Angry birds et Stieg Larsson

Annonces de tablettes et de liseuses en pagaille, ces derniers jours, et les commentaires et supputations qui vont avec. Il y en a dans la blogosphère qui suivent de bien plus près que moi l’actualité des machines à lire, avec constance et talent. Voici une petite liste récapitulative, et non exhaustive, des terminaux annoncés ces derniers jours :

- la tablette Amazon
- la tablette Sony
- la liseuse Sony
-une nouvelle tablette Nook de Barnes & Noble
- une nouvelle liseuse Fnac
- la tablette Lenovo
- la tablette Pockettbook
-une version allemande de la liseuse Kobo
- la liseuse iRiver Story HD

Quelques remarques concernant cette salve d’annonces :

- Elles n’ont évidement pas le même impact, selon qu’elles émanent de simples fabricants (Lenovo, Pockettbook )  ou d’acteurs déjà positionnés, ou bien en train de se positionner, dans la vente de livres numériques (Amazon, Barnes & Noble, Sony, Kobo).

- La question souvent posée dans les très nombreux commentaires qui anticipent la prochaine arrivée de la tablette Amazon, est celle-ci : «  Va-t-elle réussir à détrôner l’iPad, qui domine aujourd’hui complètement le marché des tablettes ?  » Il n’est pas inintéressant de regarder cette interview vieille d’un an, donnée par Jeff Bezos à Charlie Rose. A 4’25″, Jeff Bezos, qui répond à la question de la menace que l’iPad représente pour le Kindle, déclare :

photo de Jeff Bezos

Jeff Bezos

«  L’activité numéro un aujourd’hui sur iPad,  si vous regardez les statistiques, est celle qui consiste à jouer à un jeu nommé Angry Birds où vous lancez des oiseaux sur des cochons pour les faire exploser. L’activité numéro un sur le Kindle, c’est la lecture de Stieg Larsson.  »

Est-ce que Jeff Bezos aurait changé d’avis ? Est-il devenu addict à Angry Birds et souhaite-t-il que chacun y joue désormais sur une tablette de sa marque ? Ce n’est probablement pas sur ce terrain que se situe le champ de bataille, mais la bataille existe bel et bien. La question à formuler ressemblerait plutôt à :   «  La tablette Amazon n’est -elle pas destinée à continuer d’assurer la suprématie d’Amazon sur le marché du livre numérique ?  » Sur ce marché, Apple qui fait un tabac avec l’iPhone et l’iPad, n’a pas réussi pour le moment à menacer Amazon, et aux Etats-Unis, l’acteur  qui rivalise avec Amazon, dans la vente de livres numériques, ce n’est pas Apple, c’est Barnes & Noble avec sa librairie couplée avec deux types de terminaux, une liseuse et une tablette, le Nook Color. Et la nouvelle tablette lancée par Amazon est probablement plus une réponse au Nook Color qu’une tentative de rivaliser avec l’iPad. C’est aussi, et cela a été dit, une ouverture vers les types de livres que les liseuses ne peuvent accueillir, principalement les manuels scolaires et universitaires, ainsi que tous les livres illustrés et à la mise en page sophistiquée. Ces livres sont déjà commercialisés au format Kindle, mais lus aujourd’hui sur des terminaux qu’Amazon ne contrôle pas, et auxquels un ensemble complet de dispositifs de lecture donne accès : Kindle pour PC, Kindle pour iPad, iPhone, et pour terminaux sous Androïd.

Aussi, il est fort probable que la prochaine tablette d’Amazon va continuer de cibler en priorité les lecteurs, et de chercher à répondre à leurs attentes, telles que les décrivait Jeff Bezos dans cette même interview en juillet 2010 :

«  Ils veulent un terminal spécialement construit, pour lequel aucun compromis n’a été fait, et où chaque décision concernant le design tout au long du processus a été faite pour qu’il soit optimisé pour la lecture  »

Une autre question, parfaitement posée dans ce billet d’Hubert Guillaud est : «  pour quelle lecture ?  »

Car ce qui change, et qui devrait occuper intensément les éditeurs dans les années qui viennent, ce n’est pas seulement la manière dont les livres sont produits, distribués et vendus. Mais c’est aussi la manière dont ils sont lus, dans un monde où lecture et écriture se rapprochent, tout comme se rapprochent écriture et publication.

