Archives mensuelles : avril 2008

We Tell Stories #4

J’ai suivi attentivement les trois premières expériences de récits en ligne proposées par Penguin sur leur site «  We Tell Stories«  , avec la complicité de la société Six To Start, dont j’ai interviewé le fondateur Adrian Hon.

Ces expériences ont été largement commentées, de manière assez critique sur Read/Write Web et plus laudative sur The Digitalist qui rappelle à juste titre que l’objectif n’est pas d’adapter un récit de fiction sur le web, ni d’engager un nouveau public à lire, mais bien de concevoir des fictions pour le web, en proposant une expérience au visiteur du site qui ne cherche pas à rivaliser avec la lecture d’un livre, mais s’en démarque tout à fait. Tout comme le cinéma a mis du temps pour se dégager des formes qui lui ont préexisté et pour inventer son propre langage, le web cherche encore le sien, en ce qui concerne la manière d’y raconter des histoires, et les expériences sur We Tell Stories vont dans ce sens : la première, avec ce récit qui se déploie sur la carte grâce à une exploitation originale de Google Maps m’a moins convaincue que la seconde, qui déploie, grâce à la juxtapostion de deux blogs et l’utilisation de twitter, un espace fictionnel virtuel très convainquant, incluant photos, commentaires des lecteurs, dans une histoire qui joue sur les codes d’aujourd’hui, du langage ado sur les blogs aux parents en quête de solutions pour aider leur fille à régler ses problèmes. La troisième m’a moins plu, même si elle m’a permis de faire un poisson d’avril : ce type de conte dont vous êtes le héros a été visité et revisité pendant les années cédérom sans jamais dépasser un petit plaisir combinatoire, plus de plaisir d’ailleurs pour le concepteur du dispositif que pour son utilisateur.
Cette semaine, ne ratons pas la quatrième expérience : un dispositif permettra de suivre en direct, chaque jour pendant une heure, l’écriture d’une fiction, inspirée de Thérèse Raquin de Zola. Rendez-vous sur le site aujourd’hui (lundi 7 avril) à 19h30, et tous les jours de cette semaine. Cela nous laisse un petit moment pour lire ou relire Thérèse Raquin : version numérique gratuite ici, 3,58 € ici et 2 € , version imprimée (livre de poche) à partir de 1,43 € ici.

Même pas peur

Sur lImmatériel (joli nom pour ce blog de l’équipe d’O'Reilly France, cela me fait penser au nom – Les Immatériaux – d’une belle expo à Beaubourg dans les années 80 dont j’ai gardé le catalogue), Xavier compare la structure de coût d’un livre papier et celle d’un livre numérique (chez O’Reilly) :

Si la perspective est l’augmentation de la marge, d’où viennent les peurs des éditeurs face au numérique ? La plus répandue est certainement la crainte de voir leurs livres piratés, une fois ceux-ci mis en circulation sous forme numérique. On a lu déjà les arguments qu’il déploie à propos des DRM sur le blog d’O'Reilly US, mais ce post en constitue une excellente synthèse en français.
Je me contente ici de citer sa conclusion :

«  Au lieu de dépenser notre énergie à freiner la diffusion d’un contenu que nous avons eu tant de mal à produire, proposons plutôt à nos lecteurs ce qu’ils demandent : des formats compatibles avec les outils les plus courants et des modes d’accès multiples. Nous pourrons alors commencer à exploiter toute la souplesse de l’écrit dématérialisé, proposer à chacun des ouvrages adaptés à ses besoins et à ses lieux de passage, et inventer de nouvelles formes d’accès au savoir.  »

On voudrait pouvoir lui répondre : «  même pas peur  ». Allez, on lui répond : «  MÊME PAS PEUR !  »

Amazon encore

Vous êtes dans une boutique, décidé à acheter un appareil photo, un lecteur mp3, un DVD ou un livre. Vous êtes malin, ou bien radin, ou bien fauché, ou peut-être les trois, et vous vous dites soudain :  » tiens, et si c’était moins cher sur Amazon ?  » Vous sortez votre portable, composez le 262966, tapez le nom de l’article désiré, ou l’ISBN du livre, une liste apparaît, vous saisissez le numéro de l’item qui vous intéresse. Amazon vous rappelle pour vous fournir des informations supplémentaires. Vous confirmez votre commande, et vous sortez du magasin, les mains vides, sans passer à la caisse. Demain, l’objet arrivera chez vous. Vous serez passé à la caisse, bien sûr, mais chez Amazon.
Ça s’appelle TextBuyIt, et c’est disponible aux Etats-Unis. Pour l’instant.

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Via Joe Wikerts

(deux heures du mat’, au lieu de dormir, je farfouille sur le web et dans mon agrégateur et oh, zut, Christian a publié un post sur pile-poil la même info, avec la même illustration…  Comme ça, vous pourrez comparer, j’vous jure j’ai pas copié, on parle tous les deux de tiroir caisse, je détaille plus la procédure d’achat, lui insiste plus sur la catastrophe pour les vendeurs de produits culturels,  que je me contente de suggérer… )

Poissons d’avril et contes de fées

Je suis une très vilaine fille.

J’ai utilisé l’interface du troisième récit publié par Penguin sur son site We Tell Stories pour faire un poisson d’avril à un ami. C’était pas très difficile, cette troisième histoire reprenant une idée toute simple, consistant à poser, à différents stades de la narration, des questions fermées aux lecteurs, et à inclure leurs réponses dans la suite du récit. Alors quand le programme m’a demandé comment s’appelait la fille du paysan, j’ai répondu «  Virginia  ». Et puis comment s’appelait le roi ? «  Clementis  ». Et bien sûr, ce sont ces prénoms qui ont servi dans la suite du récit. J’ai fait une jolie copie d’écran, et je la lui ai envoyée en lui disant : «  regarde, c’est nous les héros du troisième récit de We tell Stories«  … Cela aurait presque pu être possible, puisque nous avons participé l’un et l’autre via twitter à la précédente expérience, et que j’ai interviewé Adrian Hon à propos du site il y a quelques jours.

J’aime autant les poissons d’avril qui ont une apparence de vraisemblance qui ont l’air de poissons d’avril mais n’en sont pas (voir les commentaires d’Hubert et de Jean-Marie), que ceux que l’on détecte au premier coup d’œil. J’aime bien la fiction, les bobards, les plaisanteries. J’aime bien le 1er avril, en fait. C’est un bon jour pour les vilaines filles.

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