Amazon franchit une nouvelle étape

booktwo.org commente ainsi la dernière annonce d’Amazon, survenue hier :

«  Amazon vient d’annoncer AmazonEncore : «  un nouveau programme selon lequel Amazon va utiliser les informations telles que les critiques de lecteurs sur Amazon.com pour repérer les livres exceptionnels et très recherché et les auteurs avec un plus gros potentiel que celui indiqué par leurs ventes.

Cela a mis du temps à venir, mais certains d’entre nous avaient annoncé cette évolution depuis un bon moment : Amazon a fini par franchir l’avant-dernier pas qui le séparait du dernier maillon de la chaîne éditoriale. Je dis «  avant-dernier  » car bien sûr, s’ils sont dès maintenant, certainement, des éditeurs, il semble qu’ils vont se contenter de faire leur choix parmi les livres existants plutôt que d’aller à la recherche de leurs propres auteurs.  »

Le premier titre publié par AmazonEncore, Legacy, a été écrit par une jeune fille de 14 ans, Cayla Kluver, et publié par une maison d’édition spécialement créée par sa mère. Les notes de lecture des internautes à propos de Legacy allaient de «  j’adore, j’adore  » à «  un intrigue et un maîtrise à vous couper lesouufle  ». La prochaine version de Legacy, publiée par Amazon, verra le jour à l’automne 2009.

Rien n’empêche les éditeurs de scruter le web, comme décide de le faire Amazon, à la recherche de nouveaux succès… Mais il faudra maintenant être plus rapide et plus convaincants qu’Amazon pour leur faire signer un contrat…

4 réflexions au sujet de « Amazon franchit une nouvelle étape »

  1. Freddy

    Bref, si on comprend bien, on passe de l’illusion de la démocratie critique (l’avis des internautes) à l’édition proprement dite, simple chambre d’échos du désir de la masse. Inquiétant. L’inverse même d’un travail d’édition. Plus besoin d’éditeurs d’ailleurs : il suffit de compter les avis favorables et on édite derrière !

  2. Virginie

    @Freddy Ce n’est pas une très grande nouveauté pour certains secteurs de l’édition de repérer des succès et de souhaiter en acquérir les droits. Tous les livres ne font pas l’objet d’une édition de poche, par exemple, et tous les livres ne sont pas traduits non plus. Et cela ne signifie pas qu’il n’y a «  plus besoin d’éditeurs  », le travail de l’éditeur ne se réduisant pas à simplement repérer des nouveaux talents, bien que cette partie de son travail soit considérée à juste titre comme particulièrement noble.
    Non, ce qui est à observer, c’est comment Amazon étend son pouvoir dans toutes les directions : la société a commencé par faire le commerce en ligne de livres imprimées, l’a étendu a toutes sortes d’autres biens, est l’un des acteurs du «  cloud computing  », a acquis des sociétés d’impression à la demande, vend son propre modèle de liseuse (le Kindle) ainsi qu’un catalogue de livres numériques au format propriétaire qui tend à s’imposer aux Etats-Unis.
    Voici qu’elle franchit le pas de faire de l’édition, même si dans un premier temps il s’agit de réédition. On attend la suite.

  3. freddy

    Chère Virginie (que j’imagine être une amie du livre amatrice de lecture publique…), tu as parfaitement raison pour ta vision globale de l’évolution d’Amazon. Je songeais en fait au livre L’Edition sans éditeurs d’André Schiffrin (éditions La Fabrique), dont la maison d’édition Pantheon book avait été rachetée de manière désastreuse par Random House : si on considère avec lui que le travail d’un éditeur, c’est surtout la constitution d’un bon catalogue avec des titres peu rentables à court terme, alors j’ai quand même l’impression qu’aujourd’hui le métier d’éditeur est attaqué et qu’une «  édition sans éditeurs  » se profile à l’horizon (plutôt qu’un beau navire par exemple…). Mais peut-être que je manque de souplesse sur ce sujet.

  4. Virginie Clayssen Auteur de l’article

    Pas de beau navire à l’horizon (ni de sous-marin dans mon périscope) en effet. Il me faiut assumer aimer la littérature, ceux qui l’écrivent et ceux qui la découvrent, et m’intéresser par ailleurs aux mutations que le numérique induit dans le monde de l’édition tel qu’il est, avec ses groupes, ses grandes, moyennes ou plus petites maisons, et la grande diversité des pratiques que recouvre l’édition dans toutes ses composantes, pas seulement l’édition littéraire.
    L’édition «  sans éditeurs  » a peut-être gagné, mais il me semble qu’on publie aujourd’hui encore de beaux et bons livres, plus de bons livres que je n’ai le temps d’en lire, et nous avons la chance de pouvoir les trouver plus facilement grâce au web et à ses habitants, et même, au détour d’un événement annoncé dans facebook, de rencontrer leur auteur, qui ne manque ni de souplesse, ni de talent.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>