Archives mensuelles : juin 2007

une application avec un nom de barre chocolatée

Et voilà, c’est dans la feuille… Le buzz à propos de twitter se répand au delà de la microsphère 100% geek.

Amoureux du livre et des nouvelles technologies, dont les lectures oscillent entre «  Ajax le guide complet  » et «  Au dessous du volcan«  , et dont l’agrégateur rss mélange des fils éclectiques, allant de techCrunch et Cavazza à Tiers Livre et Remue.net, vous lisez depuis un moment des billets à propos de ce nouveau service un peu déroutant. Comme moi peut-être, vous êtes allé lire par curiosité la page twitter de quelque gazouilleur dont on vous aura fourni le lien. Et là, la tentation est forte de s’écrier : twitter, moi, jamais !
Est-ce que twitter est réservé à des usages commerciaux, (le service Amazon cité par Hubert) ou à l’usage personnel qui rappelle un peu la téléréalité de gens qui crawlent dans le web2.0 et souffrent du jet-lag ?

Qui peut imaginer avoir envie de se connecter sur une page twitter pour lire :
«  le bus 27 avait un peu de retard. Zut, je n’ai pas trouvé de place assise  »
«  presque personne à la cafèté, je feuillette 20 minutes. Zut, mon chef m’a vu.  »
«  mon rendez-vous s’est mal passé à l’ANPE. Ils veulent me sucrer mes indemnités.  »

Mais voilà, twitter arrive, et permet de faire quelque chose qu’il était auparavant radicalement impossible de faire. Une sorte de mix de SMS et de MSN. Et la liberté est totale de s’en emparer pour faire circuler les micro-textes de notre choix. Ils pourront être utiles ou futiles, sérieux ou légers, poétiques, séditieux…

Les plus anciens vestiges connus de l’écriture sont relatifs à des écrits comptables. Il aurait été dommage que les poètes s’en interdisent l’usage en s’écriant :   » l’écriture, c’est un truc de comptables, ça. Moi, je chante et je raconte des histoires, je ne compte pas des brebis…   » (toutes proportions gardées, bien sûr, je ne suis pas en train d’affirmer que l’apparition de Twitter aura pour l’humanité les mêmes conséquences que l’invention de l’écriture…)

Autre application qui suscite beaucoup d’intérêt : facebook. (Voir l’article sur Transnet , u n autre sur le blog du moteur Exalead, et une discussion à propos de facebook sur un blog québecois )

Des «  social utilities  » existent aussi dans la bouquinosphère : library thing, agora des livres, et bientôt, babelio.

Et vous, que pensez-vous de ces tendances liées à la sociabilité virtuelle ? Vous pratiquez ? Vous testez pour voir ? Vous vous dites : «  encore des gadgets 2.0″ ?

Bouquinosphère, le film

Vous lisez. Votre lanterne magique intérieure se met en marche. Les personnages prennent vie dans votre imagination. Leurs traits peuvent demeurer indistincts, vous leur attribuez cependant à chacun une personnalité unique, ils ont dans votre esprit un timbre de voix, une qualité de présence particuliers.

Vous allez voir au cinéma une adaptation de ce roman que vous avez lu. Quelle que soit la qualité de cette adaptation, elle fera en quelque sorte violence à ce théâtre que vous aviez bâti, lecteur solitaire. Si le film est bon, vous abandonnerez sans regrets vos fantasmagories pour accepter que les personnages soient incarnés par tel acteur, ou vous conserverez en mémoire deux versions distinctes de l’histoire, la vôtre, intime, et celle du réalisateur, partagée.

Rencontrer brutalement, à l’occasion d’un rendez-vous organisé, tout un groupe de personnes dont vous lisez les écrits depuis longtemps, avec qui vous avez échangé, d’un commentaire à un lien, de blog à blog, procure une impression un peu similaire.

Vous vous faisiez inévitablement une image des habitants de la «  bouquinosphère  », image un peu floue : ce qui comptait pour vous c’était simplement ce que ces personnes écrivaient. Et ce qui se substitue, en cette soirée du 12 juin, à cette image, ce ne sont pas des incarnations alternatives issues de l’imagination d’un cinéaste, ce sont tout simplement des personnes réelles, des personnes «  en vrai  ».

