Le dernier des écrivains heureux

Préparant une intervention que je dois faire la semaine prochaine à l’HEAD de Genève, dans un séminaire qui porte le nom prometteur de CCC – critical curatorial cybermedia, je décide de commencer par parler du cloud computing. Quelques slides plus tard, faisant une pause, je reprends la lecture de «  Docteur Pasavento  » d’Enrique Vila-Matas. Je tombe sur ce passage, que je décide de recopier immédiatement en exergue de ma présentation :

Il a de nouveau levé les yeux puis il a dit : « Je suis le dernier des écrivains heureux. » J’allais l’interroger sur le sens de la phrase quand il a ajouté : « Par exemple, j’adore les nuages. Un nuage peut être aussi sociable qu’un bon compagnon muet. »

Sont-ils des «  écrivains heureux  », ceux qui nous ont lu leurs textes vendredi ? Je devrais demander à mon fils, qui est venu les écouter avec moi, et qui planche aujourd’hui sur un commentaire de Sénèque, discutant du bonheur. Ils m’ont procuré en tout cas, chacun, un vrai moment de bonheur, je ne le dis pas dans mon billet précédent, c’est idiot.

3 réflexions au sujet de « Le dernier des écrivains heureux »

  1. F

    aurait-il lu ceci, Enrique ? probablement !

    – Qui aimes-tu le mieux, homme énigmatique, dis ? ton père, ta mère, ta sœur ou ton frère ?
    – Je n’ai ni père, ni mère, ni sœur, ni frère.
    – Tes amis ?
    – Vous vous servez là d’une parole dont le sens m’est resté jusqu’à ce jour inconnu.
    – Ta patrie ?
    – J’ignore sous quelle latitude elle est située.
    – La beauté ?
    – Je l’aimerais volontiers, déesse et immortelle.
    – L’or ?
    – Je le hais comme vous haïssez Dieu.
    – Eh ! qu’aimes-tu donc, extraordinaire étranger ?
    – J’aime les nuages.. les nuages qui passent… là-bas… là-bas… les merveilleux nuages !

    merci pour vendredi soir !

  2. PhR

    on a pu se repasser l’heure enregistrée de la soirée, encore et encore, sans y avoir assisté, ce qui ne signifie pas sans l’avoir vécue !

    salut d’un qui se laisse dématérialiser le papier, et rematérialiser le texte sur toutes le fenêtres de la ville, et d’ailleurs… les nuages… les nuages qui passent… là-bas… là-bas… les merveilleux nuages !

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