26 réflexions au sujet de « Angry birds et Stieg Larsson »

  1. F Bon

    parce que toi, Virginie, tu ne te sers jamais de ton iPad pour lire ??? – billet assez en contradiction avec ce que je sais des usages iPad de ts les gens que je connais et qui s’en servent au quotidien

    peut-être se méfie à transposer tels quels les modèles de distribution US chez nous, en l’absence de vraie décollage (pour l’instant) des liseuses, la Fnac n’ayant pas réussi à imposer son FnacBook

    un des paramètres aussi qui me laisse sur ma faim, c’est évolution rapide de l’écosystème librairies numériques en Fr, montée en pression de FeedBooks et de la Fnac quasi à égalité les 2 c’était imprévu, et surtout, même si de notre côté on est prêt à l’arrivée Amazon.fr, flux en place, le confort des fichiers sous Mobipocket quand même pas au niveau de ce qu’on a pu développer en 1 an pour iTunes, qui du coup pourrait bien agir en Fr avec même poids libraire que ce que Nook fait aux US

    grande chance pour une plateforme comme publie.net, qui dispose enfin de vrais relais libraires, avec les 3 mentionnés ci-dessus, plus ePagine – on est désormais à moins de 28% de ventes directes sur notre site, et ce jeu ouvert c’est une grande chance, même si les ventes des libraires «  indépendants  » restent dérisoires faute de se saisir d’une réelle médiation

    en tout cas, pour ma part c’est l’iPad qui me sert à lire en permanence, sans oiseaux ni cochons, mais plein de web et plein de livres, plus carnet de note Daedalus

  2. RV

    Web, twitter, mails, jeux, boulot (suis prof, mes cours dessus) et lecture, je ne lisais plus de littérature depuis des années, ça revient avec l’ipad, plus presse aussi, et vidéos, si qq’un me prend mon ipad je ne garantis pas son intégrité physique :)

  3. Michelle bourgoin

    C est desesperant ces manies de cataloguer les lecteurs et leurs usages. Ce ne sont pas les statistiques qui developpent la lecture dematerialisée, ce sont des hommes et des femmes qui utilisent l ipad dans tous ses usages, dont la lecture qui y est simple, ludique, et confortable.
    Pourquoi posseder plusieurs supports alors que justement, la lecture dematerialisée permet de reduire l encombrement des valises par exemple lorsque l on voyge, mais a l inverse pourquoi pas utiliser une liseuse chez soi si la lecture y semble plus simple ? Le sujet pour moi n est pas dans le support, il est dans le contenu. Que l on m offre le choix de lire TOUS mes bouquins su ipad, ou liseuse,ou papier.

  4. Virginie Clayssen Auteur de l’article

    @fbon Tu connais l’expression «  anecdata  » ? Des «  data  », basées sur l’anecdote. Déduire quoi que ce soit du fait que je lise, que tu lises, et que plein de gens que nous connaissons lisent sur leur iPad, ce sont des «  anecdata  ». Le fait est qu’Apple ne réussit pas pour l’instant à être un concurrent inquiétant pour Amazon en ce qui concerne le livre numérique, alors qu’à la sortie de l’iPad tout le monde enterrait déjà le Kindle. Cela ne veut pas dire qu’Apple ne va pas progresser. Et cela ne veut pas dire non plus que personne ne lit sur son iPad.

    Ce billet ne parle que de ce dont il parle, et ne se veut pas un panorama exhaustif de l’évolution du monde de l’édition numérique. Sinon, bien sûr, j’aurais évoqué publie.net :) Et bravo pour votre participation à larentreenumerique.org, c’est une excellente idée…C’est le bon moment pour faire ça, car il est fort probable que bientôt, le fait qu’un livre soit «  100% numérique  » ne permettra sans doute plus de le mettre en avant sur ce simple critère.

