Au Hackathon des éditeurs du Grand Est

 

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Samedi 21 avril, 14h. Strasbourg est brûlante. Le taxi hésite entre les bâtiments  qui s’élèvent le long de la presqu’ile André Malraux. Lorsque j’entre au Shadok,  tout à la fois fablab, café restaurant, espace de coworking,  Michel Ravey, co-responsable de l’atelier numérique à la HEAR, la Haute Ecole des Arts du Rhin,   achève son intervention, dont les 45 mn de retard du TGV m’auront privée. Les équipes,  qui participent  au 1er Hackathon des Éditeurs du Grand Est, accompagnées par des étudiants de la HEAR, se remettent au travail. L’événement est organisé par la Médiathèque André Malraux  avec le soutien de la CIL, de Numered Conseil et la participation des étudiants de la HEAR.

C’est avec grand plaisir que j’ai accepté l’invitation de Frank Queyraud, en charge de la Médiation Numérique à la Médiathèque située juste à côté, à participer au jury. J’ai développé avec  Franck ce lien inédit, que le web a inventé, de familiarité électronique  : chacun a parfois été lire le blog de l’autre, nous nous suivons depuis bien longtemps sur Instagram, partageant des instants prélevés au gré de nos déplacements quotidiens. Les quelques fois où j’ai rencontré Franck IRL, c’est à l’occasion de réunions rassemblant l’ensemble des parties prenantes du projet PNB  (Prêt Numérique en Bibliothèque) au Ministère de la Culture.

Six équipes travaillent chacune sur leur projet :

– Les Éditions du Long Bec
La Nuée Bleue
Le Cosmographe Editions
2024
Le Centre de Créations pour l’Enfance
Père Fouettard

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Pour quelques uns, c’est un premier contact avec les problématiques liées à l’édition numérique. D’autres sont plus familiers avec ces questions. La diversité des projets et les directions prises reflètent bien les interrogations, maintes fois discutées dans les colonnes de ce blog, sur «  ce que le numérique fait aux livres.  »

Il y a dix ans, le terme «  multimédia  », qui avait représenté la quintessence de la modernité dans les années 90,  avait pris un sérieux coup de vieux et cédé le pas à une rivalité confuse entre les adjectifs «  numérique  » et «  digital  ». Ce terme de multimédia devrait probablement trouver une seconde jeunesse. Il désigne en effet très convenablement des objets hybrides, intégrant texte, image fixe ou animée, éléments audio, interactivité. Etonnamment, ce ne sont ni l’image animée ni l’interactivité qui sonnent le signal de ce retour probable de l’usage du terme multimédia, mais plutôt l’audio et notamment la voix.

Dans ce hackathon, l’audio – musique, voix, bruits – a une forte présence dans la plupart des projets. Au terme de la délibération qui suit la présentation de ceux-ci par chacune des équipes, notre jury finit , après bien des discussions,  par récompenser celui des Éditions du Long Bec, un projet de BD sonore enrichie.

Une étudiante de la HEAR, Eric Catarina (fondateur des éditions du Long Bec), Roger Seiter (scénariste BD),  Thomas Pineau (Audio Picture)

Une étudiante de la HEAR, Eric Catarina (fondateur des éditions du Long Bec), Roger Seiter (scénariste BD), Thomas Pineau (Audio Picture)

Une BD sonore enrichie ? L’équipe s’explique :

«  L’idée de départ est posée, mais un long travail de réflexion et de recherche commence. (…)

« Comment adapter une BD, écrite pour un support papier, vers un format numérique ? »
Nous avons pris le parti de l’audio, avec des comédiens pour jouer les personnages et une mise en scène sonore. L’interaction avec l’auditeur/utilisateur se fait grâce à un système de notifications lors de l’écoute. Lorsque l’histoire comporte une scène en parallèle de la scène écoutée, l’appareil vibre et l’histoire continue quand l’auditeur/utilisateur déverrouille la notification pour regarder la scène annexe. Le challenge sera de ne pas perturber l’écoute avec le visuel.
Cette BD sonore enrichie sera une adaptation de la bande dessinée l’Or de Morrison. Un western dans l’ouest américain.

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Je me souviens avoir souvent joué, dans des débats au sujet des livres numériques, le rôle de  «  l’empêcheuse de rêver en rond  », rappelant qu’en ce qui concerne le fait «  d’augmenter les livres  », rien n’était plus puissant que notre imagination, et que c’est justement là que réside la magie des livres, dans le fait que des caractères disposés sur une page ou affichés sur un écran ont la capacité de nous transporter aussi efficacement dans l’univers de tel auteur ou dans la pensée de tel autre. Mes expériences dans le «  multimédia  » des années 90 m’avaient convaincue que les livres interactifs, augmentés  sont bien plus amusants pour ceux qui les fabriquent  (oui, on s’est drôlement bien amusés à l’époque…), que pour ceux qui les utilisent… En dehors de quelques projets ludo-éducatifs, l’usage de ces objets multimédia ne s’est jamais réellement imposé.

Mais de même qu’il a fallu sortir, en ce qui concerne la réflexion sur la lecture numérique, du «  ceci va remplacer cela  », et développer une appréhension plus fine, plus nuancée, plurielle, ouverte de la manière dont allaient évoluer les pratiques de lecture  à «  l’ère du numérique  »,  de même il est peu pertinent de figer la réflexion sur les destins numériques des livres de toutes sortes.

Donner à lire des versions numériques des livres, en proposant une expérience de lecture de bonne qualité quel que soit le terminal choisi par l’utilisateur, est l’une des étapes que doit finir de franchir le monde de l’édition. Mais cela ne doit pas nous empêcher de savoir accueillir de nouvelles propositions narratives, de proposer des expériences inédites, d’explorer les technologies, d’expérimenter de nouvelles formes : comment ouvrir la voie de l’innovation si l’on commence par en figer toute possibilité en décrétant la supériorité éternelle du texte sur tous les autres moyens d’expression ?

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La visite guidée de la médiathèque voisine que nous a  proposé Franck renforce ce propos. Si Ruedi Baur a rendu le texte omniprésent sur les façades du bâtiment, on découvre vite au fil de la visite que celui-ci abrite toutes sortes d’images comme les illustrations présentées dans la très belle exposition Les Maîtres de l’imaginaire , ainsi que des expériences interactives et des expérimentations comme celles présentées dans  le cabinet de curiosités numériques où le projet DataPrint de livres algorithmiques imprimés de l’atelier de Communication graphique de la HEAR me séduit tout particulièrement.

En définitive, ce sont les utilisateurs qui décident. Ce sont eux qui adoptent ou rejettent, s’agrégeant parfois en tribus pour créer des niches et permettre à des propositions d’exister à bas bruit, tandis que d’autres sont massivement plébiscitées. Ce sont eux, les utilisateurs, (vous, moi…)  qui font le dernier tri entre les idées une fois réalisées, alors que c’est sur des idées que l’on doit se décider à développer un projet, à un stade où il est difficile de les évaluer.

