Guerre et paix

Guerre :

«  A la différence de la confrontation des majors avec le numérique, la guerre à venir à toutes les chances d’être plus brutale, plus rapide et plus efficace que celle que mène encore l’industrie du disque. Le plan de bataille édicté par le SNE est d’ailleurs un constat d’échec tant il n’est guère qu’un plan de défense face à une attaque qu’il devine, lui aussi, imminente. Si l’industrie du livre n’a de toute évidence rien appris de l’expérience des majors du disque, qui peut imaginer un instant que dans le camps adverse, aucune leçon n’at été apprise afin de mettre au point les stratégies de la guerre à venir ?  » (Fabrice Epelboin – ReadWriteWeb)

tags : confrontation guerre brutale bataille défense attaque adverse

Paix :

«  Dans un univers numérique, la clé du succès, c’est le dialogue. Dans le monde du livre, cela suggère le dialogue avec un auteur vivant, certes, mais aussi avec d’autres lecteurs, ou d’autres participants à l’écosystème qui prend forme autour d’une œuvre. Par conséquent, par delà les infrastructures, les formats, les modèles commerciaux, etc. ceux qui réussiront le mieux seront ceux sauront tirer profits des dialogues — par tous les moyens ; par ceux qui leur conviennent, ne serait-ce que par courriel, par un blogue, etc. Qu’ils soient auteurs, éditeurs, libraires, bibliothécaires, etc. Je m’émerveille d’ailleurs en voyant apparaître, chaque jour, de nouvelles initiatives qui s’inscrivent dans cette dynamique conversationnelle.  » (Clément Laberge – du cyberespace à la cité éducative)

tags : dialogue émerveille apparaître dynamique-conversationnelle

Je sais pas, vous, mais moi, je préfère la paix. Je préfère le travail de Clément auprès des éditeurs, en France pendant plusieurs années et maintenant au Québec, à l’agressivité d’Epelboin envers les éditeurs. Nous n’en sommes qu’au tout début d’un changement qui modifie la manière dont nous lisons, écrivons, publions, apprenons, nous informons, échangeons. Les modalités de ce changement, ses conséquences, méritent autre chose que les sempiternelles vociférations contre «  les éditeurs  ». Ce n’est pas un secteur que je défends ici, c’est une manière d’être.  Je préfère saluer les expérimentations plutôt que souligner les maladresses, aider à la compréhension plutôt que me gausser des retardataires. Accompagner le changement, et non le jeter à la face de ceux qu’il concerne.

9 réflexions au sujet de « Guerre et paix »

  1. Hubert Guillaud

    Décidément, Guerre et Paix est une grande référence de la lecture à l’heure des réseaux ;-).

  2. karl

    Il y a une troisième position : L’action en tant que lecteurs…

    Peu importe le débat, l’économie numérique de réseau créé une architecture très difficile à canaliser. C’est pour cela que la loi HADOPI est une illusion parmis d’autres.

    En revanche, il y a des choses passionnantes à réaliser dans le domaine du texte (je ne dis pas édition), à non pardon il y a des choses passionnantes qui se réalisent :)

  3. Ping : Communiquer plus, communiquer mieux, communiquer pour accompagner « Du cyberespace à la cité éducative…

  4. Aldus

    Complètement d’accord avec toi Virginie, on appelle même à couper les têtes… Les positions se radicalisent, c’est très inquiétant. Edition vient du latin edere, c’est mettre au monde, donner la naissance, la vie,
    http://www.universalis.fr/encyclopedie/C060007/EDITION.htm
    De nouveaux éditeurs, de libraires se lancent dans cette aventure aujourd’hui avec la même passion. Les étudiants en métiers du livre en sont une preuve vivante. Je rejoins Clément et me veux tout de même résolument optimiste. Il y a des choses passionnantes à réaliser dans le domaine de l’édition (y compris numérique) aujourd’hui.

  5. Xavier Cazin

    Merci Virginie. C’est une question fondamentale, et je trouve que ta mise à plat est la meilleure façon qui soit de la poser : quelle attitude dois-je adopter pour faire honneur à l’époque ?