  5. Virginie Clayssen Auteur de l’article

    @RV voir ma réponse @FB ci-dessus.
    @Michelle bourgoin Le fait d’observer ce qui se passe, et d’essayer de le comprendre à une échelle différente de l’échelle individuelle n’a rien de désespérant. Peut-être que cela ne vous intéresse pas, et c’est votre droit le plus strict. Par ailleurs, votre commentaire illustre, dans sa forme, le billet que je signale d’Hubert Guillaud, sur le rapprochement lecture – écriture, car on devine qu’il est écrit sur un clavier d’iPad.

  6. Xavier Cazin

    Il faut bien reconnaître que les « grands lecteurs » d’aujourd’hui, ceux qui font tourner l’économie de l’édition, ont été formés à la lecture papier. Oui, les liseuses sont l’outil idéal pour lire en noir et blanc sans l’encombrement du papier, et je parie avec toi Virginie que dans un premier temps elles séduiront les « grands lecteurs » mieux que les tablettes multimédia.

    Ce qui est passionnant dans cette rivalité liseuses-tablettes, c’est qu’elle traduit le frottement de deux modes de lecture aussi omniprésents l’un que l’autre : le livre et le Web. À l’époque de la concurrence entre PDA et téléphones, on se posait les mêmes questions. La fusion a eu lieu, mais je serais bien embarrassé de dire qui a gagné, du téléphone intelligent ou du PDA communicant.

  7. F Bon

    m’en fous, j’étais le prem’s à lancer la discute pour que dans la haute tradition virginienne on soit partis pour 46 commentaires… moi aussi bien sûr je me sers des 2 (des 3 plutôt : iPhone, iPad, Kindle) pour lecture qui associe de plus en plus organiquement lecture type livre, lecture web et prise de notes, j’en suis désormais à préférer numériser un Michaux ou un Borges dans mes Pléiade pour pouvoir les lire plus confortablement que dans les anciens livres (il y a déjà eu billet ici sur ces home-scans, merci ABBYY)

    j’avais bien pigé le billet, mais justement il ouvre à 2 zones importantes de débat :
    - l’absence d’opérateur monopolistique en Fr, comme Amazon l’a été aux US avant B&N, crée une donne complètement différente pour nous, et tant mieux parce que ça interfère aussi sur les livrels qu’on propose
    - iTunes n’est pas seulement un libraire (en train de s’imposer comme majeur pour le livre numérique en Fr, et je n’imagine pas que les gens achèteraient autant s’ils ne lisaient pas ce qu’ils achètent), mais différence essentielle avec le commerce papier c’est qu’aussi outil de création : marche sur iTunes ne qui exploite les capacités d’iBooks, moteur de rendu qui ne se limite pas à l’homothétique

    dans la question tablette/liseuse (frontière de + en + poreuse, on fera démo de lecture streaming sur Kindle au BookCamp), il n’y a pas l’iPad d’un côté et les liseuses de l’autre : ce qu’on invente pour iBooks fonctionne parfaitement sur Archos ou Samsung – autant les liseuses (rappelons que le nom, désormais pérennisé, est aussi né sur ce blog!) sont le socle d’une révolution dans les usages, autant ce sont les tablettes qui permettent d’expérimenter l’écriture 3D qu’est le livre numérique

    petit post-scriptum perso : me suis tellement habitué à une lecture «  vivante  » via connectivité, qui n’entrave en rien lecture dense que lorsqu’il m’arrive de reprendre un livre papier ou de lire sur Kindle j’ai tjs l’iPhone posé sur la page pour ajouter la connectique (prise de note, twit radio etc)

  8. Virginie Clayssen Auteur de l’article

    @Xaver Cazin Cela me rappelle que mes premiers livres numériques, je les ai lus sur un Palm Pilot… J’avais chargé les «  mémoires d’outre-tombe  » qui m’ont accompagné un long moment dans mes déplacements en métro… Et tu fais bien de rappeler que ceux qui achètent aujourd’hui des liseuses ont commencé à lire dans un monde sans Google, sans Facebook, sans Amazon, un monde sans web. Ce ne sont pas les «  petites poucettes  » dont nous parle joliment Michel Serres dans Libération.