L’idée dont chacun rêve, celle qui positionne celui qui la développe dans le calme d’un «  océan bleu  », ressemble souvent, dit-on, à une mauvaise idée. C’est une très bonne idée qui à l’air d’une très mauvaise idée, d’une idée sans intérêt. C’est pour cela que très peu de monde s’y intéresse, que quasiment personne ne souhaite la développer. Mais c’est une bonne idée, et qui sait voir la bonne idée là où tout le monde hausse les épaules, va pouvoir la développer sans être dérangé.

Les idées dont il faut se garder, ce sont les fausses bonnes idées : les mauvaises idées déguisées en bonnes idées. Elles se soldent immanquablement par un échec, à la mesure de l’enthousiasme  déraisonnable qu’elles ont suscité, échec dont il faut tâcher de prendre conscience le plus tôt possible.

Certaines  bonnes idées la jouent à la régulière, ces bonnes idées ont l’air de ce qu’elles sont : de bonnes idées. Celles-là sont dans l’air, chacun peut vouloir s’en saisir. Librement partagées, la réussite de ceux qui décident de les développer réside dans la qualité de leur exécution.

Et il existe aussi, bien heureusement, quantité d’autres sortes d’idées, ni bonnes ni mauvaises, des idées inclassables, dérangeantes, floues, lumineuses ou obscures, des idées qui fusent ou qui fuient, des idées fragiles toujours au bord de l’évanouissement, des idées arrêtées ou des idées en l’air.

Dans un hackathon, on tend à valoriser le protoypage, le fait de tester une idée (plutôt que de chercher à l’évaluer à l’infini… ) en en réalisant une partie, même sommairement, même avec les moyens du bord. C’est ce qu’a réussi à faire l’équipe des Editions du Long Bec, bien accompagnée par Thomas Pineau, le fondateur d’Audio Picture,  proposant durant leur représentation une simulation à base d’extraits sonores enregistrés l’après-midi même, mixant leurs propres voix et des bruitages trouvés en ligne. L’effet de suggestion et d’immersion, même dans ces conditions de test, était palpable durant leur présentation. Et cela me renforce dans ce constat : on est vraiment en train de redécouvrir la puissance de l’audio.   Oui, le multimédia semble bien être de retour, tirée par l’audio. On va enfin pouvoir recommencer à s’amuser !

Il semble cependant que ce grand doute vis à vis des promesses technologiques autour du livre affecte plus particulièrement les éditeurs traditionnels, échaudés par des expérimentations passionnantes mais qui peinent à trouver leur public.  Cela  ne semble en rien freiner l’imagination créative de quelqu’un comme l’auteur et producteur Etienne Jaxel-Truer, très présent toute la journée auprès des équipes et l’une des belles rencontres de ce samedi. Etienne mène en parallèle des activités qui vont du transmedia au cinéma d’animation, tout en proposant une résidence d’écriture. Toute la question est peut-être là : des produits multimédias ambitieux basculent rapidement vers une économie qui se rapproche de celle de l’audio-visuel. Et chercher à maintenir de tels projets dans celle, infiniment plus modeste en ce qui concerne les coûts de production à l’unité, de l’édition, n’est sans doute pas une bonne idée, si l’on n’invente pas des modèles adaptés.

Un grand merci pour terminer ce billet  à Franck Queyraud et à Cécile Palusinski pour leur accueil et leur gentillesse, et…  j’attends déjà le Hackathon n°2 des éditeurs du Grand Est.

IDPF et W3C : books and browsers

À l’occasion de la conférence IDPF Digicon organisée à Chicago, en marge de la Book Expo America, Tim Berners-Lee et Bill McCoy ont annoncé que l’IDPF et le W3C étaient en discussion en vue de fusionner les deux organisations.

Capture d’écran 2016-05-10 à 18.13.28Oui, Sir Tim Berners-Lee, l’homme qui a inventé le web, était là, et je dois dire que j’étais émue, assise à quelques mètres d’un homme qui a changé ma vie, tout comme il a changé la vôtre. De cette invention il a dit : «  Je n’ai fait que prendre le principe d’hypertexte et le relier au principe du TCP et du DNS et alors – boum  ! – ce fut le World Wide Web  !  »

En regardant cette photo, je pense à nos innombrables discussions sur ce blog et ailleurs à propos des livres numériques et du web, de ce qu’est un livre numérique et de ce qu’il n’est pas, je pense à «  Books in Browsers  », je pense à l’attachement inconditionnel que j’ai pour le web et toutes les aventures qu’il contient, je pense aux livres, à ceux qui les écrivent, les éditent, les fabriquent,  les défendent, les vendent, les lisent.

Bill McCoy dirige l’IDPF et préside la Fondation Readium. Il travaille sur ce projet de fusion avec le W3C depuis des mois. Projet qui ne va pas sans provoquer quelques inquiétudes chez certains, bien sûr. Fusionner, cela signifie que l’IDPF va disparaître, pour devenir un groupe de travail du W3C, dédié au format EPUB, et que celui-ci ne sera plus uniquement le format des livres numériques mais le format de tous les documents numériques que l’on souhaitera encapsuler pour qu’ils puissent notamment être lus hors ligne. Toutes les modalités de cette fusion ne sont pas encore fixées, Bill a annoncé que le processus serait transparent, et prévu une discussion ouverte pendant la réunion de l’IDPF prévue demain.

A ceux qui craignent que cela conduise à un amoindrissement des exigences qualitatives héritées des savoir-faire du monde de l’édition, il n’y a qu’une seule chose à dire : adhérez au W3C, participez à ses travaux, engagez-vous dans ces groupes de travail. Faites-vous entendre. Faites valoir votre points de vue.

À l’issue de la conférence de presse qui a suivi, j’ai demandé à Ivan Herman de nous présenter, Laurent Le Meur, qui dirige l’EDRLab et moi, à Tim Berners-Lee, et j’ai eu le plaisir de lui serrer la main. Ce n’est pas une occasion qui risquait de se représenter, alors autant oser. Mais je n’ai pas été jusqu’ à faire un selfie…  Il ne faut tout de même pas exagérer.

EPUB Summit in Bordeaux, 7 & 8 april 2016

The first EPUB Summit organized by EDRLab took place in Bordeaux 7 & 8 april 2016. I publish here the speech I pronounced to launch the event. French version available here.

—- > To get an idea of the debates at EPUB Summit , a storify is availaible here.

 

EPUB Summit – Librairie Mollat – Bordeaux – 7-8 april 2016

INTRODUCTION
by Virginie Clayssen (Editis)

I wish you all welcome to the EPUB Summit on behalf of the Steering Committee of EDRLab and its president, Pierre Danet, which itself will conclude the event.

Working on the EPUB standard, it is not only trying to solve the problem of transforming print books to digital ones.

This would be a nice program, given the complexity, variety and sophistication of these objects. And that is what, as digital managers, we predominantly occupied ourselves with in the publishing houses, the past eight years.

Markus Gylling had summarized in a presentation, EPUB 3 in 5 lines, and it already widely opens our horizon :

EPUB 3 :

Open, industry-driven e-book format standard
Builds on W3C web standards (XML, HTML5, SVG, …)
Is nature agnostic : usable for books, magazines, corporate documents, …
Includes rich layout, media and interactivity features
Has fantastic accessibility support built-in

A word about the «  agnostic  » nature of EPUB : working on a standard that encompasses not only the book but also other types of documents is not indifferent. This forces us not to focus only on inside our business considerations to build more comprehensive and complex representations, useful in defining our digital strategies.

