Interview d’Adrian Hon, à propos de « We Tell Stories ».

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«  We Tell Stories  », c’est le nom du site événementiel que Penguin a ouvert cette semaine. 6 textes classiques, 6 auteurs contemporains invités à revisiter ces classiques, et à raconter une histoire, en faisant appel aux possibilités offertes par Internet. Un concours, également, permettant au gagnant de remporter une bibliothèque de 1200 ouvrages.

Il se trouve que le site «  We Tell Stories  » a été réalisé par Six to Start, une société fondée par Adrian Hon, expert des jeux dits «  ARG  », pour Alternate Reality Games, (jeux de réalité alternée). J’avais traduit dans teXtes il y a quelques mois un long texte qu’Adrian Hon avait publié sur son blog, lorsqu’il avait fait l’acquisition d’une liseuse, et imaginé l’impact que le développement du livre électronique pourrait à terme avoir sur l’édition. Depuis cette traduction, il était un Facebook friend, et je lui ai demandé s’il accepterait de répondre à quelques questions au sujet de We Tell Stories. Le premier des 6 récits est en ligne depuis le 18 mars. Adrian et son équipe ont réalisé une très belle application basée sur l’histoire écrite par Charles Cummings à partir du livre «  les 39 marches  », et intitulée «  les 26 marches  ». Adrian a fait de Google Maps une utilisation saisissante, allez voir  !

Comment est né ce projet ?
Penguin a toujours été très intéressé par de nouvelles formes de narration – l’an dernier ils avaient créé un roman wiki intitulé A Milion Penguins – ils voulaient trouver moyen de faire travailler quelques uns de leurs meilleurs auteurs avec Six to Start (dont je suis le Directeur Artistique), pour produire de nouvelles formes de récits, des histoires qui ne pourraient être racontées que sur le web.

En d’autres termes, plutôt que de demander à leurs auteurs d’écrire une histoire normale qui serait ensuite mise en ligne, ils avaient la volonté d’expérimenter ce que pouvait être la nature d’une histoire conçue pour le web. Pouvez-vous écrire une histoire avec Google Maps ? Pouvez-vous écrire une histoire en direct, avec les lecteurs qui lisent les mots au fur et à mesure que l’auteur les écrit ?

Avez-vous travaillé très près des auteurs ?
Oui, absolument. Lorsque des auteurs écrivent un livre, ils se soucient généralement peu de la présentation, ou de savoir si les gens sauront comment lire leur histoire, tout simplement parce que tout le monde sait comment lire un livre. Cependant, avec notre projet, nous avions besoin dêtre certains que les auteurs prendraient en compte le medium dans leur écriture même. Cela a été une expérience vraiment merveilleuse de travailler avec la plupart de ces auteurs, impatients qu’ils étaient d’essayer quelque chose de nouveau.
Comment Charles Cummings s’est-il accommodé de la nécessité de fréquents déplacements pour justifier l’utilisation de Google Maps tout au long de l’histoire ?
Je ne pense pas qu’il a trouvé cela difficile, une fois qu’il a réalisé que presque chaque chapitre devait impliquer un déplacement physique, ou un usage intéressant de la carte. Il s’est montré très habile pour utiliser ces contraintes dans la narration.

toits.jpgLui avez-vous demandé de faire quelques changements sur certains passages de l’histoire, pour mieux l’adapter au projet ?

Nous avons fait quelques suggestions, des choses dont nous pensions qu’elles fonctionneraient mieux. Par exemple, dans l’un des derniers chapitres, le héros s’enfuit d’un hôtel pour échapper à la police. Il avait prévu qu’il s’éloigne simplement en courant sur la route, et nous avons suggéré quelque chose de différent et de beaucoup plus dramatique, basé sur ce que nous pourrions voir sur une carte. Je ne vous le dévoilerai pas ici, au cas où vous n’auriez pas lu l’histoire, mais si vous l’avez lue, vous voyez ce dont je parle.

Avez-vous eu le temps de réaliser tout ce que vous aviez prévu de faire pour illustrer l’histoire ? (Par exemple, de placer autant de marqueurs verts que ce que vous souhaitiez ?)
Comment dois-je prendre cela ? Je suis vraiment très heureux de ce à quoi l’histoire a abouti – je trouve que c’est un sacré beau boulot. Bien sûr, on se dit toujours que l’on pourrait faire plus. Il y a certainement moyen d’améliorer encore l’interface, d’enrichir l’histoire, et d’utiliser le système de Google Maps de manière plus intéressante. Mais il y a des chances pour que nous ayons l’occasion de réaliser un jour une autre Google Maps story !

Comment allez-vous recueillir l’avis des visiteurs ?
Nous allons probablement leur demander de nous envoyer des mails, ou faire une enquête.

Est-ce que les six histoires sont dans des styles très différents, et font appel à des ressources web différentes ?
Oui, elles sont complètement différentes, et elles utilisent des technologie variées. Toutes ne reposent pas sur des applications Web 2.0 comme Google Maps, quelques unes oui, et nous avons aussi écrit certaines applications nous-mêmes.

Est-ce que la nature de la collaboration avec un écrivain est très différente de celle que vous avez habituellement avec un scénariste de jeux ?
Avec des jeux comme les jeux ARG, l’auteur est toujours profondément impliqué dans le game design. Je ne pense pas que cela a toujours été le cas pour We Tell Stories, nous pourrions tracer une ligne nette entre le design et l’écriture. Souvent, nous avons reçu un premier jet de l’auteur, auquel nous avons réagi, et travaillé par itérations, selon la façon dont chaque auteur avançait en tenant compte du design de l’histoire.

J’ai vraiment adoré cette expérience. De façon générale, j’aime travailler avec les auteurs, et je trouve, je continue à trouver (parce que toutes les histoires ne sont pas encore terminées), que le processus est très stimulant intellectuellement. Il y a peu de domaines professionnels où l’on a l’occasion de collaborations aussi proches et inhabituelles.

Un grand merci à Adrian. Et j’ai hâte de découvrir le second récit, diffusé la semaine prochaine. Pas vous ?

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