  9. Virginie Clayssen Auteur de l’article

    @fbon Et probablement le lancement d’une tablette Amazon anticipe-t-il également les livres à venir, ceux que la publication prochaine d’EPUB 3 autorisent. On peut compter sur Amazon (qui vient de lancer son propre format équivalent au PDF- pour ajuster son format propriétaire à l’EPUB 3, avec ce qu’il faut de compatibilité pour que les fichiers EPUB 3 puissent se convertir facilement, et ce qu’il faut de propriétaire pour rendre les fichiers illisibiles sur tout autre device que le leur… Grrr… L’iBookStore a implémenté à l’avance un certain nombre de possibilités de l’EPUB3, mais ces possibilités vont se généraliser rapidement à l’ensemble des moteurs, avec la publication définitive de la spécification.

  10. maryse hache

    tablette / liseuse

    suis de celles et ceux qui ne lancent pas d’oiseaux sur les cochon et qui ai abandonné la liseuse en noir et blanc depuis l’acquisition de l’iPad

    lis sur iPhone et iPad et sur papier, encore un peu

    me suis habituée à la lumière, à la couleur, aux sauts et gambades entre différents lieux du web-monde, y compris lecture des mails, lecture des twits, écriture sur Evernote, et dessins au doigt et liste de tâches, au doigt aussi, dans Noteshelf, accès possibe à Skype, le tout dans le même outil

    et très important vital pour moi de pouvoir aller de lire à écrire et d’écrire à lire avec le même outil donc l’iPad

    comme @fbon quand je lis sur papier, c’est avec iPad ou iPhone à portée de mains

    prends encore des notes sur papier mais beaucoup moins souvent aussi

  11. Ping : Angry birds et Stieg Larsson | Digital library

  12. Pan

    «  On peut compter sur Amazon (qui vient de lancer son propre format équivalent au PDF- pour ajuster son format propriétaire à l’EPUB 3, avec ce qu’il faut de compatibilité pour que les fichiers EPUB 3 puissent se convertir facilement, et ce qu’il faut de propriétaire pour rendre les fichiers illisibiles sur tout autre device que le leur  »

    Pour avoir survolé les guidelines Kindle sur ce point en particulier, je confirme.
    Bon après, les intéressés le trouveront par eux-même, normalement il ne transite pas publiquement puisqu’il est réservé à l’usage des auteurs, éditeurs et studios de développement ePub ;)
    De fait, Kindle s’est déjà ajusté sur vidéo/audio depuis fin 2010, et a «  relancé  » une campagne de promotion des ebooks Kindle Audio & Video en Mars / Avril il me semble, en même temps (ou presque) que le support d’EPUB en format source sur KDP (plateforme publication directe Kindle)… vous en tirerez les conclusions quant à la conversion. Je pense que Xavier Cazin pourra être plus complet sur le sujet.

    Sinon, pour revenir dans le sujet : différents outils pour différentes lectures personnellement. iPhone ou iPad pour des lectures courtes, lectures en mobilité lors d’une petite pause. Liseuse sert principalement pour lectures longues (une fois passé 3 ou 4 heures sur iPad avec pauses régulière et mal aux yeux).
    Après, un défi pour créateurs/éditeurs sur smart phones et tablettes, c’est de s’offrir de la visibilité pour venir en concurrence des autres fonctionnalités proposées par tablettes. Pas de secret, on peut potentiellement remettre des gens à la lecture par ce biais, avec des livres qui les intéressent, mais il faut qu’ils en entendent parler.

  13. Nicolas Bleusher

    Je lisais peu avant d’avoir l’iPad : je lis toujours aussi peu après avoir acquis la tablette. En rechange, je surfe sur internet de manière beaucoup plus confortable avec l’écran tactile. J’ai toutes les versions d’angry birds et je suis dans l’attente de chacune des mises à jour. J’utilise depuis peu le logiciel Pages pour composer et corriger les billets que je poste sur mon nouveau carnet. Il m’a fallu un peu de temps pour m’y mettre mais je l’ai adopté. L’iPad, pour moi, n’est qu’un outil que j’ai les moyens de m’offrir. J’aurais du mal à m’en passer désormais et je l’emmène partout avec moi, dans l’appartement. Maintenant je conçois parfaitement que de mettre 500 euros dans une tablette à poser sur ses genoux pour pouvoir lire un texte ou un livre tout entier ne soit pas encore à la portée de tous.

  14. Gilles Mioni

    Pour lire d’une façon résolument moderne, il faut de la puissance de calcul et des « logiciels d’aide à la lecture ».

