Second Life, c’était bien

Article sur Second Life dans le Figaro, signé Alain Monnier. Évite deux écueils qui guettent ce genre d’exercice : technophilie béate  (sur SL on peut… on peut….) et dénigrement systématique (Attention danger, risque de déréalisation, idéologie douteuse, commerce, exploitation de votre crédulité).

Alain Monnier a publié il y a quelques mois un autre article sur le même thème sur le blog en français de Second Life, une sorte de «  journal du nouvel arrivant  ». Intéressant de comparer l’article destiné au Figaro et celui destiné au blog : ton, style, longueur.
Il anticipe ainsi sur la nostalgie future des early adopters de Second Life :

«  C’est un univers de pionniers. Je ne peux m’empêcher de penser que, dans dix ans, les plus chevronnés d’aujourd’hui se rappelleront cette époque avec nostalgie. Peut-être éprouveront-ils de la déception ou une légère déprime devant les images trop parfaites, les temps d’attente inexistants, les mimiques expressives de leur avatar ?

Je les imagine en train de dire « Dans les premiers temps, l’image n’était pas parfaite, on ramait pour passer d’une région à une autre, fallait l’agrégation pour trouver quelque chose dans son inventaire, mais. », et derrière ce « mais », il y aura des milliers de mots qui s’entrechoqueront pour essayer de faire comprendre le charme des débuts, aux plus jeunes qui les regarderont avec un air légèrement accablé.  »

N’est-ce pas  typiquement une idée de «  old world guy  » ? ( Le Figaro, quand même…). Est-ce que les «  gamers  » ont vraiment la nostalgie des versions moins performantes de leurs consoles ?

Vous vous imaginez, vous, en train de casser les pieds à vos petit-enfants avec vos souvenirs de pionnier de Second Life ?

7 réflexions au sujet de « Second Life, c’était bien »

  1. a.pierrot

    Il y a beaucoup de «  gamers  » qui restent attachés à d’anciennes versions de jeux (Sim City, Civilization, Heroes, …) tout en pratiquant les versions les plus récentes.
    Vernor Vinge thématise le problème au niveau des interfaces (Windows ME pour rescapé d’Alzheimer en 2025…) et du vieillissement dans son roman Rainbows end (résumé critique ici et .
    (En plus, il y a beaucoup de choses sur les avatars, l’habillage de la réalité qui peuvent venir en écho aux remarques de Monnier sur SL.)

  2. Hadrien GARDEUR

    La nostalgie des «  gamers  » est un phénomène très courant. En ce moment il y a auprès de pas mal de trentenaires un phénomène qu’on nomme «  retro-gaming  » poussant ses joueurs à retourner à leur Atari ou leur NES. Alors qu’avant on se débarassait de ses vieux Pac-Man et de ses jeux SNES pour une bouchée de pain sur Ebay, il y a maintenant de véritables chasseurs de jeux retro.

    Ceci dit, ce phénomène de retro-gaming colle assez peu avec l’article ci-dessus. Mis à part le côté nostalgique qui joue beaucoup on est pas dans le même contexte exactement que Second Life. Pour ces jeux massivement multi-joueur quand on parle d’améliorations et de nouvelles versions, c’est essentiellement sur les graphismes ou la vitesse à laquelle tout ce petit monde tourne. Le retro-gaming est plutôt centré sur une autre idée des jeux vidéo, où l’essentiel du gameplay était minimaliste mais accrocheur et pouvant demander des années d’entrainement avant d’être au top. De nos jours, les jeux sont plus centrés autour d’une expérience quasi-cinématique ou des éléments de gameplay ne demandant pas le même savoir faire de la part du joueur.

    Le retro-gaming est très loin d’avoir mauvaise image ce qui est amusant car les jeux en général véhiculent une image très «  geek  ». Le retro-gamer moyen, c’est assez souvent le directeur artistique d’une boîte de pub à la mode sur Paris (je donne à peine dans le cliché, j’en ai croisé plus d’un comme cela) qui passe son temps à collectionner des Qee et à siroter des cocktails aux soirées Ed Bangers.

  3. Virginie Clayssen Auteur de l’article

    Effectivement. C’est une des particularités du web : la possibilité pour les personnes issues d’une génération d’accéder à ce qui occupe et préoccupe la génération suivante. (L’inverse n’est pas vrai : la génération suivante se soucie assez peu de savoir ce qui préoccupe la précédente…).

    À ce propos, un article intéressant de Jean-Michel Salaün.

  4. Mascottus Phlox

    Qui n’a jamais écouté un bon fichier wav avec le son d’un modem 33.6 ou d’un 56 flex ? Le son d’un minitel au moment où il accroche la porteuse est aussi pleine de souvenirs… Donc, oui, il peut y avoir de la nostalgie… Idem pour les vieux sites web (version IE 3, avant le javascript…). Donc ce sera la même chose pour Second Life. D’ailleurs, pour le 4ème anniversaire, des SIM avaient été reconstruites comme elles étaient quelques années avant… Et la référence au web me semble plus pertinente que celle aux jeux ;-)

  5. Virginie Clayssen Auteur de l’article

    Sur Second Life :
    SIM : Simulateur ou encore Région. Ensemble des parcelles appartenant à une même carte. Une région a une limite totale de 15000 primitives, représente une surface totale de 65536m² et peut accueillir jusqu’à 100 avatars simultanément (limite fixée par le propriétaire dans le cas d’une région privée). Chaque serveur peut faire tourner 4 régions.
    (Définition trouvée sur un «  lexique SL  » sur http://forums.jeuxonline.info/showthread.php?t=686294#S)

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