J’ai apprécié cette rencontre «  en vrai  » avec ces amoureux du livre et de la littérature, avec ces explorateurs, souvent pionniers, du web et des nouvelles technologies. Et je tire mon chapeau au metteur en scène : adaptation réussie.

le blog du livre de l’auteur du blog « boing boing »…

Il y a les livres. Il y a les blogs. Il y a des livres faits à partir de blogs. Il y a des blogs qui parlent de livres. Il y a aussi le blog du livre de l’auteur d’un blog… Mmmm ? Vous suivez ? J’explique.

bblogo4.gif est un blog très populaire aux USA. Il traite de «  curiosités culturelles et de technologies intéressantes  ». L’un de ses deux co-auteurs, Mark Frauenfelder, vient de publier un livre : «  Rule the web  », un guide permettant à chacun de tirer le meilleur parti de son PC et d’internet. Pas le premier sur le sujet.
rule_the_web.gif

La publication du livre, annoncée sur boing boing, évidemment, s’accompagne de l’ouverture d’un blog «  ruletheweb.net  » . Accompagner un livre d’un blog, on a déjà vu ça. Dunod le fait : ici et ici. Et bien d’autres.

Il sera peut-être intéressant de regarder en détail le contenu et l’évolution de celui-ci, parce qu’il est réalisé par quelqu’un qui tient un blog depuis fort longtemps (blog qui caracole dans le troupeau de tête sur Technorati) et connait bien les règles du genre.

Et aussi, un petit cadeau pour vous, trouvé sur «  rule the web  » : un nouveau raccourci clavier très pratique pour les blogueurs, et que je ne connaissais pas : pom + L (mac) ou Ctrl + L (windows), qui sélectionne le texte contenu dans la barre d’adresse de votre navigateur, adresse que l’on copie-colle fort souvent lorsque l’on blogue… Je ne savais pas non plus, mais vous peut-être si, que l’appui sur la barre espace permet de scroller vers le bas lorsque l’on est sur un site web.

éditeurs américains facétieux

Un article de Richard Charkin, de chez Macmillan, qui relate comment celui-ci, accompagné d’un camarade, déroba sur le stand de Google sur Book Expo America un ordinateur portable non protégé contre le vol, et attendit à quelques mètre des lieux de son forfait plus d’une heure qu’on vienne lui demander de le restituer, ceci au prétexte qu’il n’était pas indiqué qu’il était interdit de voler cet ordinateur.

On saisit l’allusion aux pratiques googliennes, qui consistent à numériser d’abord (les fonds des biblothèques qui signent avec Google) et accepter de retirer de leur base de données les ouvrages que les éditeurs leur signaleraient :

Notre justification pour ce comportement criminel ? Le propriétaire de l’ordinateur ne nous avait pas demandé de ne pas le voler. S’il avait agi ainsi, nous ne l’aurions pas volé. Quand il nous a demandé de le restituer, nous l’avons fait. C’est exactement ce que Google espère que les éditeurs vont accepter, en matière de respect pour la propriété intellectuelle.

Cet article a déclenché une salve de commentaires (56) dont certains plutôt virulents, parmi lesquels celui-ci par exemple (traduction maison) :

Si vous souhaitiez faire goûter à Google la même potion, vous auriez dû faire des copies numériques de petits morceaux des ordinateurs portables, et mettre à diposition un lien vers un revendeur chez qui il serait possible d’acheter la machine entière. Vous autres gens des vieux medias vous ne pouvez vous faire à l’idée que Google est l’un des meilleurs outils marketing dont vous disposez, et que cela ne vous coûte pas un centime.

