Liseuses : démo surprise de Sony à Digital Book 2008

Sony a fait la démonstration suivante , lors de la conférence Digital Book 2008, lors d’une intervention surprise (absente de la programmation) : Bob Nell (business development manager), a lancé le lecteur Adobe Digital Editions, puis fait glisser l’icône du livre «  Woman and Money«  , (c’est un livre pour moi, ça, le titre complet est : Women & Money : Owning the Power to Control Your Destiny…) au format PDF et au format epub vers l’icône du Sony PRS 505, connecté à l’ordinateur. Puis il a filmé en vidéo et projeté sur grand écran l’image de la liseuse, présentant un texte redimensionnable (je n’arrive pas à trouver une traduction convenable pour «  reflowable  » : merci pour vos suggestions…).(Via Bob Du Charme.)
Qu’on aime ou n’aime pas les liseuses, et c’est vrai qu’elles n’ont pas ce petit côté «  killer device  » qui vous donnerait immédiatement envie de chantonner dans toute la maison : «  bientôt la fête des mères, qui va penser à m’offrir la liseuse de mes rêves ?  », qu’on les aime ou pas, donc, elles vont certainement représenter une étape dans la «  grande conversion numérique  », étape dont nul ne peut prédire aujourd’hui l’importance exacte. Elles ont la sympathie des éditeurs, peut-être justement parce qu’elles ne sont pas si séduisantes que ça, et qu’elles permettent de penser «  oh oh, le livre a encore de beaux jours devant lui  ». Mais pas seulement : les éditeurs les testent eux-mêmes, de plus en plus, elles sont utilisées pour la lecture de manuscrits . Peut-être aussi parce qu’elles permettent une transposition numérique qui ne remet pas en cause le concept de livre (même si elle le bouscule assez sérieusement).

Et elles sont pour tous ceux qui s’occupent de préparer les versions numériques des livres, l’occasion de mesurer la complexité et de revisiter les caractéristiques des livres et de la lecture. Pour offrir une expérience de lecture agréable, il convient de reconstituer sur le reader (qu’il s’agisse d’une liseuse ou d’un lecteur utilisé sur un PC) tout ce qui concourt au plaisir de lire. Ce à quoi s’est attelé François Bon dans le cadre de publie.net, et qui occupe aussi Hadrien Gardeur, qui partage avec nous ses réflexions. Constance Krebs s’y était déjà confrontée avec l’expérience 0h00.com, et la voici dans l’aventure Amontour. C’est ce que décrit et analyse régulièrement Alain Pierrot sur son blog.

Retrouvez-les, retrouvons-nous, à l’occasion du prochain BookCamp, le 14 juin prochain…

27 réflexions au sujet de « Liseuses : démo surprise de Sony à Digital Book 2008 »

  1. F

    te suis évidemment sur toute la ligne – j’ai prévenu de m’acheter un Sony à NY en juillet, c’est quand même moins cher là-bas

    Hervé n’a pas su me répondre : est-ce que la nouvelle version Bookeen accepte de façon lisible et «  reflowable  » les pdf ?

    accessoirement, tes copains d’Adobe, tu pourrais leur suggérer que Digital Editions ça pourrait aussi tourner sur Mac ?

  2. Alain Pierrot

    To reflow a une traduction naturelle dans le vocabulaire de la typographie, recomposer, on devrait donc utiliser sans problème recomposable.

  3. Aldus

    Mis en rapport avec Laurent chez Bookeen, je vous en dit plus là-dessus très bientôt.

  4. Hadrien GARDEUR

    La version actuelle du Cybook ne fait pas de reflow sur les PDF, non.

    Pour le moment le 505 non plus, mais c’est prévu pour arriver en même temps que le support ePub sur le PRS-505.

    Sinon DE 1.5 est effectivement dispo aussi sous OS X, par contre je crois qu’ils ne sont pas encore sur AIR. Quand ils passeront dessus, ça sera disponible sur l’ensemble des plateformes, à savoir Windows, Mac et Linux.

  5. F

    merci, Guillaume – j’y retourne – la dernière fois que j’étais allé sur site Adobe c’était seulement WIndows

  6. Virginie Clayssen Auteur de l’article

    @tous : ça fait plaisir de vous retrouver sur teXtes, à discuter cuisine. Et pour rester dans le registre culinaire, je me réjouis de vous voir «  en vrai  » bientôt à la Cantine !

  7. Alain Pierrot

    Encore des efforts à faire chez Adobe InDesign pour la sortie ePub, actuellement compilée, et — IMO — inacceptable dans à peu près toutes les fonctionnalités qui assurent la qualité de lisibilité des textes.
    Attention de ne pas se laisser prendre aux sirènes d’un «  rich text  » «  on the cloud  » qui ignorent clairement la plupart des pratiques ou consignes de présentation (respectueuses) des textes aux yeux des lecteurs.

    Une bonne nouvelle quand même de ce côté, il semblerait que AIR/Flash intègre désormais un moteur de composition signé Adobe (bonne référence) mais jusqu’à présent strictement inexistant dans les players Flash.