Because the temptation is great, once the «  ebook moment  »is past, once the production process are in place, much of the catalog is scanned, the new books systematically produced in ebook and print version, to think that we provided the efforts required, and that we can return to our small business, reassured by figures that show the strength of the paper market, with the certainty that digital will remain marginal, and thinking something like «  much ado about nothing.  »

And isn’t it exactly what we have done ?

We focused, and it was necessary, on our processes, what we know, and we have injected, because it was impossible to do otherwise, the needed technology to meet the most visible changes : new terminals allowing immediate access to books in digital version.

A bit like climate skeptics who observe weather and conclude that the time is not so hot, and will not believe in global warming until they have their feet in the water, something in us clings to the idea that the digital revolution, well, this is for others, but not for us : «  see, print is doing well, and it has a bright future ahead of him.   »

Of course. And that’s OK.. But this does not prevent us from looking around, trying to understand what is happening because these fine days could well dwindle along with the older generations of great readers, our main customers. So we will have to consider new practices, new readings, new records ; broaden our vision, anticipating trends, understand that yes, it was absolutely necessary to work on the transposition digital books, the digitization of the readability arts, but this does not exempt us from thinking of other forms of content, to observe the new uses, to welcome new proposals, to attract new audiences. If we don’t,, others will do it, and maybe already are doing it, drawing our future on our place. A future that must take into account the fact that YouTube, Wattpad, Instagram, Snapchat , Facebook, Netflix, Periscope entered the lives of many people ; that reading and writing are diversifying, becoming hybrid ; tha today everybody practices fractional reading and worries about its ability to enjoy immersive reading. The relationship we have with still and moving images has also been completely changed.

EPUB3 carries a broader vision of digital publishing, closer to the the web, giving attention to all accessibility issues, welcoming sounds, moving pictures, interactivity, sophisticated layouts.

It will soon be five years since the EPUB 3 specification was published by the IDPF.

A specification, it’s great. But it remains a dead letter if the whole chain does not adopt and implement it, and whether the digital books respecting the specification can be played regardless of the terminal and the reading application used. To speed up the movement and facilitate the work of stakeholders, we must develop software components and facilitate the dissemination of EPUB3, online and offline, across all operating systems. The IDPF however, who watches over the standard and its evolution, is not designed to accommodate such developments.

We are in a hurry, we want accessible, interesting, innovative digital books, readable on all devices with all applications running on all operating systems. We want them now. We also want to protect books without despairing readers with unbearable manipulations.

Then in 2013, we have actively contributed to the creation of the Readium Foundation, in charge precisely to support the development of software components required for a faster adoption of EPUB3 by all stakeholders.

When Readium Foundation reported in 2014 that it wishes to strengthen in Europe and Asia, and open permanent entities on both continents, several European capitals were candidates. Why not install such an entity in Paris ? Please consider register in the dynamic deployed there, as also here in Bordeaux, to accelerate and sustain the fabric of French start-ups ? Here is an opportunity to do away with the outdated image that sticks, whatever they do, the skin of publishers, and to build the necessary bridges with the world of start-ups, incubators, and the French Tech . Cap Digital competitiveness cluster of Ile de France, will be our ally. Several publishers serve on its executive committee, and the idea caught on.

A few meetings at the cafe, some memorable meetings and some lunches later, several major French publishing group – Hachette, Editis, Madrigall, Média Participations – and the Cercle de la Librairie and the National Union of Publishing decide to involve and commit to supporting EDRLab.

Teams of the Ministry of Culture share their vision of an open and interoperable ecosystem for digital publishing. Nicolas Georges,their director, who honors us with his presence today, will attest to earlier, and explain why he has agreed to get involved very heavily in the installation of EDRLab in France . The Ministry of Economy also provides major support and the Centre National du Livre, thanks to its president Vincent Monad, and to François Rouyer-Gayette who is involved in our work.

The structure was created in July 2015. Its director, Laurent Le Meur, hired in October. Laurent recruits then a very strong team of skilled developers.
Some of you know one of them, who spoke repeatedly in meetings on accessibility. Daniel Weck, now divides his time between the Daisy Consortium and EDRLab.
Cyril Labordrie works also for two organizations, Cap Digital and EDRLab since the beginning of the adventure.

With them, we found the pretty crazy challenge to ride in a few weeks the event that brings us together today, a truly international event.

Yes, because even if EDRLab is strongly supported by French actors, public and private, the agency has an international vocation, especially European. I particularly want to welcome all those who have made a long trip to join us in Bordeaux. EDRLab needs membership publishers, distributors, booksellers, librarians, providers from the largest possible number of European countries.

I will not get into a long argument to convince you to become members of EDRLab : I rely on all the speakers of the EPUB Summit to demonstrate the usefulness and value of this shared work.

I also want to welcome our American guests. I can mention all of them, but I can thank them for accepting our invitation.

Finally, a special mention for Denis Mollat ​​that welcomes us in his magnificent bookshop. Thank you, Mr. Mollat, to have been able to understand from the first pitch, that supporting EDRLab was highly valuable fot the Cercle de la Librairie, which you chair. Thank you for your support, thank you for your hospitality.

I’ll turn it over to Bill McCoy, who heads the IDPF and chairs the Readium Foundation.

It’s your turn, Bill, welcome in Bordeaux, and have a nice EPUB Summit.

 

Epub Summit à Bordeaux

 

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Les 7 et 8 avril se tenait à Bordeaux, à la librairie Mollat, le 1er EPUB Summit organisé par EDRLab. Je reproduis ici les quelques mots que j’ai prononcés pour introduire les débats, et j’en poste une version en anglais ici. 

—- > Pour se faire une idée des débats, un storify est disponible ici.

Je vous souhaite à tous la bienvenue à l’EPUB Summit, au nom du comité directeur d’EDRLab et de son président, Pierre Danet, qui, lui, conclura ces deux journées.

Travailler sur le standard EPUB, ce n’est pas seulement chercher à résoudre le problème de la transposition sous forme numérique des livres imprimés.

Cela serait déjà un beau programme, étant donné la complexité, la variété et la sophistication des objets concernés. Et, disons-le, c’est ce qui nous a majoritairement occupés, dans les maisons d’édition, ces huit dernières années.

Markus Gylling avait résumé, dans une présentation, l’EPUB 3 en 5 lignes, qui ouvrent déjà plus largement notre horizon :

EPUB 3 c’est :

  • un format standard pour l’ebook développé par l’industrie
  • construit sur les standards Web du W3C (XML, HTML5, SVG)
  • de nature « agnostique » : utilisable pour le livre, mais aussi pour les magazines et pour tout document.
  • incluant des possibilités de mise en page sophistiquées, l’ajout de composants multimédia et d’interactivité
  • comportant nativement des possibilités fantastiques pour l’accessibilité

Un mot sur la nature « agnostique » de l’EPUB : travailler sur un standard qui englobe non seulement le livre mais également d’autres types de documents que ceux qui nous sont si familiers n’est pas indifférent. Cela nous oblige à nous décentrer, à sortir des considérations purement métier pour construire des représentations plus complètes et plus complexes, utiles à la définition de nos stratégies numériques.