«  Gens des vieux medias  » sonne moins bien que la VO : «  you old media guys !  » Lire la suite

prof2 céfran

cfran.jpg

Au journal télévisé ce soir, le traditionnel reportage, deux jours avant le bac, qui fait écho aux préoccupations quotidiennes des Français. Thème : comment certains professeurs se mobilisent pour aider leurs élèves dans leurs révisions et leur préparation à l’épreuve. Le dernier exemple, un prof de français qui donne à ses élèves son numéro de téléphone, et son adresse msn, à laquelle elle est joignable 1/2h chaque soir, pour répondre aux questions des élèves qui font leurs révisions. Comme c’est à la télé, on la voit devant son PC, on voit l’écran ou on peut déchiffrer des bouts de messages, dont son pseudo : «  prof2 céfran  », je trouve ça un affreusement démago mais mes ados trouvent cool. «  N’hésitez pas  », l’entend on dire «  en vrai  » à ses élèves, «  à me poser des questions, et même si je l’ai dit trois fois en classe je le répèterai une quatrième fois pour vous.  » Quand besoin est, elle ajoute en pièce jointe au message msn un extrait de son cours. Pour les dissertations, les élèves rendent leur devoir sous forme d’un fichier texte, encore à l’état de brouillon , que le prof peut annoter, et l’échange se fait alors plusieurs fois, le prof aidant réellement l’élève à améliorer progressivement son devoir lui-même.

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édition sans éditeurs

J’emprunte à André Schiffrin le titre de l’un des livres qu’il a écrits, après en avoir publié de très nombreux, pour vous encourager à aller lire l’article de Clément Laberge intitulé : «  Avec Internet on n’a plus besoin d’éditeurs !  ». Derrière ce titre un brin provocateur , l’auteur, directeur du développement numérique d’un groupe d’édition, adopte une forme qui, du point de vue pédagogique, a fait ses preuves : Il nous invite chez lui, un dimanche matin, pour l’écouter parler avec ses enfants de son travail :

— Alors ton travail c’est d’aider les éditeurs à faire des livres sur Internet?, demande Capucine, comme pour vérifier qu’elle comprend toujours où j’en suis dans ma réponse à sa question.

— On peut dire ça. Sauf qu’un livre sur Internet, ça ne ressemble pas toujours à un livre. Bien sûr, c’est fait avec des idées, des mots et des images, mais cela peut aussi contenir des sons, des vidéos, des activités comme celles de certains de vos jeux vidéos. Transformé pour Internet, un manuel scolaire pourrait prendre bien d’autres formes, et peut-être même inclure des moyens de communiquer avec d’autres gens qui apprennent en même temps que nous, ou faire des projets avec d’autres classes ailleurs en France ou ailleurs dans le monde. On peut penser, par exemple, que les enseignants et les élèves pourraient transformer les manuels scolaires pour les adapter à leur goût, ou pour qu’ils s’adaptent à leurs difficultés.

— Et pourquoi on n’en a pas dans notre école de livres comme ça ? demande Étienne, grand amateur de jeux vidéo.

— Eh bien justement, imaginez-vous donc que les éditeurs sont encore tout juste en train d’apprendre comment on peut faire des livres de ce genre, on ne le sait pas trop encore. Je les aide à le faire, mais c’est encore un peu compliqué…

Voyez la suite, (ou : «  quand, resté seul, l’auteur se plonge dans la réflexion…  »), et dans les commentaires, celui de Laurent Capéraà. Je partage son avis sur quelques points. Comme lui, j’ai constaté que très nombreux sont encore les gens qui s’imaginent qu’une bonne formation à Photoshop permet de faire une bonne image, une bonne formation à Flash permet de faire une bonne animation etc. On aime toujours la magie, on a envie que les outils soient magiques, que l’appareil photo nous transforme en photographe (ou le robot ménager en cuisinère… j’ai essayé, ça ne marche pas…).

Laurent et Clément se rejoignent sur un point : il faut du temps. Il faut du temps pour apprendre et transmettre. L’école s’inscrit dans ce temps long de l’enfant qui grandit, de l’ado qui se construit. Alors que le web et les nouvelles technologies s’inscrivent dans un temps nié, dans une vitesse hallucinante : des projets se montent en quelques semaines, les matériels sont caducs avant qu’on ait pu finir de les payer, et dans les entreprises on se demande où est passé quelqu’un qui n’a pas répondu à un e-mail dans le quart d’heure qui suit son envoi. Le web est probablement encore largement animé d’une part par des gens dont le web est le métier, d’autre part par des jeunes dits «  digitals natives  ». Pour les autres, qui forment la majorité, ce temps du web est dérangeant, trop rapide : il les bouscule, il est anxiogène. C’est en acceptant cela que l’on pourra le mieux accompagner le changement, et non en utilisant des incantations du type «  c’est facile, on peut tout faire, c’est super simple…  »

Ce n’est ni facile, ni simple. C’est intéressant, ça s’apprend. Et ensuite, ça devient facile. Quand on a appris. Quand on comprend. Quand on maîtrise un peu. Quand on est devenu un «  good enough user  ». Elle est pas jolie cette petite formule en anglais pour conclure mon post article ?

