec le développement du Web, se lamenter sur la nullité des blogs et prédire leur imminente disparition. Dépêchons-nous de continuer nos conversations en ligne, avant que la blogosphère n’éclate, et que soit restauré enfin sur internet l’autorité qui lui fait si cruellement défaut…

  4. fernand

    Pas inintéressant, dans la même émission, d’entendre Barbara Cassin évoquer les «  bons blogs  » après sa première tirade…

  5. Eric

    Est-on allé aussi loin pour le site de lancement d’un ouvrage, ici dans l’hexagone ? Peut-être, mais dans un autre genre : voir Le Blog de Tamara. Détails sur http://isbn.wordpress.com/2007/03/22/tamara-existe-elle-blogue-pour-dupuis/

    Et aussi, “on-line marketing manager”, ça existe, dans les maisons d’éditions françaises ? Vous en connaissez ? Oui, mais on dit plutôt «  responsable e-marketing  », et les budgets ne sont probablement pas les mêmes qu’outre-atlantique…

  6. Ping : Tamara existe, elle blogue pour Dupuis « isbn.wordpress.com

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>