Car la tentation est grande, une fois le « moment ebook » passé, une fois que les processus de production sont en place, qu’une grande partie du catalogue est numérisée, que les nouveautés sortent systématiquement en numérique, de penser que nous avons fourni les efforts demandés, et que nous pouvons retourner à nos petites affaires, rassurés par des chiffres qui montrent la solidité du marché papier, la certitude que la lecture numérique va demeurer marginale, et pensant quelque chose comme « Beaucoup de bruit pour rien ».

Qu’avons-nous fait, en réalité ?

Nous nous sommes focalisés, et c’était nécessaire, sur nos processus, sur notre métier, sur ce que nous connaissons, et nous avons injecté, parce qu’il était impossible de faire autrement, ce qu’il faut de technologie pour répondre aux évolutions les plus visibles : des nouveaux terminaux permettant d’accéder immédiatement à des livres en version numérisée.

Un peu comme des climato-sceptiques qui observent la météo et concluent que le temps n’est pas si chaud, et ne croiront au réchauffement climatique que lorsqu’ils auront les pieds dans l’eau, quelque chose en nous s’accroche à l’idée que la révolution numérique, et bien, c’est pour les autres, mais pas pour nous : « voyez, le livre imprimé se porte bien, et il a de beaux jours devant lui. »

Bien sûr. Et tant mieux. Mais que cela ne nous empêche pas de regarder autour de nous, de chercher à comprendre ce qui se passe, car ces beaux jours pourraient bien se raréfier en même temps que vieillissent les générations de grands lecteurs, nos principaux clients. Alors il va nous falloir considérer les nouvelles pratiques, les nouvelles lectures, les nouvelles écritures ; élargir notre vision, anticiper sur les évolutions, comprendre que s’il était tout à fait nécessaire de travailler sur la transposition numérique des livres, sur la numérisation des arts de la lisibilité, cela ne nous dispense pas de penser d’autres formes de contenus, d’observer les nouveaux usages, d’accueillir de nouvelles propositions, d’attirer de nouveaux publics. Si nous nous en dispensons, d’autres vont s’en charger, se chargent déjà peut-être de dessiner notre avenir. Un avenir qui doit prendre en compte le fait que YouTube, Wattpad, Instagram, Snapchat, Facebook, Netflix, Periscope sont entrés dans la vie de beaucoup de gens. Que la lecture et l’écriture se diversifient, deviennent hybrides, que chacun pratique désormais la lecture fractionnée et s’inquiète de sa capacité à continuer à pratiquer des formes de lectures immersives. Que le rapport de chacun à l’image, fixe ou animée, a été complètement modifié dirant les dix dernières années.

EPUB3 porte une vision élargie de l’édition numérique, nous rapproche du web, fait la part belle à toutes les problématiques d’accessibilité, accueille le son, l’image animée, l’interactivité, les mises en pages sophistiquées.

Cela fera bientôt 5 ans que la spécification EPUB 3 a été publiée par l’IDPF.

Une spécification, c’est formidable. Mais reste lettre morte si toute la chaîne ne suit pas, et si les livres numériques respectant la spécification ne peuvent être lus quelque soit le terminal et l’application de lecture utilisés. Pour accélérer le mouvement et faciliter la tâche des différents acteurs, il faut développer des briques logicielles et faciliter ainsi la diffusion de l’EPUB3, online et offline, sur l’ensemble des systèmes d’exploitation. Cependant L’IDPF, qui veille sur le standard et ses évolutions, n’a pas vocation à accueillir de tels développements.

Nous sommes pressés, nous voulons des livres numériques accessibles, beaux, novateurs, lisibles sur tous les terminaux, avec toutes les applications, tournant sous tous les systèmes d’exploitations. Nous les voulons maintenant. Nous voulons aussi pouvoir protéger les livres sans désespérer leurs lecteurs avec des manipulations insupportables. Nous le voulons tout de suite.

Alors en 2013, nous contribuons activement à la création de la Fondation Readium, chargé justement de prendre en charge le développement des briques logicielles nécessaires à une adoption plus rapide de l’EPUB3 par l’ensemble des acteurs.

Lorsque la Fondation Readium fait savoir, en 2014, qu’elle souhaite se renforcer en Europe et en Asie, et ouvrir des entités permanentes sur les deux continents, plusieurs capitales européennes sont candidates. Pourquoi ne pas installer une telle entité à Paris ? Pouquoi ne pas s’inscrire dans la dynamique déployée là-bas, comme d’ailleurs ici à Bordeaux, pour accélérer et soutenir le tissu des start-ups françaises ? Voici une occasion d’en finir avec l’image passéiste qui colle, quoi qu’ils fassent, à la peau des éditeurs, et de construire les passerelles nécessaires avec l’univers des start-ups, des incubateurs, et de la French Tech. Cap Digital, le pôle de compétitivité d’Ile de France, sera notre allié. Plusieurs éditeurs siègent à son comité éxécutif, et l’idée fait son chemin.

Quelques rencontres au café, quelques réunions mémorables et quelques déjeuners plus tard, plusieurs des grands groupes d’édition français, Hachette, Editis, Madrigall, Média Participations, ainsi que le Cercle de la Librairie et le Syndicat National de l’Edition décident de s’impliquer et s’engagent à soutenir EDRLab.

Les équipes de la Direction du Livre et la Lecture au Ministère de la Culture partagent leur vision d’un écosystème ouvert et interopérable pour l’édition numérique. Nicolas Georges, son Directeur, qui nous fait l’honneur de sa présence aujourd’hui, pourra en témoigner tout à l’heure, et expliquer pourquoi le Ministère a accepté de s’impliquer aussi fortement dans l’implantation d’EDRLab en France. Le Ministère de l’Economie apporte aussi un soutien majeur, ainsi que le Centre National du Livre, que son président Vincent Monadé en soit remercié, ainsi que François Rouyer-Gayette qui participe à nos travaux .

La structure est créée en juillet 2015. Son directeur, Laurent Le Meur, recruté en octobre. Laurent recrute à son tour une équipe très solide de développeurs spécialisés.
Certains d’entre vous connaissent l’un d’entre eux, qui est intervenu à plusieurs reprises dans des rencontres sur l’accessibilité, Daniel Weck, et partage maintenant son temps entre le consortium Daisy et EDRLab.
Cyril Labordrie travaille lui aussi pour deux structures, Cap Digital et EDRLab, depuis le début de l’aventure.

Avec eux, nous avons relevé le défi assez fou de monter en quelques semaines l’événement qui nous rassemble aujourd’hui, un événement résolument international.

Oui, car même si EDRLab est très fortement soutenu par des acteurs français, publics et privés, l’organisme a bien une vocation internationale, et notamment européenne. Je souhaite tout particulièrement la bienvenue à tous ceux qui ont fait un long déplacement pour nous retrouver à Bordeaux. EDRLab a besoin de l’adhésion d’éditeurs, de distributeurs, de libraires, de bibliothécaires, de prestataires issus du plus grand nombre possible de pays européens.

Je ne vais pas me lancer dans un long plaidoyer pour vous convaincre de devenir membres d’EDRLab : je compte sur l’ensemble des orateurs de ces deux journées pour vous démontrer l’utilité et l’intérêt de ce travail partagé.

