FB sur FB

martinefacebook.jpg Bon, je pille Olivier Ertzscheid pour faire un clin d’oeil à François Bon, mais il faut lire chez le premier les dernières nouvelles de Facebook et chez le second les réponses qu’il adresse à une journaliste de l’Express à propos dudit FB , auquel il a ajouté un bref échange entre «  friends  » à propos de… Facebook. (Ouf !)
Je ne m’inquiète pas pour nos blogs. Facebook ne remplace ni ne vide ni ne nous détourne de nos blogs. Facebook c’est un peu comme Vélib. C’est pratique, ça a l’air bête (ils ont qu’à avoir un vélo à eux m’enfin quoi), et puis le jour où on a raqué ses 30 euros et qu’on a la petite carte qu’il suffit de poser sur la borne pour déverrouiller un vélo, à l’usage, on s’aperçoit que c’est pratique, bien plus pratique qu’un vélo à soi. On n’en a pas la responsabilité, on peut s’en servir à l’aller et pas au retour, on peut mixer bus / vélo / métro / marche à pied, on rigole souvent avec d’autres vélibistes sur les pannes, la casse, les fois où on n’a pas trouvé de place ou pas trouvé de vélo.

Facebook, c’est un peu les transports en commun du Web. On y rencontre du monde. On peut y être importuné. Il y a des jours où ça vous énerve. Et puis ça permet aussi des rencontres, des déclics, une convivialité de «  deuxième cercle  », comme dit André Gunthert, pas désagréable, pas transcendante non plus.

Tout le monde râle sur l’interface moche. Je ne suis pas d’accord. Cette interface est d’une ergonomie simplissime, ce qui est tout de même l’essentiel pour une interface. Elle est sobre, elle agrège en les unifiant de façon plutôt élégante les applis et apports des utilisateurs. Et à tout prendre, je préfère le bleu Facebook au beigeasse des Vélib. (Pour ceusses qui vivent loin de Paris, c’est ce qu’on peut faire de plus proche d’une non-couleur…).

5 réflexions au sujet de « FB sur FB »

  1. benjamin

    va pour le bleu préférable au beigeasse — mais pour l’instant je suis plus satisfait de mes 29 € dépensés pour mon abonnement Vélib que de mes 0 € dépensés pour m’inscrire sur facebook. Bon, faut attendre que le truc se stabilise, mais je n’ai pas encore vraiment saisi ni l’intérêt, ni l’intérêt potentiel. Microsoft ou pas, en l’occurrence, ça n’y change pas grand’chose. À suivre, donc.

  2. FB

    ce qui m’intéresse quand même chez face bouc, c’est comment on pourrait transférer le même genre d’applis et d’info temps réel sur nos blogs – ça oblige à penser le web différemment, donc j’y reste en observateur – mais quelle dérision toute cete technologie pour un peu de pub et des gadgets dont ne voudraient pas mes gosses, pas plus que cette flambée de faux Martine d’ailleurs (encore celui que tu fabriques à mon usage n’est pas vulgaire, c’est déjà ça!) – je retourne rentrer mon bois

  3. Jean

    Véliberté, mégalité, maternité. À la bourre ce matin. Merde. À peine le temps de m’intuber quelques secondes sous la machine à expresso. J’enfile mon jean cintré : sophistiqué, urbain, plus sombre, plus qualitatif, résiné, trop distingué, technologique, authentique et saturé. Dans la rue, trop fort, il reste un vélib accroché à sa borne. C’est parti ! Je m’envie. J’suis pas le seul. Des propriétaires de vélos, les pauvres, me dépassent. Il savent que je suis devant. Le XXIème, c’est moi. Au boulot, intubation plus longue. La caféine commencent à agir. iMac ouvert, je socialise, je créative, je renouvelle les usages, je bouge avec, j’ai le coeur en fête, et les amis de mes amis sont mes amis. C’est pas du boulot ? Mais si, c’en est, justement !