    Affaire à suivre, sans trop d’illusions sur les enjeux financiers vis à vis de naïfs trop pressés de faire fortune au gré de «  buzz words  » de l’idéologie «  2.0″.

  8. Virginie Clayssen Auteur de l’article

    @Alain : que signifie IMO ? Et aussi, je ne vois pas bien ce que viennent faire les naïfs et les «  idéologues du 2.0′ dans cette discussion dans la cuisine… Est-ce à propos de Air ? Qui fait fortune (à part la dame qui a écrit «  Women and Money  » et moi quand je l’aurai lu :) ) ?

  9. F -> digital editions

    @ Alain : on devrait te construire un monument ou te déclarer, comme au Japon, trésor national vivant ! – mais les comme moi ça attendra que l’ePub leur tombe raide dans le bec via un clic dans le menu d’Acrobat ou d’inDesign… laissons leur le temps

    lien ci-dessus, quelques prolongements perso sur ce pavé dans la mare qu’est le Digital Editions – pour ma pomme, 130 PDF à reprendre en rajoutant les métadonnées, ça compensera la météo du we

    est-ce que vous avez visité de près Over-Drive ? (qui fonce aussi côté Digital Editions)
    http://www.overdrive.com/

    ça recoupe récentes discutes avec Hadrien ou Xavier ; est-ce qu’on ne devrait pas peser pour que pouvoirs publics nous aident à constituer ensemble un tel «  web-service  » qui nous permettrait à chacun de garder notre spécificité de contenus, mais nous permettrait ensemble un dialogue plus fort avec bibliothèques ? – je sais qu’Hadrien était pas convaincu, depuis c’est Alexandre G (fabula.org) qui m’a fait découvrir over-drive…

  10. Virginie Clayssen Auteur de l’article

    Over-Drive est un eDistributeur, avant, on disait un «  agrégateur  », mais depuis l’expérience Gallica 2, le terme eDistributeur semble prévaloir.
    On retrouve dans la distribution numérique des analogies avec la distribution du livre imprimé : certains éditeurs disposeront de leurs propres entrepôts de données, de leur propre «  logistique numérique  », d’autres feront appel aux services d’un eDistributeur. Différents acteurs ont déjà construit des offres, notamment les imprimeurs. (Voir le post d’Alain sur CPI). Numilog est un eDistributeur, qui a aussi une acitvité de eLibraire.

  11. Alain Pierrot

    Désolé, commentaire supra irréfléchi et déplacé.
    IMO = «  in my opinion  » — j’ai aussi droit à qq anglicismes de paresse ? ;-)

    @FB, les monuments me font peur… Quant aux «  trésors vivants  », ne méritent vraiment ce titre que des artistes qui contribuent activement. Cela dit, la reconnaissance institutionnelle par le Japon de «  performances techniques  » liées à des talents individuels indépendamment d’œuvres figées, «  objectivées  » mérite attention, culturellement et socio-économiquement.

  12. Bruno Rives

    Sauf erreur, la première implémentation d’ePub sur Sony ne gère le recomposable (merci Alain) que de la partie texte, ce qui provoque de belles surprises si l’on s’intéresse aux césures, lignes orphelines, et autres enrichissements.

    ePub est nécessaire, mais loin d’être suffisant sur reader pour profiter de l’encre électronique. C’est un peu comme un format audio qui ne permettrait d’écouter que les instruments d’une chanson…
    A priori, Sony ne laissera pas tomber LRF et d’autres formats sont à l’étude. Nous essaierons de montrer des choses au BookCamp, avec des extensions InDesign.

    La gestion d’ePub demande sur reader beaucoup de ressources non seulement processeur, mais des choses comme la gestion de la date, etc. Les modèles de base (GeR2, Cybook, ERead, Nuut,…) n’en ont pas assez.

  13. F -> digital editions

    il serait peut-être temps d’aider Hubert à dessiner le programme du BookCamp, et inscriptions aux ateliers ?
    j’avais pour ma part proposé une séance uniquement pour se MONTRER nos appareils, nos disques durs, nos liseuses
    après intervention de Bruno ai vraiment envie de ce temps moins pour discuter que pour examiner
    ceci dit, ce que tu dis, Bruno, c’est pas hyper rassurant ?

  14. Hadrien GARDEUR

    Pour les lignes orphelines, il y a l’élément orphans en CSS qui doit être respecté pour qu’un lecteur respecte bien le standard OPS.

    Les césures, toujours rien et ça devient gênant (http://blog.feedbooks.com/?p=50).

    La gestion de la date c’est uniquement pour une forme particulière de DRM à destination des bibliothèques. Bookeen avait déjà ce problème avec le Cybook et l’équivalent Mobipocket.

    Pour le CPU ce n’est pas vraiment un obstacle, par contre ce qui pose problème c’est la quantité de RAM disponible. Le PRS-500 ou le modèle EB-100 de base de Netronix (GeR2, Cybook etc…) n’en ont pas assez. Par contre sur le PRS-505 ou l’iLiad pas de problème.
    De toute façon, tout format plus évolué faisant appel à du CSS, voir du XSL-FO avec les extensions de Adobe, devra faire face à ce type de problème.