Je souhaite également la bienvenue à nos invités américains. Je ne peux tous les citer, mais je peux tous les remercier d’avoir accepté notre invitation.

Enfin, une mention particulière pour Denis Mollat qui nous accueille dans les locaux de sa magnifique librairie. Merci, Monsieur Mollat, d’avoir su comprendre, dès le premier pitch, l’intérêt pour le Cercle de la Librairie, que vous présidez, de soutenir EDRLab. Merci pour votre support, merci pour votre hospitalité.

Je vais laisser maintenant la parole à Bill McCoy, qui dirige l’IDPF et préside la Fondation Readium.

It’s your turn, Bill, welcome in Bordeaux, and have a nice EPUB Summit !

 

10 recettes pour réveiller votre blog endormi

main tenant un tuyau d'arrosage Je me doutais bien qu’en arrivant, je le trouverais mal en point,  le jeune cerisier planté au printemps dernier, après ces jours de canicule, et personne pour l’arroser. Effectivement, il était au bord du collapsus, les feuilles pendantes, certaines jaunes ou brunes, il faisait peine à voir, et il a fallu pas mal d’arrosage pour qu’il commence à reprendre allure.

Voilà où en est à peu près ce blog, sauf qu’il ne suffira pas de brancher le tuyau d’arrosage pour lui redonner vie, après plusieurs mois de silence, mais bien d’une discipline maintenue un bon moment, et sans presque personne pour me lire. Une audience se compose lentement, et se perd très vite : maintenant, il va falloir ramer sérieusement.

Bon, je vais commencer par essayer de gagner du temps avec un titre racoleur, genre «  les 12 manières de [ceci]   » ou «  les 9 meilleurs [cela]«  . Je pourrais promettre des révélations genre «  tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur...  » ou «  les coulisses de…«  . D’ailleurs, c’est ce que j’ai fait, sauf que le titre est à la fois racoleur ET mensonger. Oui, oublions les 10 trucs,  vous savez bien que je vais partir à la recherche d’un petit bout de web à commenter, et de liens vers où pointer, et que j’espérerai en intéresser quelques uns avec ça. Peut-être une conversation s’esquissera-t-elle dans les commentaires – mais j’en doute, je crains (et je ne suis pas la seule à m’en attrister) que cette période des blogs-salons-où-l-on-cause soit révolue.

Alors, quel petit bout de web à  guidon chromé au fond de la cour  ? Qu’est ce qui m’aura conduit cette fois à ralentir et stopper le défilement vertical dans Feedly (qui a remplacé pour moi le défunt Google Reader) ?

Le petit bout de web qui m’a donné l’idée de ce post, finalement, c’est un échange de tweets la nuit dernière (il faisait trop chaud pour dormir), un échange avec  Clément Laberge et Sebastian Posth.

Clément a lancé la conversation en nous faisant part de sa «  plus grande déception  » :

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( Si le concept d’API n’est pas très clair pour vous, j’avais traduit un billet d’Hugh McGuire qui l’expliquait, qui plus est dans le contexte du livre numérique.)

Sabastian Posth a répondu en invoquant les DRM comme principale barrière au développement d’une stratégie d’APIs par les maisons d’édition, et ni Clément ni moi n’avons été convaincus : il y a un catalogue important, aussi bien au Québec qu’en France, de livres sans DRM, et on n’observe pas plus d’intérêt, ni du côté des éditeurs, pour la publication d’APIs, ni du côté des développeurs, pour développer sur les rares qui sont disponibles.

 

En repensant aujourd’hui à cette brève conversation nocturne, je me suis souvenue du billet qu’avait posté Christian Fauré en réponse à une question que je lui avais posée il y a déjà un bon moment ( en septembre 2008) : comment expliquer ce qu’est une API à un patron de maison d’édition ?   :

«  Mon sentiment, et je terminerai la-dessus, est qu’il ne faut pas chercher à convaincre le patron d’édition de mettre en place des APIs, mais lui indiquer que la mise en place des APIs requiert qu’un certain nombre de questions bien précises trouvent des réponses  : à qui faut-il donner des clés d’accès aux données ? y a t il un nombre de requêtes maximal par clé d’accès ? quelles données sont accessibles ? quelles fonctions de manipulation des données sont offertes par les APIs ? quelles sont les données en lecture, en simple consultation, et celles qui pourront être écrites par des tiers ? de quoi ont besoin les gens de la logistique pour mieux gérer la production ? comment faciliter les échanges avec les libraires et les bibliothèques ? etc. Toutes ces questions sont concrètes, et plus on se les pose plus on a de chance d’avancer sur la nécessité d’avoir une politique d’exposition réticulaire des données de la maison d’édition, c’est à dire de mettre en place des APIs.  »

Le post complet de Christian est ici, mais attention si vous allez sur son blog, vous allez lire ce post, et puis un autre, et puis encore un autre, et ce sera l’heure du dîner. .. Après le dessert, vous pouvez compléter vos lectures par «  API or Platform  » de Jean de La Rochebrochard  sur Medium, qui fait le distingo entre les startups qui fournissent des APIs, et celles qui deviennent des plateformes.

«  Soit. Une API  BtoB (business to business) en «  SaaS  » (Software as as Service) est une technologie disponible pour des tierces parties afin de leur permettre d’en bénéficier (Algolia, Twilio, Stripe…). Vous vous appuyez sur ces technologies mais vous utilisez vos propres données.

Une plateforme est une utilité à partir de laquelle sont construite à la fois des «  commodités  » et une couche sociale : les filtres photos sur Instagram, le mapping sur Waze, des médias qui disparaissent sur Snapchat, des courses avec Uber… Une fois que vous avez suffisamment d’utilisateurs de votre plateforme, vous pouvez fournir à des tierces parties à la fois les données et la technologie (API), liées ensemble. Les startups et les développeurs n’utilisent pas seulement votre technologie mais également vos données.

Stratégie et développement de produits mis à part :

Les API, c’est de la technologie. La compétition sera rude, mais vous allez y arriver. Les Plateformes, c’est de la technologie + des données. Très peu réussisent à en créer, en vérité.  »

Dans les exemples de plateformes cités, lorsqu’il est question de données il s’agit de données produites (sciemment ou non) par les utilisateurs des services. Pour le monde de l’édition, l’équation est un peu différente : les maisons d’édition disposent de données qui ne sont pas, pour la plupart, créées par des «  utilisateurs  ». Elles détiennent des ressources très variées et de grande valeur, au premier chef les œuvres dont les auteurs leur ont cédé les droits ( qu’il s’agisse d’ouvrages de littérature ou de livres pratiques, de livres scolaires ou de guides de voyage, ou de tout autre type d’ouvrage), mais aussi des données qui décrivent ces œuvres (les métadonnées), et les informations qui concernent la vie de ces œuvres.

Les maisons d’édition disposent donc de données (et quelles données !). Pour la technologie, elles se sont mises en route, mais il y a encore pas mal de chemin à faire. En commençant par offrir un accès contrôlé à certaines de leurs données via des APIs, peut-être pourraient-elles progresser plus rapidement sur ce chemin, en associant des développeurs talentueux à la réflexion sur de nouvelles manières de considérer leur catalogue, qui constitue l’essentiel de leur richesse.