  4. Virginie Clayssen Auteur de l’article

    @Benjamin : se souvenir du contexte de création de Facebook : Aiu départ c’est un truc de jeunes, c’est un truc de diplômés (d’Harvard), c’est un truc de privilégiés, c’est un truc pour gens jeunes, diplômés, privilégiés. Un truc pour des mômes qui ont des amis dans le monde entier, parce qu’ils ont fait un stage aux US (ou en Europe pour les Américains) pendant leurs études.
    D’où les «  gifts  » de potaches, les applis «  spéciales régression  », les vampires etc..
    Il faut être encore un peu bébé et avoir été très «  chouchouté  » pour remplir son «  status  » en pensant sincèrement que ce que l’on est en train de penser et de faire là tout de suite maintenant intéresse qui que ce soit.
    Ou bien, il faut avoir «  numérisé  » son réseau d’amis, amis dont on peut penser qu’ils sont satisfaits de conserver avec vous une sorte de contact un peu «  courant faible  », entre les moments d’amitié plus intenses vécus en live.
    En ce qui me concerne, je n’ai pas «  numérisé  » mon réseau d’amis, car la plupart de mes amis ignorent l’existence de Facebook et je n’ai aucun désir particulier de les y inviter. Je me suis fait des «  friends  » sur Facebook, d’accord avec François pour dire des «  connaissances  » ou des «  relations  » plutôt que des amis. Je suis venue sur Facebook, comme plein de gens qui ne rentrent pas dans la catégorie «  étudiant ou jeune diplômé  » pour voir ce que c’était, comprendre ce qui pouvait bien s’y passer, observer.
    Peut-être est-ce finalement cette catégorie d’observateurs de Facebook qui reste la plus dubitative face au phénomène : notre regard critique glisse sur l’interface lisse, on se trouve brutalement confronté à ce mélange de  technicité et de vacuité, on constate au début une légère addiction, teintée de doutes. La première chose que j’ai pensé de Facebook c’est que de tous les «  objets sociaux en ligne  » que j’ai pu expérimenter, c’est celui qui avait le ratio le plus performant «  effort fourni / activité générée  ». Pour plusieurs raisons : comme c’est une plate-forme et qu’il est très simple d’avoir de nombreux friends (peu de gens refusent une demande), la majeure partie des mises à jour sont fournies par autrui. De plus, comme c’est un agrégateur, une animation automatique se crée avec des applis comme «  flog  », sans qu’il soit nécessaire de publier directement quoi que ce soit.
    Il est simple de se connecter de temps en temps à Facebook, d’y jeter un coup d’oeil distrait, de se marrer en lisant un status astucieux, d’apprendre qu’untel a updaté son blog, que truc a posé une question, que machin s’est inscrit au groupe truc. Chaque info tient sur trois lignes maxi. On n’est pas obligé de cliquer sur les liens. Parfois, une demande de «  friendship  » atterrit dans votre boîte à lettres : si le nom est inconnu, un coup de google pour essayer de voir qui c’est, ou une petite question «  on se connaît ?, ou bien on accepte tout le monde comme friend (Facebook, ou l’audimat à la portée de chacun).
    Ce n’est pas «  très intéressant  ». C’est curieux et vraiment nouveau. C’est très neutre aussi et ça se prête au détournement. C’est rien que du code vraiment plutôt astucieux.

    @François : je n’arrive pas très bien à comprendre pourquoi tu aimerais greffer des fonctionnalités de Facebook sur ton propre site. C’est un peu comme si tu voulais faire arriver directement l’ascenseur de l’immeuble dans ton appartement (même si tu vis dans un maison, sinon comment pourrais-tu écrire que tu vas rentrer ton bois…)

    Facebook n’existe que par ses fonctionnalités, et nos sites ou blogs n’existent que parce que nous écrivons dedans, et que certains viennent y écrire également. Il n’y a pas besoin d’écrire beaucoup dans Facebook. A peine quelques caracères de temps en temps, et le logiciel fait le reste. C’est ça qui est fascinant, en fait. C’est le logiciel en prolongement direct de certaines de nos envies, parfaitement adapté à elles. (S’interroger sur ces envies, c’est bien sûr possible, mais c’est un autre débat).

    Nos blogs vivent de nos textes, de ceux de nos visiteurs, et des liens que nous y posons. Facebook ne vit que de liens, avec très peu de texte autour.

    Facebook propose une sorte de flux, avec quelques points communs avec la télévision à certains égards : lorsqu’on éteint la télé, les programmes continuent. Lorsque on se déconnecte de Facebook, des interactions s’y poursuivent. Une drôle de télé (presque) sans image dont nous sommes les héros.

    Enfin : désolée pour ce Martine, ça m’a échappé lorsque j’ai vu l’image sur le site d’Olivier, j’ai pas pu m’empêcher de faire ce petit coup de Photoshop, en me disant «  Virginie, tu exagères quand même un petit peu…  » Etonnant d’ailleurs de voir à quel point le «  Martine’s cover maker  » a eu du succès : reçu ce jour un mail pour me le signaler + un message dans Facebook.

    @Jean : non pas @Jean.

  5. FB

    oui, on avance, et t’inquiète pour Martine :-) j’aime bien l’histoire de l’ascenseur – en ce moment je me pose pas mal de questions sur l’interactivité – je ne mets pas de commentaires (je l’avais fait au début, j’ai enlevé) avec mes articles, parce que difficiles à gérer, parce que pas forcément dans le même espace de permanence et de prise de parole – j’ai un «  forum  » libre inscription, que j’ai bien du mal à défendre des spammeurs, et qui ne vit pas comme je le souhaiterais – du coup, c’est vrai que les outils «  temps réel  » de face book me semblent à une génération d’écart, mais pas question pour autant d’inviter les participants à mon forum à le saborder et venir ici – inversement, les «  groupes  » face bouc me semblent vraiment impossibles à faire décoller – on y verra plus clair après une semaine de vacances, c’est sûr

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