Web 2.0, partage, base de données, éditeurs, etc.

Sur la Feuille, Hubert Guillaud partage avec nous non seulement un slide-show réalisé à l’occasion d’une intervention qu’il a faite sur le web 2.0 et le livre,  »web 2.0, le livre en interaction  » mais également les commentaires qu’il y a associés, c’est à dire des textes non destinés à priori à la publication. Si je me permets de reprendre le contenu de son premier commentaire, c’est que je trouve qu’il condense des problématiques souvent discutées séparément, mais rarement connectées entre elles comme elles le sont dans ce texte «  brut  ».

«  Le livre devient encore plus qu’avant un objet social… Le livre n’est plus un produit enfermé dans une base de données commerciale. Mais cette base de données commerciale devient le système autour duquel se structure l’interaction avec le livre et son auteur, avec le libraire et la librairie, avec le bibliothécaire et la bibliothèque, avec l’éditeur et le diffuseur. Nous sommes dans des discussions, des conversations et ce sont elles qui sont au coeur de la vie du livre. Il faut encore les mesurer, analyser leur impact bien sûr…

Bémol : où sont les experts du livre ? Ou sont les éditeurs ? Où sont les auteurs ? Où sont les libraires ? Où sont les bibliothécaires ? Sans minorer les expérimentations en cours, il faut comprendre que cette interaction autour du livre ne se fera pas sans eux. Ces systèmes, par leur limites on l’a vu, ont besoin d’eux. « Si vous avez aimé tel livre, les libraires, les éditeurs, les auteurs vous recommandent… »
Nouvelles manières d’entrer dans le livre, nouvelles interactions, qui n’enlèvent rien à ce qui existe, mais permettent d’imaginer ou d’élargir les déclinaisons, qui réinterrogent la dimension production (impactent le format des oeuvres, comme l’imprimerie à impacté le format des livres) comme la diffusion (explosion des curiosités, effet «  longue traîne  » qui modifie la façon de faire des livres : expérimentations ouvertes).  »

Je frissonne un peu à l’idée que toute l’interaction autour du livre se structure autour d’une base de données commerciale. Quelque chose semble disparaître dans cette définition. Une certaine idée de la lecture, de la splendide solitude du lecteur. Mais aussi solitaire soit-il, notre lecteur a acquis l’ouvrage qu’il est en train de lire, et bel et bien alimenté et utilisé d’une manière ou d’une autre cette «  base de données  ».

Où sont les éditeurs ? Ils arrivent ! Ils refondent leurs sites. Certains signent avec Google, d’autres non. On embauche. On crée des sites qui promeuvent ou prolongent des collections ou des livres. Des Américains développent des widgets. Ici, on publie un blog lié à un ouvrage. Là, des interviews d’auteurs.

Et oui, bien sûr, au coeur de ces initiatives, on trouve pour chaque éditeur une base de données, celle de son catalogue sur laquelle vient se greffer chaque action, chaque interaction.

Aller plus loin, c’est faire en sorte que cette base ne vienne pas buter sur la page de couverture (titre/auteur/prix/nbre de pages/date de parution) mais offre la possibilité de feuilleter le livre, de découvrir des extraits, un sommaire. C’est aussi pour certains ouvrages la numérisation et la structuration qui permet d’envisager des publications multisupports : dès lors, le livre ne se contente plus de «  figurer  » dans une base de données, il en constitue une.

C’est aussi oser ouvrir progressivement ces espaces virtuels encore en cours d’exploration à de nouvelles formes d’échanges avec les lecteurs, utilisateurs, clients, visiteurs…

Billet un peu désordonné, basé sur un détournement de commentaires de slides … Exceptionnellement vous avez droit, vous aussi, pour vos commentaires, au style télégraphique, au coq à l’âne, à l’énonciation d’idées pas tout à fait finies de penser…