 

Calligraphie sur Periscope

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Temple de Tongdosa – photo Damien Gabrielson – cc

 Avant de me lever ce matin, j’ai assisté à une séance de calligraphie dans le temple de Tangdosa, à Pusan, en Corée du Sud. Non, je n’ai pas repris mon balai de sorcière, et non, je ne suis pas en Corée, mais à Paris, dans mon treizième arrondissement en chantier.

Et si j’ai bel et bien assisté à cette séance, c’est via l’application Periscope installée sur mon téléphone. C’est ce veinard de Craig Mod qui était à Pusan. Et qui filmait. Parce que maintenant, c’est comme ça. N’importe qui, vous, lui, moi, peut actionner la vidéo de son smartphone et diffuser en direct ce qu’il filme avec le son. Ça bouge souvent pas mal, c’est parfois fugace, instable, le contexte manque, et on se demande, comme on s’est demandé dans nos premiers Tweets   : «  à quoi ça sert ce truc ?  ».

Je ne sais pas ce que cela va devenir. J’entends déjà les critiques, les inquiétudes, les mises en garde, on va tout de suite entendre parler de dérives, de dangers, de risques, d’un danger de risque sur les dérives, de la dérive des risques de danger.

Bien sûr. Mais moi, je pense à cette chanson de Patti Smith, et je rêve à ce qui peut surgir de fort et de beau d’une technologie comme celle-ci. Je pense à Dziga Vertov et à la caméra stylo :

«  Je suis le cinéoeil, l’oeil mécanique, la machine qui déchiffre d’une manière nouvelle un monde inconnu. En tâtonnant dans le chaos des événements visibles, je crée un homme nouveau, parfait.  »

Pas très rassurée à l’idée d’un «  homme parfait  », je vagabonde sur le web à partir de cette citation de Vertov (qui finit par être empêché de travailler, car accusé de cosmopolitisme),  jusqu’à trouver un texte  de Maurizio Lazzarato à propos de Vertov, qui se conclut ainsi :

«  Pour sauvegarder toutes les promesses qu’elles semblent périodiquement annoncer, ces machines à voir et à penser doivent rester ouvertes sur toutes les autres sémiotiques et sur toutes les autres formes de subjectivité et les temporalités que la multitude et le cosmos expriment.  »

Et ce matin, voyant ce calligraphe tracer ses caractères paisiblement, tranquillement filmé par Craig, lisant les questions posées par la trentaine de personnes qui visionnaient la séquence en direct, je n’ai pas trouvé le monde pire qu’avant. Je l’ai même trouvé un tout petit peu meilleur. 

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L’innovation, ce n’est pas forcément technologique

Il semble de plus en plus probable que, face à la nécessité absolue de se réinventer et d’innover, les maisons d’édition choisissent des options très différentes les unes des autres, et que la mutation numérique conduise à une diversification des manières d’exercer leurs différents métiers. Les différences entre maisons jusqu’à présent se situent plutôt au niveau de leurs choix éditoriaux. Les méthodes de travail, les étapes de production, les modèles d’affaires, les usages commerciaux demeurent assez similaires d’une maison d’édition à l’autre.

À expérimenter de nouvelles voies, de nouveaux modèles, de nouvelles procédures, les différents groupes ou maisons d’édition vont avoir tendance à se différencier de plus en plus les uns des autres. Trois exemples cités dans cet article de the Bookseller en fournissent, au Royaume-Uni, une bonne illustration. Deux concernent des éditeurs indépendants, Canongate et Faber & Faber. Le troisième est le fait de Penguin Random House, plus précisément une filiale UK du premier groupe mondial d’édition.

S’agit-il d’avancées technologiques ? Du déploiement de nouveaux process ? De l’adoption de nouveaux outils ? Non, dans les trois exemples cités, il est plutôt question de… rencontres.

Rencontrer de nouveaux publics

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Canongate a décidé de donner à ce qui était jusqu’à présent une activité ponctuelle une existence bien plus consistante, en créant une structure indépendante pour la développer. Il s’agit d’un événement qui consiste à proposer sur scène des lectures de lettres d’écrivains, de célébrités, ou correspondances remarquables pour des raisons historiques,  par de grands acteurs. Nommé «  Letters Live  », l’événement s’accompagne de musique, et bientôt de projections vidéo. Benedict Cumberbatch, le célébrissime acteur britannique, est le clou de ces soirées dans lesquelles apparaissent aussi d’autres comédiens. Sa société de production est d’ailleurs partenaire de la nouvelle structure.

Mieux connaître et fidéliser les grands lecteurs

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Faber & Faber annonce un nouveau programme de fidélisation. Ses membres accèdent à des éditions collector de certains ouvrages, ont la possibilité de participer à des événements qui leur sont réservés, bénéficient de réductions sur les titres Faber s’ils achètent en direct sur le site. L’objectif d’Henry Volans, est de répondre à la question posée par Stephen Page, son CEO : «  Comment atteindre directement une audience sérieuse, engagée, aimant la littérature ? «  . Il est aussi, complète The Bookseller, une manière de vendre la marque Faber et son exigence en matière éditoriale.

Rencontrer des candidats aux profils plus divers

Penguin Random House UK, à qui l’on reproche parfois d’employer une population trop homogène, faisant très peu de place à la diversité des profils, lance un nouveau programme de recrutement nommé «  The Scheme  ». L’objectif est de réussir à toucher des gens créatifs, qui n’imaginent pas qu’ils pourraient postuler dans une maison d’édition.  Le site choisi pour toucher ces nouveaux profils, c’est Tumblr.  Les prérequis sont simplement d’avoir terminé ses études (on ne vous demande pas lesquelles), et d’avoir le droit de travailler au Royaume Uni. Inutile d’envoyer un CV, il faut dans un premier temps remplir en ligne un formulaire qui indique notamment : «  Dites-nous pourquoi vous souhaitez faire partie de The Scheme  », «  Choisissez une bonne idée que vous avez eue et dites nous pourquoi vous pensez qu’elle était bonne et comment vous lui avez donné vie. Comment pourriez-vous l’améliorer la prochaine fois ?  » ou «  De quelle présence sur les médias sociaux êtes-vous le plus admiratif ? Comment cela influence-t-il votre activité sur les médias sociaux ?  » Les candidats sélectionnés auront ensuite une semaine pour préparer un brief créatif et participer à un entretien vidéo, et les finalistes seront accueillis pour l’étape finale de sélection pendant deux jours dans les bureaux de Londres de PRH. Les quatre candidats finalement sélectionnés bénéficieront de treize mois de formation rémunérée en immersion parmi les équipes de PRH. 

Extrait du Tumblr «  The Scheme  » : 

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 Si ça vous tente…

 

 

Yoyo

photo 2Le Forum de Tokyo n’avait pas lieu à Tokyo : pour m’y rendre, je n’ai pas pris l’avion, mais le RER C, et je suis descendue au pont de l’Alma que j’ai traversé en saluant affectueusement la tour Eiffel au passage. Puis j’ai dirigé mes pas vers le Yoyo, et suis descendue dans une salle située au sous-sol du Palais de Tokyo,  qui abrita brièvement les projections de la Cinémathèque Française, et est devenue un «  Un nouvel espace contemporain modulable dédié à la scène artistique, culturelle et événementielle«  .