    J’entends par là, des outils qui traitent le texte afin de préparer la lecture  :
    outil de recherche, outil de statistiques, outils de documentation (capture des pages en lien avec le texte, agenda, modélisation, formulaires spécialisés en lecture/écriture littéraire), outils de modification des données annexes aux livrels (signets, notes, …), etc.
    Une fois ces tâches préalables réalisées, enregistrement en format ebook dans une liseuse, et lecture avec les yeux et la pensée.

    Voici un exemple anecdotique d’un système de lecture assisté par différentes machines électroniques.
    http://bit.ly/q9Bte4

    Je ne possède pas de tablette à cause des contraintes extrêmes de ce genre de terminal dont l’adhésion à un système commercial clos, intrusif et inquisiteur ; un « smartphone » en fait office et c’est déjà une expérience un peu rude et attristante (néanmoins, il est possible de le contrôler sévèrement).

    Tout cela peut paraître atrocement technoïde mais chacun des outils prend en charge des gestes anciens, pesants et lents, et qui rendaient difficile ce genre de lecture fouillée, risquée aussi puisqu’on peut se perdre dans le référentiel ou se faire distraire et ne jamais finir le texte qui est en jeu au principal.

    C’était déjà le cas, avant. Je veux dire quand il fallait des années pour lire comme çà, à fond, passionnément.

    Nos moments de lecture et les notes qu’on prend en lisant encastrés sur un même support, illustrés avec des images, des sons et des couleurs, ne sont plus fragmentés entre nos souvenirs qui s’érodent et les documents éparses qui les ont provoquées, nos pensées ne se perdent plus, du moins celles qu’on a figées en traces magnétiques.

    Pour çà, il faut de la puissance de calcul.
    Énormément de calculs.
    Très puissants pour déconstruire l’ordre des mots.

    N’est-ce pas le privilège de la littérature de pouvoir démonter tout en elle sans jamais détruire le texte qu’on manipule ?

  15. Hubert Guillaud

    Effectivement, si Amazon était intelligent, sa tablette devrait plus être une réponse au NookColor qu’à l’Ipad.

    Sauf que, pour l’instant, il y a un marché du livre qui échappe à Amazon et c’est celui du livre le plus innovant. C’est bien évidemment celui du livre applicatif, essentiellement concentré dans les mains d’Apple (autour de l’iOS) et qui pourrait demain basculer dans celui de Google avec Androïd pour autant qu’une tablette digne de ce nom y apparaisse enfin. C’est certes un petit marché, mais c’est celui que tout le monde regarde et auquel tout le monde pense. Pour prendre le lead sur ce marché, il n’y a pourtant qu’une seule solution, c’est prendre le leadership du livre de l’Androïd Market, avec une tablette Androïd bien conçus, peut-être plus conçue pour le livre que pour le reste…

  16. Aldus

    Beaucoup plus utilisé le Nook que l’AsusTransformer cet été. Normal, j’étais beaucoup hors de chez moi, et comme je voyageais léger, le smartphone suffisait bien. C’est bien simple, en seulement trois mois j’ai déjà «  rentabilisé  » le Nook. Avant que je rentabilise mon Asus, il va falloir que je patiente un peu, on verra dans la durée. A propos, je serais curieux de savoir combien ont emmené leur iPad en vacances, quelle décision avant de boucler la valise.

  17. F Bon

    @Aldus en vacances avais l’iPad et le Kindle, effectivement dans mes usages l’iPad c’est pas pour lire au soleil, mais au soleil je me faisais de bonnes siestes et lisais la nuit (sans fatigue même sur lectures longues, suffit baisser éclairage) – par contre, en situation nomade, me sers beaucoup plus de l’iPhone comme prise de notes plus autres utilités, même si quasi pas de «  lecture  » hors sites web – pas souffert du manque livre papier, j’avais des provisions – par contre ta note concernant ton sympathique Asus à écran détachable : pour moi, dès que je bosse j’ai besoin de «  toute  » ma machine, rien que pour une mise en ligne d’un eBook tout simple besoin de 4 ou 5 applis lourdes, donc mon MacBook 13″ toujours dans le sac, de ce fait me sers peu de l’iPad pour travail

  18. Virginie

    @ maryse hache merci de votre commentaire, qui témoigne bien que la tablette permet aujourd’hui une lecture plus «  web  », selon la terminologie de Xavier Cazin : une lecture/écriture, devenue indispensable à tous ceux qui pratiquent le web, et naturelle à ceux pour qui lire réellement, c’est lire un crayon à la main.

