Archives mensuelles : mai 2013

Toi aussi, tu peux écrire une nouvelle fin pour le dernier épisode de Gossip Girl

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Non seulement tu peux écrire une fin alternative au dernier épisode de la saison 3 de ta série préférée, ça, tu pouvais déjà le faire depuis longtemps, et la publier par exemple sur le site fanfiction.net, mais bientôt, tu vas pouvoir la vendre sur Kindle Worlds, annoncé aujourd’hui par Amazon.  Attention, il ne s’agit pas d’un nouveau canal d’auto-édition, mais bien d’un appel aux amateurs de fan fiction afin qu’ils adressent leurs écrits à Amazon. Afin d’éviter tous les ennuis juridiques pouvant découler de la réutilisation de matériel protégé par le droit d’auteur, Amazon a conclu un accord avec les ayants droit de ce qui est désigné par le terme «  World  », et que l’on traduira par Univers. Pour l’instant, Amazon a signé avec Alloy Entertainment, la société qui détient les droits des séries Gossip Girl, Pretty Little Liars, Vampire Diaries, un accord selon lequel les amateurs de fan fiction peuvent utiliser sans crainte d’être attaqués en justice chacun des univers de ces séries pour inventer de nouvelles aventures, des suites, des fins alternatives etc. Les histoires ainsi produites sont vendues, et auteurs comme ayants droit sont rémunérés. La part de revenu versée à Alloy Entertainment n’est pas indiquée, l’auteur quant à lui touche 35% du prix de vente au public pour les titres qui dépassent 10 000 mots, et 20% pour ceux inférieurs à cette longueur. Et aussi, il faut le noter, les auteurs de ces fan fictions cèdent tous leurs droits à Amazon, pour la durée du copyright, et pour le monde entier.

Amazon ne publiera pas systématiquement tous les titres qui lui seront adressés, se réservant le droit d’écarter ceux qui ne correspondent pas aux «  Content Guidelines«  , qui sont les suivantes :

  • Pornographie : nous n’acceptons pas de pornographie ou de descriptions visuelles choquantes  d’actes sexuels.
  • Contenu choquant : nous n’acceptons pas de contenu choquant, ce qui inclut mais ne se limite pas aux injures racistes, aux éléments excessivement violents, ou au langage excessivement grossier.
  • Contenu illégal : nous prenons les violations de la loi et de la propriété intellectuelle très au sérieux. Il en va de la responsabilité des auteurs de s’assurer que leur contenu ne contrevient pas aux lois du copyright, des marques déposées, à la protection de la vie privée, et à d’autres droits.
  • Mauvaise expérience utilisateur : nous n’acceptons pas les livres qui fournissent aux utilisateurs une piètre expérience. Cela inclut pas exemple les livres mal formatés, les livres disposant de titres, couvertures ou description de produit trompeurs.
  • Usage excessif des marques : nous n’acceptons pas l’usage excessif de noms de marques ou l’inclusion de nom de marques en tant que publicité payante ou promotion.
  • Recouvrement : aucun recouvrement entre différents Univers n’est permis, ce qui signifie que votre œuvre ne peut inclure aucun élément issu d’un livre, fim ou autre,  protégé par le copyright venant d’un autre Univers que celui que vous avez initialement choisi.

Encore une fois, Amazon avance à grand pas. On sera attentif à l’accueil qui va être fait à cette offre par les amateurs de fan fiction, et on est assez bluffé de la manière dont Amazon prend les usages réels des auteurs de fan fiction au sérieux, pour bien sûr, on ne se refait pas, imaginer aussitôt des moyens de  monétiser ces usages. Seul un acteur de la taille d’Amazon était probablement en mesure de conclure de tels accords avec les ayants droit d’univers transmedia de renommée mondiale.