Le Forum de Tokyo, organisé à l’initiative de l’AFDEL et du think-tank renaissance numérique, rassemblait pour une demi journée des professionnels du «  monde de la culture  » et des «  acteurs numériques  ».

Je ne résumerai pas les débats, dont on peut se faire une idée avec le hashtag #forumtokyo sur Twitter, ou voir la vidéo ici. Mais je vais me livrer à l’exercice privilégié du blogueur : je vais essayer de réfléchir tout haut sur cet événement, et tenter de mettre au point un faisceau encore assez flou de pensées concernant la relation entre le «  monde de la culture  » et les «  acteurs du numérique  », qui me turlupine depuis un moment.

En quittant le Yoyo, je pensais que l’opposition de deux mondes, celui de la culture et celui du numérique, était vraiment curieuse. Nous avons tous besoin de repères, et il est commode de schématiser, et de mettre dans des petites boîtes faciles à empiler ce qui nous dépasse par sa complexité. On aurait ainsi d’un côté les acteurs traditionnels, tous ces gens qui s’occupent à plein temps de faire en sorte qu’existent des livres, des films, des œuvres musicales, des programmes de télévision, des journaux. Et de l’autre, les acteurs numériques, tous ceux qui s’occupent à plein temps de…  changer le monde, un pixel après l’autre.

Il me semble plutôt quant à moi vivre dans un monde en mouvement, où les métiers se complexifient, où les frontières deviennent poreuses, et où le numérique concerne chacun et pas seulement les startups ou les géants du web. Si on reproche au monde de la culture de se cramponner à ses anciens privilèges de gatekeepers, il faut prendre garde de ne pas créer de nouvelles barrières, de nouveaux privilèges, de ne pas laisser confisquer le numérique, l’innovation, le changement par quelques uns. J’essaye toujours, avec parfois de la fatigue, de plaider pour l’hybridation, pour l’échange et l’écoute, pour la curiosité. Nombreux malheureusement sont ceux qui n’aiment regarder le monde que de là où ils sont assis, et considèrent que leur  point de vue est le seul qui vaille.

Les acteurs traditionnels savent que les objets dont ils s’occupent à plein temps, livres, films, musique, programmes audio-visuels, journaux, ne sont pas des «  produits comme les autres  ». Jetés dans un monde marchand, ces objets sont effectivement susceptibles d’être achetés et vendus et l’activité de création de ces acteurs se double d’une activité commerciale qui constitue un secteur économique important. Cependant le statut de ces objets diffère de celui de bien d’autres : ils ne sont pas exactement «  consommés  ».  On en prend connaissance, et cette connaissance demeure dans les mémoires. Ils concernent les individus mais aussi les relations entre les individus, organisent la pensée, les échanges, la sociabilité, la politique. Ce sont des objets de conscience, des objets de pensée, des objets de rêve. Une autre caractéristique fait que ces objets ne sont pas comme les autres ; ils sont tous numérisables. On peut numériser un livre, un morceau de musique, un film, une série télévisée, et pas une montre, un camion ou une bouteille de vin.

On a cru un moment que cela signifierait que seuls ces domaines, ceux travaillant sur des objets numérisables allaient être bouleversés  par le numérique. On s’aperçoit depuis quelques années qu’il n’est nul besoin que l’objet dont vous faites commerce soit numérisable pour que le numérique impacte très fortement une activité. Amazon a plus d’impact aujourd’hui en France sur les libraires par son activité de vente en ligne de livres imprimés que par la vente de livres numériques. Les biens mis en location via AirBnb ou les voitures que vous pouvez commander via Uber sont composés d’atomes et non de bits, et pourtant l’activité hôtelière et celle des taxis sont touchés avec l’arrivée de ces entreprises par une concurrence bien réelle.

Pensée post Yoyo numéro un :

La révolution numérique ne concerne pas exclusivement les activités qui concernent des objets «  numérisables  ». Elle est une conséquence de la généralisation de l’usage du web (avec le turbo que constitue la mobilité) : un poids nouveau des clients / usagers / utilisateurs / consommateurs, la possibilité pour les gens comme vous et moi de faire entendre leur avis, et l’arrivée de plateformes qui rendent possible des actions autrefois impensables.

Pour ceux qui produisent des biens    »numérisables  », c’est un double changement   :
1) le même changement que tous les autres acteurs économiques, lié à l’usage du web qui se généralise et à la puissance des plateformes susceptibles d’en exploiter tous les  avantages.
2) le fait que les biens dont on parle sont numérisables, et susceptibles d’évoluer non seulement dans la manière dont ils sont commercialisés, mais aussi dans la manière dont ils sont conçus, fabriqués, acheminés et utilisés, voire dans leur statut ou leur définition.

Pensée post Yoyo numéro 2 :

Là où les acteurs traditionnels diffèrent très fortement les uns des autres, c’est dans les différences d’expériences que proposent leurs versions numériques respectives vis à vis de l’expérience analogique. Le degré de substituabilité varie très fortement, et ce degré conditionne fortement les conséquences de la numérisation sur les usages et sur les conditions de circulation de ces objets.

Bruno Patino indique que les expériences autour d’une œuvre ne sont pas substituables, et par expérience il entend le tryptique œuvre – interface – contexte d’utilisation.

Je suis d’accord sur sa définition de l’expérience autour d’une œuvre, mais je crois que cette expérience dispose d’un degré de substituabilité qui varie selon les types d’objets, et qui conditionne forcément la vitesse et la profondeur des bouleversements apportés par le numérique à l’activité concernée. Il me semble que ce degré est très élevé pour la musique, beaucoup moins pour le livre, et effectivement, beaucoup plus faible encore pour l’audio-visuel (dont parlait Bruno Patino).  Et que ceci explique que la musique a été la première touchée par la vague, que le livre a suivi, et que l’audio-visuel est concerné à son tour.

Je crois aussi que plus on est un amateur averti dans un domaine artistique, plus on est cultivé dans ce domaine, moins l’expérience est substituable. Le mélomane entend des différences que d’autres n’entendent pas, tout comme le cinéphile voit des détails que d’autres ne perçoivent pas. Il en est de même pour les livres : le lecteur savant s’enchantera de la présence d’un moteur de recherche,  l’amateur de littérature souffrira plus qu’un autre de la mise en page encore améliorable de nombreux livres numériques. Mais le fait que les expériences sont non substituables n’indique pas qu’il faille en rejeter certaines à priori : cela permet au contraire de les juxtaposer, de les additionner, ce qui peut convenir à l’amateur, au mélomane comme au cinéphile ou au lecteur cultivé.

Voilà quelques pensées post-yoyo, j’en ai eu quelques autres mais je suis à court de temps. Il y aurait  aussi beaucoup à dire sur le livre blanc publié à cette occasion (grâce à  Librinova pour la version numérique), mais non, non, je m’arrête là. Maintenant, c’est à vous de parler : quelles ont été vos pensées post-yoyo, si vous étiez là où si vous vu la vidéo ou lu le livre blanc ?