    En leur proposant des pistes de renaissance via nos blogs, plutôt qu’en espérant l’hallali, on entretient le dialogue que Clément appelle de ses vœux, et on risque d’être tout surpris (eux les premiers) de voir que les dinosaures ont encore pas mal de choses à nous enseigner : savoir transmettre est un art suffisamment complexe pour ne pas le réduire aux deux-trois trucs que nous avons appris depuis la naissance de l’Internet.

    Cela dit, je dois aussi reconnaître que certains acteurs historiques mettent durement à l’épreuve notre longanimité :-)

  6. Virginie Clayssen Auteur de l’article

    @Hubert ;-)
    @Karl vous avez raison, s’il est quelque chose que le web vient interroger particulièrement, c’est bien la frontière lecture/écriture. Ce qui place le lecteur dans une position nouvelle, ce qui bouscule en fait les positions traditionnelles.
    @Aldus merci pour l’étymologie. Ils ont de la chance tes étudiants en «  métiers du livre  ». Métiers du livre ? Mais qu’est-ce qu’un livre ? :)
    @Xavier Ainsi toi aussi tu es un fumeur de calumet de la paix. Et, tu as raison, ça ne va pas toujours tout seul, la paix, sinon ça serait trop facile, personne ne ferait la guerre si la paix était facile, si personne vous énervait, si notre longanimité (j’adore ce mot !) n’était jamais mise à l’épreuve… Rigolo de voir que les éditeurs américains ont aussi des relations parfois très difficiles avec «  ceux qui ont appris deux trois trucs depuis la naissance de l’internet  ». Voir ce billet du blog The Digitalist et suivre les liens pour avoir toute l’histoire. Ça s’est passé à Austin, au moment du SXSW (South by South West), et les quelques éditeurs qui s’étaient aventurés dans cette conférence qui regroupe tout ce que le pays compte d’innovateurs sur le web ont passé un fort mauvais quart d’heure (alors même que l’éditeur Penguin remportait au même SXSW deux prix prestigieux avec son site «  We tell stories  » ).

  7. F

    étrange qu’Alain ne soit pas intervenu dans cette discussion ? y aurait besoin de son avis… je rejoins Karl, et idée reprise par V ci-dessus : dans ce déplacement (ou la lecture directement en ligne via feuilletoir avec annotations, recherche pondérée, métadonnées et autres services, n’est-ce pas Xavier), tout un espace neuf où on est nettement «  en avant  » de l’opposition ici désignée – et qui se manifeste beaucoup trop tristement dans ce texte affligeant propulsé par le SNE, plein de contre-vérités que démonteraient en un clin d’oeil chacun des éditeurs (même membres SNE) avec qui on travaille tous les jours, heureusement…
    http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article1707

  8. Xavier Cazin

    @virginie : [sxsw] ça me rappelle les débuts de la guerre logiciel libre contre logiciel propriétaire. Les représentants de Microsoft qui avaient des choses intéressantes à montrer (par exemple le xmlhttprequest à l’origine des techniques Ajax ou leur classe XmlReader) étaient au mieux méprisés, voire risquaient de se faire lyncher. Ils payaient pour le reste (l’instabilité de Ouin-Ouin, les virus, etc.). Idem pour Sun et Java.

    Résultat : même si les logiciels libres jouent aujourd’hui un rôle très important (au moins côté serveur), on voit bien qu’il n’a pas été nécessaire pour cela de détruire Microsoft. Mieux, n’ayant pas réussi à intégrer dans leurs rangs des designers aussi doués que leurs développeurs (pour cause de dialogue impossible hors du cercle geek), ils ont fini par copier les interfaces faiblardes de Windows en espérant lui piquer des parts de marché côté client :-)

    D’ailleurs, que penser d’@Aldus qui fait exprès de donner une référence Universalis alors qu’il existe un article Wikipedia, moins bon certes, mais « libre » !? Comme dirait l’autre, ça se discute.

  9. Ping : Veille de la semaine « La Vache qui lit

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>