    @Nicolas Bleusher La question du prix des terminaux que vous abordez est effectivement très importante, on ne peut pas attendre les mêmes fonctionnalités de machines à 600€ et d’autres à 250€, et on ne peut pas attendre non plus la même vitesse de pénétration du marché, surtout par les temps qui courent.

    @GillesMioni Le lien que vous indiquez ne fonctionne pas. Vous avez parfaitement raison d’insister sur l’environnement de calcul dans lequel s’inscrit la lecture numérique, et dont on parle insuffisamment, parce qu’il est transparent pour l’utilisateur. Pour externaliser des activités autrefois prises en charge par nos gestes et notre cerveau manipulant des objets physiques (cf Michel Serres), il faut effectivement déployer une puissance de modélisation et de développement, considérable.

    @HubertGuillaud Oui, il reste à savoir si la tablette que va lancer Amazon sera en mesure de proposer non seulement la lecture de livres numériques enrichis, mais également de faire tourner des applications androïd. Je n’ai pas manipulé la Nook Color, mais j’ai lu qu’elle était assez prisée des développeurs, et une recherche sur «  hacking Nook Color  » indique qu’il est possible de la transformer en une «  full Androïd Tablet  ». Faudra-t-il également hacker la tablette Amazon, ou bien sera-t-elle directement utilisable pour télécharger des applications ?

    @Aldus J’ai quant à moi emmené l’iPad en vacances, sans hésiter. En voiture, il est parfait pour me guider. Je m’en suis servie également pour jeter un coup d’œil régulier à mon agrégateur de fils RSS (on ne se refait pas…), ainsi qu’à vos gazouillis sur Twitter. Un peu de lecture, mais lecture sur papier aussi, les mails, pas trop d’Angry Birds (parce que j’ai déjà 3 étoiles dans presque tous les niveaux…), et la possibilité de regarder et montrer tout de suite dans un format confortable les photos de vacances au fur et mesure que ces dernières filaient à toute vitesse…

    @Hubert merci pour le lien. C’est ce billet de TechCrunch qui m’a donné l’idée de celui-ci.

  19. Aldus

    Mais toi François, tu es un exemple à part. Iphone, Ipad, MacBook, agrée Apple, et puis tu pars en vacances avec tous tes sites web sous le bras. Arrêtons avec cette histoire de soleil, ne serait-ce qu’en lumière du jour l’usage des tablettes est problématique. Ce que j’observe en pratique, c’est qu’en mobilité iPhone/iPad doublonne complètement pour beaucoup de choses, le principal j’ai tendance à dire. La mobilité/nomadisme, maîtres-mots, on le verra dans la présentation à l’Enssib du 17/18 octobre que j’aurais le plaisir de faire avec Léa Pasqualotti du LUTIN
    http://biennale-du-numerique.enssib.fr/interventions/acces-nomade

  20. JM Salaun

    Bonjour Virginie,

    Je crois en effet que les lecteurs de ce blogue devrait veiller à ne pas prendre leurs usages comme représentatifs. Le biais est d’autant plus pernicieux que la communication circulaire aidant, on a vite l’impression d’avoir l’ensemble des usages possibles ou des créneaux porteurs. Sans faire injure à personne, il est clair que les lecteurs de ce blogue ne sont pas du tout représentatifs des lecteurs en général, fussent-ils numériques.

    Je ne connais pas beaucoup d’études d’usage sérieuses à grande échelle sur cette question, mais Nielsen en avait présenté une il y a qques temps que j’avais commentée ici : http://blogues.ebsi.umontreal.ca/jms/index.php/post/2011/06/04/Usages-mobiles-et-pentagone

    Elle montre d’autres corrélations, notamment une étonnante et bien intéressante avec la télévision.

    Je suis preneur d’autres références.