Ello : je n’ai pas pu m’en empêcher

Capture d’écran 2014-10-04 à 18.50.12C’est plus fort que moi. Je ne me peux pas m’en empêcher. Dès qu’apparaît un nouveau réseau social, il faut que je dégote une invitation, et que j’aille m’y promener. Les plâtres sont encore frais, la peinture n’a pas fini de sécher, mais c’est cela que je préfère, un lieu sur le web encore peu fréquenté, où on crie «  ouh ouh  » dans les couloirs pour essayer de trouver quelqu’un à qui parler. En fait, cette fois-ci, on ne crie pas «  ouh ouh  », on crie «  Ello  »  (sans H).

Grâce à Sebastian Posth, qui m’a gentiment envoyé une invite, je me suis retrouvée un soir en train d’accomplir les incontournables petits gestes que l’on fait lorsque l’on débarque sur un nouveau réseau : charger une photo, écrire les quelques mots qui disent ce que vous voulez que les autres sachent de vous au premier regard, choisir un mot de passe difficile à deviner et pas trop facile à oublier.

Et puis on plonge. Tiens, Christine Génin est là, et Olivier Ertzscheid, et Daniel Bourrion. Autrefois j’aurais dit y avoir retrouvé    »tout mon agrégateur  », du temps de la blogosphère du livre. Aujourd’hui, je dirais plutôt que je croise des habitants de ma Twitt Line. Que font les gens ici ? Que racontent-ils ? En quoi c’est différent de Facebook, à part le fait qu’il n’y a pas de pub ?

Difficile de choisir qui suivre, un peu comme il n’est pas toujours simple de choisir à qui parler lorsqu’on arrive dans une soirée où on ne connaît personne. Commencer par écouter. Attraper un fil et le suivre. Reconnaître un nom, lire ce qu’il a posté, voir qui sont ses followers, et qui il suit.

Ceux qui ont à leur actif le plus grand nombre de posts forment le premier cercle de ceux qui, proches des fondateurs du site, l’ont utilisé en mode privé, avant même l’ouverture en version beta en avril dernier.  Curieuse (oui, je sais), je cherche à en savoir plus sur les fondateurs. Je trouve le site de Paul Budnitz, et sa page de présentation. Je lis une interview dans laquelle il explique ainsi le brutal succès d’Ello, qui intervient avant même que le site soit ouvert à tous :

Pourquoi Ello s’est mis à faire sensation ainsi, pratiquement d’un jour à l’autre ?

Paul Budnitz : Il y a eu un bon design, de la chance, et le fait d’arriver au bon moment. L’expérience sur tous les réseaux sociaux est devenue pénible, pour de nombreuses raisons, l’une d’entre elle étant bien sûr la pub. Et c’est clairement une préoccupation forte pour nous. Mais quand tu te débarrasses de la pub et de la fouille de données, tu es libre de te concentrer uniquement sur la qualité du design. Et donc je pense que c’est une combinaison de choses qui sont arrivées au même moment. Nous avons eu quelques bons articles dans la presse geek, et quelques fuites dans la presse allemande. Et ensuite Facebook a commencé à exclure de son réseau agressivement ceux qui n’utilisaient pas leur vrai nom. Et il y a eu une forte réaction à cela.

Mais Budnitz n’est pas l’unique fondateur. Il s’est associé à deux petites structures installées dans le Colorado, l’une à Boulder, centrée sur le design, Berger & Föhr, et l’autre à Denver, axée sur le développement, Mode Set. En me promenant de site en site, j’ai trouvé une interview de Berger & Föhr réalisée avant qu’ils aient commencé à travailler sur Ello. La société de Paul Budnitz était alors encore basée dans le Colorado également (avant de s’implanter dans le Vermont) et Paul était l’un de leurs clients. Le même site comporte une interview du directeur de Mode Set, Justin Gitlin.

Je lis aussi les réponses d’Antonio Casilli à Télérama, qui l’interroge sur la posture «  anti-Facebook  » de Ello, et la sincérité de ses fondateurs lorsqu’ils affirment ne pas être intéressés par les données de leurs utilisateurs.

Antonio ferait-il partie de ceux que Jay Rosen désigne comme des «  pré-mystificateurs  » (soit des «  démystificateurs agissant préventivement  ») ? Jay crée ce néologisme «  prebunking  » dans un post sur Ello que je traduis ainsi :

«  Pré-mystifier. C’est comme démystifier, mais sans avoir besoin d’attendre. Vous savez déjà que cela ne va pas marcher avant que cela ait vraiment démarré :  “Dites simplement non à Ello” 

Le pré-mystificateur fait partie de l’espèce journalistique connue sous le nom de “hype”, mais se présente comme son opposé : le “anti-hype”. Je dis qu’il relève du “hype”, parce qu’il éxagère le bruit fait par le phénomène nouveau de manière à montrer à quel point ce bruit est ridiculement gonflé. Comme par exemple ceci : “le réseau social le plus hot du moment va complètemnet mettre à terre ce cloaque capitaliste qu’est devenu Facebook”.
La pré-mystification, c’est du réalisme à bas prix.C’est un raccourci facile pour apparaître intelligent et mesuré, le seul adulte dans la pièce. Vous coupez court à l’excitation des gens en un soupir, et faites en sorte qu’ils s’agacent ensuite au moindre ballon gonflé. Un bon pré-mystificateur va glisser à la surface du phénomène en gémissant : “inutile de creuser plus, il n’y a rien à voir ici”.

J’ai toujours préféré creuser, quant à moi. M’inscrire. Fureter. Suivre des gens que je connais, d’autres que je ne connais pas. Commenter ici. Poster là. Laisser un peu de temps au temps, et voir de quelle manière une plateforme va évoluer. Peut-être suis-je imprudente ou naïve, mais je ne me fais pas un souci énorme pour mes données, depuis le temps, convaincue que c’est en exerçant son identité numérique que l’on apprend à la maîtriser, et que le web est un espace public, qu’il faut apprendre à habiter avec prudence mais sans crainte excessive. L’utilisation de mes données pour améliorer le ciblage publicitaire, pour le moment, me semble encore plutôt rudimentaire, et je me demande ce que font les data-scientists surpayés qui me valent de subir, depuis deux mois que j’ai acheté ma paire de Bensimon bleu marine, des propositions de paires de Bensimon bleu marine sur chaque page avec pub que je consulte. J’ai envie de lui dire, au data-scientist qui a bâclé son algorithme : «  bravo mon gars, t’as détecté que je m’étais acheté une paire de tennis. Trop fort. Maintenant, creuse-toi un peu la tête et essaye de me proposer autre chose. Je n’ai pas l’intention de me trimballer tout 2014-2015 en Bensimon bleu marine.  »

Retour sur Ello.

Les petits détails de design que j’aime :

- utiliser les flèches du clavier pour faire apparaitre et disparaitre les éléments de navigation situés à gauche de l’écran

- utiliser les touches F et N pour passer du flux «  Friends  » au flux «  Noise  ».

- les trois éléments d’édition de texte (gras, italique, ajout d’un lien) qui suffisent à mon bonheur sur un réseau social

Et aussi, l’absence de chats, de bébés chanteurs, et la sur-représentation en créateurs, artistes, musiciens, graphistes, designers de toutes sortes. Incontestablement, il souffle sur le Ello que je visite un esprit particulier, et qui me plaît.

Et en fait, c’est aussi plutôt agréable l’absence de publicité, finalement.