I Put Sourcebooks In My Story

Capture d’écran 2014-01-15 à 05.50.23 Ce n’est pas un grand secret : le paysage de l’édition est plutôt morose, ici aux USA autant qu’en Europe. Dans ce contexte, les résultats publiés par un éditeur dont j’ai déjà souvent parlé dans ce blog sont impressionnants : Sourcebooks, car c’est bien de la maison d’édition de Dominique Raccah dont il s’agit, affiche en effet cette année une croissance à deux chiffres.

Ce soir, un dîner réunissait les participants à la conférence Digital Book World, pendant lequel étaient remis les Digital Book Awards. Arrivée dans les derniers, j’étais un peu dépitée de voir complètes toutes les tables où se trouvaient des gens que je connaissais. Je me suis donc assise à une des rares tables où demeuraient encore des places. Dominique Raccah a surgi dix minutes plus tard, et s’est assise à côté de moi. Les excellents chiffres publiés récemment concernant sa maison d’édition ? Elle m’a confié avoir été surprise de l’ampleur du succès. Sourcebook est une maison qui a fait de l’innovation son fer de lance et cela implique de nombreuses initiatives, certaines qui réussissent, d’autres qui échouent. Dans cette entreprise, une solide culture de l’innovation s’est développée. Au bout du compte, et en particulier dans une période difficile, cette culture permet aux équipes de faire preuve de réactivité et et de créativité, plaçant ainsi l’entreprise dans une position favorable, qui contraste avec la morosité observée souvent ailleurs.

Au fil des années, j’ai entendu Dominique Raccah parler de publication agile, de lean publishing, de ses tentatives enthousiastes et décevantes dans le domaine des livres augmentés, d’une plateforme de poésie, de son partenariat avec Wattpad. Je demeure très impressionnée par l’énergie et l’enthousiasme d’une femme en perpétuel mouvement.

Parmi les succès récents de Sourcebooks, une initiative lancée lors du dernier salon du livre de jeunesse de Bologne : «  Put me in the story«  , une collection de livres pour enfants personnalisés, à la fois dans leur version imprimée et sous forme d’appli. Un succès qui passe certainement par l’acquisition de licences de célèbres personnages aimés des enfants au USA, comme Elmo de Sesame Street.

«  Actuellement, il existe deux manières de créer un livre personnalié en utilisant «  Put Me In The Story  ».

Les livres d’histoires imprimés personnalisés : En utilisant le site web Put Me In The Story, vous pouvez créer et acheter un livre imprimé personnalisé de l’un de nos plus célèbres livres d’histoires pour votre enfant. En quelques étapes simples, vous pouvez créer votre propre dédicace, uploader une photo, et recevoir le livre chez vous pour des heures de plaisir de lecture avec votre enfant.

Les Editions Numériques Interactives et Personnalisées : En utilisant l’application iPad «  Put Me In The Story  » vous pouvez créer votre propres livre interactif et personnalisé, que vous et votre enfant pouvez apprécier ensemble.  »

Pourquoi préférer raconter cela que de me livrer à un compte rendu des débats et rencontres de la journée ? Il  n’est pas si courant de trouver des efforts d’innovation couronnés d’un succès aussi caractérisé. Et c’est important pour tous ceux qui souhaitent pousser l’innovation de pouvoir désormais citer cet exemple lorsque leurs projets se heurteront à des arguments toujours 100% rationnels, et toujours 100%… bloquants. C’est ce que je dis à Dominique. Aussitôt, son visage s’éclaire, elle sort on iPad et note cette idée, je verrai bien demain si elle la glisse dans son intervention…

«  Apprendre à échouer«  , c’est joli sur les slides d’un consultant mais, dans la vraie vie, peu sont prêts à appliquer un tel programme.  C’est cependant ce qu’a fait Sourcebooks. Mais ne ne croyez pas que cela relève de coups de tête ou de paris aventureux : de plus en plus, chez Sourcebooks, les décisions sont prises en observant de très près les données recueillies auprès des utilisateurs. Dominique déclarait à ce propos ce matin dans GoodEReader :    »L’échec le plus extrême auquel les entreprises peuvent avoir à faire en ce moment est d’éliminer une nouvelle plateforme, une nouvelle technologie ou une nouvelle opportunité jugées non-viables, alors que trop souvent ces décisions ne sont pas basées sur de véritables données, mais sont au contraire basées sur une comparaison avec ce qui s’est toujours pratiqué dans l’industrie du livre.  »

 L’audace, l’enthousiasme, la curiosité, la créativité, parfois, ça réussit.

J’ajoute ci-dessous les slides que Dominique Raccah a présentées le lendemain du soir où j’ai écrit ce billet, lors de son intervention à la Conférence Digital Book World.

 

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