En direct du Bureau des Éditeurs

penguinofficePenguin USA ouvre un nouveau site intitulé «  From the Publisher’s Office«  . Destiné à mieux faire connaître livres et auteurs, il présente des contenus originaux, clairement séparés par type de média : des vidéos (screening room), des contenus audio (radio room), des extraits de livres (reading room). La particularité de ces éléments : ils ont été conçus et réalisés par les collaborateurs de Penguin eux-mêmes.

J’aime assez la simplicité  avec laquelle sont réalisées les vidéos : du «  fait maison  » soigné, sans prétention, qui montre bien une évolution de l’usage de la vidéo sur le web. Là où de grandes marques continuent de réaliser des vidéos avec de gros budgets, des équipes professionnelles, des éclairages très soignées, des images «  parfaites  »,  d’autres optent pour un style plus familier, plus dans l’esprit de la «  caméra stylo «  . En réalité, qu’importe parfois si l’image est un peu tremblée, quand ce que nous dit cette image nous intéresse ? Si par contre il s’agit d’essayer de rendre sexy une barre de céréales, l’image a intérêt à être absolument parfaite… Bon, il est des cas bien sûr aussi ou une photographie parfaitement maîtrisée sert un propos tout à fait passionnant… et là, c’est la fête !

Pour la  partie «  reading room  », on a utilisé la technologie ISSUU. C’est seulement en mode «  paper view  » que je trouve ce mode de visualisation lisible, mais peut-être est-ce dû à la taille de mon écran où à ma vue qui a été meilleure…

L’intérêt de ce site, qui semble assez «  1.0″ dans sa conception (pas de commentaires ouverts pour les visiteurs, juste une «  boîte à suggestions  » qui est une adresse mail, pas de fil RSS…), c’est de donner la parole aux éditeurs. Donner la parole, cela ne veut pas dire mettre en vedette. C’est simplement assumer que derrière une marque, il y a des gens. Que les maisons d’éditions sont peuplées de gens qui aiment leur métier, réfléchissent à ce qu’ils font, ont des choses à dire sur les livres qu’ils éditent. Que le contact privilégié que les éditeurs ont avec les auteurs, ils peuvent le partager avec les lecteurs, lorsque l’auteur y consent. Bien sûr, il s’agit de donner plus d’exposition aux livres de Penguin, pour en vendre plus. Et alors ? Si l’éditeur ne cherche pas à vendre les livres dans lesquels il croit, qui le fera à sa place ? Quel auteur ne sera pas enchanté des efforts faits par son éditeur pour faire connaître son travail ?

Que cet effort pour  parler des livres, des auteurs, de la lecture, aboutisse à des sites aussi bien réalisés, riches de contenus de qualité, on ne peut que s’en réjouir. Cela dénote aussi de la part des éditeurs une capacité à se lancer dans de nouvelles aventures, à investir de nouveaux médias dont ils sont peu familiers. Tout cela doit coûter cher, il n’est qu’à consulter la page «  crédits  » du site, et voir le nombre de personnes mobilisées sur le projet. L’accès à cette page est accompagné de la note suivante :

Les vidéos et tous les autres contenus exclusifs disponibles ici sur «  En direct du Bureau des Editeurs  » sont tous conçus et produits par les éditeurs, équipes marketing et communication de chez Penguin. En fait, des collaborateurs à tous les niveaux ont contribué à la réalisation de ces programmes  »

Beaucoup de gens en interne, beaucoup sur des périodes de temps limitées, mais tout de même. Rendez-vous dans quelques mois, pour voir si ce numéro 1 aura été suivi d’un numéro 2, 3, 4… Cela seulement nous dira si pour Penguin la démarche a été un succès. Un succès qui ne peut que venir de cette proximité nouvelle entre éditeurs, auteurs, et lecteurs. Et qui peut se heurter à la difficulté de faire venir des visiteurs sur un site présentant les livres d’un seul groupe d’édition, aussi important soit-il.

2 réflexions au sujet de « En direct du Bureau des Éditeurs »

  1. F Bon

    je sais pas combien de fois j’ai tenté de suggérer à amis ou partenaires éditeurs que le matériel web 2.0 était déjà dans les ordinateurs de leurs différents étages (pas forcément les plus en vue)

  2. Virginie Clayssen Auteur de l’article

    C’est que pendant si longtemps il n’a pas existé d’espace où puissent s’échanger avec autant de facilité paroles, images et textes. Le fait de s’adresser au public, de parler à d’autres qu’à ses proches, d’exposer sa pensée, son avis à des inconnus était réservé à un tout petit nombre de gens. Il fallait disposer d’un statut particulier, disposer d’une autorité quelconque, pour pouvoir s’exprimer en dehors du cercle de ses proches. Être un auteur, un journaliste, un expert, un politique, une célébrité. Tout discours émis par une entreprise entrait dans la catégorie «  communication d’entreprise  » et devait être conforme à la stratégie de communication de l’entreprise. L’idée que des collaborateurs d’une entreprise puissent simplement parler de ce qu’ils faisaient constituait une sorte de risque pour cette stratégie.
    Le web est passé par là, avec cette facilité à publier, et surtout à instaurer une communication dans les deux sens, en autorisant des messages «  auxquels il peut être répondu  ». Un message auquel on peut répondre est bien différent d’un message assené sans réponse possible. Des entreprises comme Penguin prennent conscience de la richesse et de la valeur de ce qui se pense, se dit et s’échange entre les collaborateurs de l’entreprise, et décide de faire appel à cette richesse pour communiquer vers l’extérieur.
    De plus en plus d’éditeurs utilisent également Twitter, et ce sont de «  vraies personnes  » qui sont derrière les comptes Twitter, échangent des liens, des idées, des futilités, des infos sur une parution.
    A signaler aussi, l’utilisation dans certaines entreprises du réseau interne dans ce mode 2.0, pour susciter échanges, discussions, propositions, débats.
    Les choses bougent doucement, trop doucement pour que le changement soit visible, peut-être, à ceux qui sont sans cesse en mouvement, et sautent d’un TGV à twitter, d’Hendrix à publie.net, de Bagnolet à Québec…

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