  21. Alain Pierrot

    «  il est clair que les lecteurs de ce blogue ne sont pas du tout représentatifs les lecteurs en général, fussent-ils numériques  »

    Intéressant glissement de référence entre, primo, les lecteurs visibles par leurs commentaires ou référence (qui écrivent ou publient/laissent trace de leur passage à l’acte de lecture), secundo, les lecteurs invisibles de teXtes et, tertio, les «  lecteurs en général  ».

    Je pense effectivement que le premier groupe, très restreint, ne permet guère d’inférence statistique.
    Quant au second, je n’en vois rien… Je présume qu’il peut être significatif pour le groupe des lecteurs numériques, mais il faudrait disposer de données sur leur nombre, leurs caractéristiques à partir des logs du site.

    Pour ce qui est du troisième, il reste à caractériser.

  22. JM Salaun

    Salut Alain,

    Je ne vois pas vraiment de glissement de sens en l’occurrence, peut-être une écriture de commentaire pas assez explicite. Pour reprendre tes catégories :

    - les lecteurs invisibles de teXtes sont a priori intéressés par la question de la lecture numérique, sinon ils ne feraient pas l’effort de lire ces billets et les commentaires. Il est plus que probable que ces personnes construisent un raisonnement sur le sujet. Faute d’études vraiment sérieuses sur la question, ils auront tendance à raisonner par rapport à leur propre expérience. Il n’y a pas là de jugement de valeur, mais simplement une « rationalité limitée » par un manque d’information.
    - les commentateurs sont des « gatekeepers » de ce premier groupe qui par leurs remarques croisées accentuent la tendance en saturant le discours. Une bulle informationnelle comme dirait Eli Pariser.
    - le troisième groupe reste effectivement à caractériser, c’était justement la question posée par mon commentaire.

    Je crois que nous devons tous être très attentifs à ce genre de biais. Twitter, Facebook, Google + accélèrent les échanges, mais rendent difficile le recul.

  23. Alain Pierrot

    Bonsoir Jean-Michel,

    merci de tes remarques, auxquelles j’adhère pleinement (encore que — entre sens et référence, je pourrais bien me perdre dans mes usuelles interrogations épistémologiques :-/ ).

    Bonne idée en tout cas de rappeler qu’une inférence à partir d’un échantillon indéfini, vers une catégorie floue ne relève d’aucune méthodologie utile.

    Les statistiques et données recueillies par les Twitter et consors sont décidément bien alléchantes, si l’on veut faire un tour vers les digital humanities… mais laissent usagers et observateurs à l’extérieur.

  24. Virginie Clayssen Auteur de l’article

    @Jean-Michel @Alain Pierrot C’est pour toutes les raisons que vous évoquez que j’aime bien le terme un peu ironique et pas français d’ «  anecdata  »… Il nous rappelle la tentation à laquelle nous sommes soumis de nous baser sur l’expérience directe, la nôtre et celle de nos proches, ainsi que celle que nous pouvons observer en ligne, pour tirer des conclusions hâtives sur les pratiques et les usages des lecteurs.
    S’il est assez évident de se méfier des observations directes, et d’éviter de généraliser les observations que l’on fait sur soi-même et ses proches, il est plus difficile de se souvenir, et je m’y efforce très souvent, que même si le web élargit notre champ d’interactions, il ne nous permet d’interagir qu’avec une population restreinte, et, dans le cas de teXtes, tout à fait atypique, puisque les lecteurs qui ne s’enfuient pas au bout d’une seconde (en constatant que leur requête contenant le mot «  texte  » les a emmenés vers un site barbant au possible, plein d’abréviations et de termes incompréhensibles) ont des références communes, une activité professionnelle souvent en relation avec les sujets abordés, et s’ils n’ont pas tous la même vision (heureusement !), ils s’intéressent tous plus ou moins à ce qui se joue avec le numérique du côté de l’édition.
    J’ai fait une phrase si longue que je n’ose même pas la relire…
    Si des lecteurs de teXtes ne se reconnaissent pas dans cette description alambiquée, qu’ils n’hésitent pas à le dire en commentaire…
    Salutations à tous les deux, et merci de venir commenter ici, c’est toujours un plaisir de vous lire…

  25. Ping : Ceci n’est pas un iPad « teXtes

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