    @F :
    Pas convaincu pour Overdrive ? C’est pourtant moi qui t’en avait parlé lors de notre rencontre. Je pense qu’au contraire, mettre en place un tel webservice serait tout à fait porteur.

    @Alain :
    Pour le “rich text” “on the cloud” tu désignes quel produit au juste ?

  15. F

    @ Hadrien : oui, ça me revient, mais il y a eu tant de choses dans notre discussion que j’avais zappé, alors qu’Alexandre Gefen avait vraiment insisté sur l’importance qu’il y aurait à disposer en France d’un tel outil – mais on était sur les «  webservices  » et pas sur les «  eDistributeur  » – qu’est-ce que ça changerait la donne si une structure comme Feedbook se lançait là…

  16. Virginie Clayssen Auteur de l’article

    Pour le Bookcamp, j’ai commencé à avancer avec Xavier sur un atelier «  qu’est-ce qu’un site d’éditeur ?  », mais c’est vrai qu’après des échanges intenses il y a trois semaines pas beaucoup de nouvelles sur le Google group.
    J’aime bien l’idée de François d’un «  montre moi ta liseuse je te montre ma bibli sur Digital Editions  ».
    Et le 14 juin, c’est demain !

  17. F

    sur la liste du bookcamp pas vu beaucoup de curieux qui viendraient des maisons d’édition qu’on fréquente ! – peut’être ben qu’on devrait l’inventer, le site d’éditeur 2.0, avec des auteurs fictifs ! toujours l’impression qu’on est heureux comme des rois dans notre campement virtuel, mais qu’Internet ne s’adresse qu’à l’Internet… par contre, ça m’impressionne qu’on soit déjà 80 pour la Cantine, et saint Hubert tout devant

  18. Bruno Rives

    @F
    Je n’avais pas vu ton commentaire.
    Je ne sais pas si c’est rassurant ou non, mais il est évident qu’il y aura plusieurs formats en fonction des éditions, des usages. ePub est peut-être celui qui sera le plus répandu. Sur PC ou hybride PC/reader, certainement, mais sur reader léger, attendons de voir l’implémentation chez Sony, les plates-formes de production/diffusion associées, les coûts à supporter. Et je confirme, car nous l’étudions, le «  viewer  » Digital Edition demande des ressources très importantes.
    En tout cas, ePub est loin de répondre à tout, et tout vouloir lui faire faire serait contre nature. C’est le cas pour tous les supports (y compris le papier), les formats sont fait pour tirer partie de leurs caractéristiques. Et c’est plutôt une bonne chose, les auteurs peuvent laisser libre cours à leur créativité.
    Pour gagner du temps au BookCamp, il faudrait faire quelques vidéos. Nous aurons des contenus enrichis, je vais demander à Sony et Adobe si on peux disposer de quelque chose.

  19. Aldus

    prise en main de la Sony hier, beaucoup de surprise, gestion du pdf absolument désastreuse et en plus c’est gris comme s’il y avait un filtre.
    en revanche une très bonne surprise du côté d’un autre format dont personne ne parle plus mais qui se révèle très intéressant, allez je fais durer le suspense… faites vos jeux… post sur le blog d’ici la fin de semaine.
    réponses cybook dans quelques jours encore

  20. F

    jeux sont faits puisque tu me l’as dit, mais y en a qui vont sauter au plafond, dont HG…

    mais question à Bruno ou autres Savants, s’ils passent : pourquoi le PDF est-il gris sur Bookeen et sur Sony ? – ou alors c’est parce qu’on doit spécifier un «  fonds  » de page blanc et non transparent ?

    si c’est à nous de trouver solution dans préparation des PDF, moi je fonce côté bookeen

  21. Hadrien GARDEUR

    A ma connaissance, l’erreur serait du côté de Sony la dessus. Les ingénieurs d’Adobe s’étaient déjà prononcés je ne sais plus où (Mobileread à coup sur), comme quoi Sony aurait fait une erreur de dithering dans leur implémentation (d’où le côté filtre).

    Ca me parait étrange un tel décalage d’offset avec du dithering mais si c’est ceux qui ont travaillé dessus qui le disent…

    En tout cas c’est très facile à corriger dans ce cas la.

  22. Aldus

    à corriger absolument, grosse faiblesse de la Sony c’est clair, quand on met le même texte sur l’Iliad et sur la Sony, la différence est incroyable ; je vous mettrais les photos en fin de semaine, on n’a plus qu’à faire du Times en Extra Bold ! C’est dommage car le reste de l’ergonomie sur la Sony est très bien, les temps de latence très réduits, j’en garde pour mon blog !

  23. Bruno Rives

    @A Ne charge pas trop nos amis de Sony, ils sont tributaires de l’implémentation co développée par Adobe. Le pb du gris va être réglé.
    Alors, plus d’Iliad, cette fantastique machine?:-)

    Aujourd’hui, il n’y a que deux solutions pour le PDF : soit le Sony, qui gère à priori le mieux marque page et autres facilités de lecture de pdf, et futur support de l’ePub ; soit une transformation en amont pour le Sony comme pour d’autres readers, et qui offre moultes avantages. C’est ce que par quoi je passe.

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