Amazon propose aux auteurs de fan fiction,  qui n’avaient rien demandé  et semblaient assez heureux sur leur petit coin de web, une rémunération, perspective à laquelle beaucoup d’entre eux auront probablement du mal à résister. Même si,  pour la plupart, les ventes seront très faibles et les revenus minces. Mais contrairement aux auteurs auto-édités, qui conservent tous leurs droits et à qui il faut, en cas de succès, si l’on souhaite signer un contrat avec eux, verser des à valoir qui peuvent très vite monter si plusieurs éditeurs s’intéressent au même auteur, les utilisateurs de Kindle Worlds se transformeront immédiatement en «  machines à cash  » en cas de très gros succès, directement au profit d’Amazon, qui n’aura absolument pas besoin de proposer le moindre à valoir, ni d’enchérir sur des propositions tierces – les droits auront été cédés dès le départ, droits mondiaux pour la durée du copyright : il fallait y penser.

Le fallait-il vraiment, à votre avis ?

 

 

 

 

 

Hackathon de l’édition à New-York

Vous aimez coder, l’édition, les livres numériques, les métadonnées, les défis, les APIs et les pizzas ?  Vous étiez à New-York ce week-end ?  Alors vous vous êtes probablement retrouvé à l’espace de coworking The Alley, pour participer au Publishing Hackathon. Et si comme moi vous n’y étiez pas, mais que vous vous intéressez au numérique, et à ce qu’il fait ou pourrait faire aux livres, vous avez peut-être suivi le mot-dièse #pubhack et été scruter le site de l’événement.

paidContent en fait un court compte-rendu aujourd’hui, et ça tombe bien parce que je veux faire un billet court, je vais faire des billets plus courts maintenant, pour essayer d’en écrire plus souvent, je suis tellement triste de voir ce blog abandonné, où personne ne tond plus la pelouse, ni ne taille la haie, ni ne repeint les volets…

PaidContent ( vous imaginez en France un site qui s’appellerait «  contenu payant  »… succès assuré…  mais Laura Hazard Owen est à mon avis l’une des journalistes les mieux informées et les plus compétentes dans le domaine du livre numérique…), paidContent donne la liste des 6 finalistes (sur 30 équipes, soit 200 participants, beau succès) :

  • BookCity : un moyen de trouver des livres adaptés à votre destination de voyage.
  • Captiv : vous recommmande des livres en fonction de votre activité sur Twitter.
  • Coverlist : une solution qui se consacre à la navigation parmi les visuels de couverture de livres.
  • Evoke : une manière de découvrir des titres de littérature jeune adulte en naviguant parmi les titres par émotions : «  Les lecteurs peuvent indiquer s’ils préfèrent être inspirés, mis au défi, amusés, ou informés tout au long de leur prochaine lecture, sur la base d’un contenu généré par un «  audience en commun  ».
  • KooBrowser : pratique la recommandation de livres sur la base de vos habitudes de surf sur le web.
  • LibraryAtlas : une solution de découverte de titres basée sur la géolocalisation.

Eric Hellman, qui y a participé, donne une liste complète des projets et détaille le sien sur son blog. Il écrit également, et je conclurai ainsi ce billet, dont j’ai annoncé qu’il serait court :

«  Il est intéressant de noter que sur 30 projets, seulement 3 concernent les livres numériques, ce qui me semble un peu idiot, si l’on considère l’importante transition que vit aujourd’hui l’industrie du livre, du papier vers le numérique. Ce qui domine ce sont les applis (7), les sites web (21), et c’est en partie dû au fait que le thème du hackathon était la découverte des livres, mais cela en dit aussi un peu sur l’univers des nouvelles technologies. Ce à quoi les entreprises technologiques s’intéressent aujourd’hui, c’est aux applis, et aux sites webs, pas aux livres numériques. Vraiment, la communauté issue du monde de l’édition qui travaille sur le développement de livres numériques et des standards du livre numérique devrait s’adresser plus fortement aux développeurs : ce hackathon a été un premier pas.  »