le reste du monde

Pas de live-blogging de la conférence Digital Book World 2011, ni beaucoup de tweets : le wifi était très souvent saturé, et plutôt que de me précipiter sur mon mac pour bloguer le plus vite possible après les conférences, j’ai privilégié les rencontres et les discussions informelles. J’essaierai, une fois de retour à Paris, de faire une synthèse de ce que j’ai pu apprendre ici.

Rencontré ainsi hier soir Nick Ruffilo, qui vient de lancer EbookFling, un service de prêt de livres numériques entre particuliers, un jeune homme qui me fait sursauter quand il me parle de ses 10 ans d’expérience : il a monté sa première société à 14 ans. Dominique Raccah, CEO de SourceBooks, est là aussi, et la discussion roule rapidement sur les applications, Nick étant un farouche partisan du système d’exploitation Androïd, et Dominique expliquant qu’elle préfère l’environnement iOS 4 et l’écosystème Apple. Tout feu tout flammes, venant de l’univers de la technologie, Nick est passionné par l’édition et brûle de proposer ses idées aux maisons d’édition, concernant les livres enrichis. Je suis sûre qu’il y parviendra rapidement, avec l’énergie et l’enthousiasme qu’il déploie.

Echangé aussi avec Guy LeCharles Gonzalez, CEO (Chief Executive Optimist, comme il l’écrit ) de DBW, mais aussi slammeur (loudpoet), ainsi qu’avec deux autres personnes dont j’ignore le nom mais qui travaillent dans le domaine du transmedia, et en expliquaient les principes à Dominique Raccah.

Ces rencontres, ces discussions sont aussi importantes que les «  panels  » dans ces conférences. Mettre des visages sur des noms, partager des impressions, réagir à ce qui s’est dit, essayer d’expliquer aussi à mes interlocuteurs américains la situation de pays qui appartiennent au «  reste du monde  » comme ils disent, et cette expression est assez significative, alors que les débats s’intensifient sur le «  marché global  » et les droits mondiaux,  et le business que représente pour les éditeurs américains ce reste du monde où la seconde langue est partout l’anglais, et où de plus en plus de monde lit en anglais. Mike Shatzkin a d’ailleurs indiqué que cette question serait probablement au centre de la prochaine édition de DBW…

Bon, il est l’heure pour moi de retourner dans le reste du monde, si les 30 cm de neige tombés cette nuit me le permettent…

2 réflexions au sujet de « le reste du monde »

  1. Alain Pierrot

    Contraste entre le choix de «  privilégier les rencontres  », «  mettre des visages sur des noms  » et parler de «  marché global  », de «  -la- seconde langue  ».

    Il me semble maladroit (désolé pour Mike Shatzkin) de poser le problème de communication et de différence culturelle/linguistique en termes de globalisation, de classement ou limites dans le choix (d’enseignement) des langues au lieu de parler de capacités et d’aptitudes à communiquer, dans le respect de la différence et de la marge d’incompréhension, éventuellement liée à la distance linguistique mais tout aussi fondamentale dans la communication entre locuteurs du même idiome.

  2. Virginie Clayssen Auteur de l’article

    @AlainPierrot Ce n’est certainement pas par maladresse, c’est vraiment l’expression d’une pensée qui se focalise sur la dimension business : si le «  reste du monde  » lit en anglais, alors le marché des livres en anglais s’agrandit, il devient indispensable d’avoir les droits mondiaux, pour vendre des livres numériques dans tous les pays de ce vaste marché. Les aspects culturels sont totalement absents de ce discours, tout comme ils étaient absents de l’ensemble de cette conférence DBW, qui se présentait comme une conférence «  orientée business  », donc, pas de surprise. Clairement, là bas, le livre est une marchandise comme les autres.

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