Bonjour, je m’appelle…

indieDernier jour : rencontre à la French American Fondation, partenaire américain du Ministère de la Culture pour ce programme d’échanges,  avec Len Vlahos, le directeur général de l’American Booksellers Association. Les libraires indépendants, dont le nombre de membres a considérablement fondu en vingt ans, (4200 membres en 1990, 1350 aujourd’hui), ont leur portail des libraires, et utilisent les outils Google pour le feuilletage.

Il est prévu que les sites de leurs membres vont travailler en partenariat avec Google, dans le cadre du programme Google Editions, ce qui leur permettra de vendre des livres numériques «  on the cloud«  .

Parmi les arguments qu’ils mettent en avant pour tenter de convaincre les gens d’acheter en librairie :  le concept de «  shop local  », qui a de plus en plus de succès ici. Acheter local, pour diminuer son empreinte carbone, cela s’applique aussi au livre. La green attitude à la rescousse de la librairie indépendante : et pourquoi pas ?

Brian O’Leary, consultant chez Magellan, sera notre dernier intervenant. La présentation qu’il avait faite au TOC à Francfort, à laquelle j’avais assisté, avait fait pas mal de bruit : des propos de Fionnuala Duggan, de Random House,  concernant son exposé, sortis de leur contexte, avaient été reproduits dans un article d’une newsletter quotidienne distribuée dans la foire, et un début de polémique avait eu lieu, qui reprochait à plusieurs intervenants du TOC Francfort d’adopter des positions partisanes et issues d’une pensée plus axée sur la techno que sur l’industrie du livre.  Brian O’Leary, qui avait présenté, avec beaucoup de précautions, une étude sur l’impact du piratage et des produits gratuits sur les ventes de livres réalisée  sur un petit nombre de titres issus seulement de deux maisons d’édition, mais observés dans la durée, comparait les courbes de vente de titres piratés et des titres non piratés en essayant de trouver des régularités. Il y en avait assez peu, sinon l’observation d’un bref pic dans les ventes après quelques semaines de disponibilité d’un titre également disponible en téléchargement P2P. Jamais Brian n’a dit que cette étude permettait de tirer des conclusions définitives sur l’impact du piratage sur les ventes, et il a réagi en indiquant que les gens qui avaient critiqué son intervention étaient présents, et n’avaient posé aucune question ni émis la moindre critique pendant celle-ci.

Brian n’est pas un défenseur du téléchargement illégal, mais considère qu’il est indispensable d’observer le phénomène sans a priori, et d’en comprendre l’impact sur les ventes de livres. Il affirme qu’il faut dépasser la peur et la condamnation, pour étudier et réfléchir de manière globale sur ces pratiques.

Sa préconisation aux éditeurs «  donnez aux gens ce qu’ils veulent  », écoutez vos clients, et tâchez de les satisfaire. Facilitez l’accès à une offre légale attractive, faites en sorte qu’il soit facile et agréable de choisir et d’acheter un livre.

Brian, en tant que consultant, aide également ses clients à migrer vers une production basée sur XML. Il préfère pour ce faire, privilégier dans bien des cas les outils familiers des éditeurs (Word, InDesign…) plutôt que de les orienter systématiquement vers des outils de workflow chers et souvent difficiles à utiliser. Pour des projets qui impliquent l’intervention sur le même fichier de plus de 5 personnes, il évoque l’outil K4.

Et pour rafraîchir les idées de ceux d’entre vous à qui XML, ça dit quelque chose, mais plutôt vaguement, je propose d’aller visionner ici quelques unes des présentations utilisée dans le cadre d’un atelier de formation nommé «  Start With XML«  , en s’aidant du lexique (lien vers le PDF) réalisé par le groupe de travail normes et standards de la commission numérique du SNE.

Me voici bien sérieuse… pourtant, si j’ai beaucoup appris cette semaine, j’ai aussi beaucoup ri. Notre petit groupe, qui enchaînait parfois plus de 6 rencontres par jour, a bien évidemment inventé progressivement les inévitables running gags que les circonstances favorisaient. Au début de chaque rencontre, chacun de nous se présentait en quelques mots. Chacun avait son histoire, qui variait peu, et dont la répétition nous a bien entendu conduits rapidement à rêver d’une fois au moins chacun raconter la présentation de l’autre, pour finalement imaginer une présentation  mêlant les histoires de chacun, qui aurait pu donner quelque chose du genre :

«  Bonjour, je m’appelle Virginie Mazauric, je travaille dans le deuxième groupe de BD religieuses d’Europe, je suis établie dans le sud de la France, je préside également la commission des produits dérivés du Centre Pompidou, où je suis en charge du développement de la pop littérature numérique…  »

Biens sûr, nous ne l’avons pas fait, mais de l’avoir simplement imaginé nous a déclenché, au moment de nous présenter lors de la venue de Michael Cader à la FAF, un fou rire général que nous avons eu bien du mal à juguler, et que nous avons dû expliquer, bien sûr, à Michael.

Et tiens, je n’ai toujours pas parlé de l’intervention de Michael Cader. Mais ce ne sera pas encore pour cette fois, il est tard, demain on part, et il faut vraiment que j’aille dormir un peu.

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