Archives mensuelles : avril 2008

Les livres le plus souvent taggés « non lu » sur Library Thing

Un «  meme  » a circulé aux USA, concernant la liste des 106 livres le plus souvent taggés «  non lu  »* sur Library Thing. Les participants devaient indiquer parmi les livres figurant dans la liste lesquels ils avaient lu,  pas lu du tout, commencé et jamais fini, lu par obligation scolaire, perdus, et lesquels figuraient dans leur liste de livres à lire…

Je ne participe pas au meme, mais reproduire simplement une partie de cette liste ne me semble pas sans intérêt. (Le chiffre entre parenthèse indique le nombre de bibliothèques virtuelles sur lesquelles le livre est présent.)
En voici le début  :

  1. The ultimate hitchhiker’s guide by Douglas Adams (43)
  2. Jonathan Strange & Mr Norrell by Susanna Clarke (236)
  3. The kite runner by Khaled Hosseini (19)
  4. Anna Karenina by Leo Tolstoy (211)
  5. Life of Pi : a novel by Yann Martel (17)
  6. Don Quixote by Miguel De Cervantes Saavedra (152)
  7. Crime and punishment by Fyodor Dostoyevsky (176)
  8. One hundred years of solitude by Gabriel Garcia Marquez (183)
  9. Vanity fair by William Makepeace Thackeray (115)
  10. The Silmarillion by J.R.R. Tolkien (155)
  11. Ulysses by James Joyce (135)
  12. War and peace by Leo Tolstoy (132)
  13. Madame Bovary by Gustave Flaubert (132)
  14. The brothers Karamazov by Fyodor Dostoyevsky (136)
  15. Catch-22 a novel by Joseph Heller (158)
  16. Wuthering Heights by Emily Bronte (162)
  17. The Blind Assassin by Margaret Atwood (110)
  18. Quicksilver (The Baroque Cycle I) by Neal Stephenson (92)
  19. A tale of two cities by Charles Dickens (124)
  20. The satanic verses by Salman Rushdie (88)
  21. Middlemarch by George Eliot (96)
  22. Reading Lolita in Tehran : a memoir in books by Azar Nafisi (96)
  23. The name of the rose by Umberto Eco (120)
  24. The Kor’an by Anonymous (11)
  25. Moby Dick by Herman Melville (119)
  26. The Odyssey by Homer (136)
  27. The Canterbury tales by Geoffrey Chaucer (108)
  28. Love in the Time of Cholera by Gabriel Garcia Marquez (114)
  29. The hunchback of Notre Dame by Victor Hugo (75)

Tim Spalding commente l’info dans le blog du site, avec un lien vers une page de résultats de recherche Google montrant les sites participant au meme.

Il ajoute que de nombreux livres de cette liste sont de gros livres, dont le nombre de pages découragent probablement les lecteurs. Je croyais quant à moi, que passé le CE2, nul ne se préoccupait plus outre mesure du nombre de pages d’un livre, ni de les compter, ni de flipper sur sa longueur.

A noter, parmi les 29 premiers livres de la liste, une forte proportion d’auteurs non nord-américains, dont deux ouvrages de Garcia-Marquez et deux de Dostoïevski. Côté français : Victor Hugo leur casse les pieds, et Madame Bovary les endort : peut-être devraient-ils essayer Madman Bovary, de Claro, sauf qu’il perd toute sa saveur pour qui n’a pas lu Madame avant Madman. L’arc en ciel de la gravité, de Pynchon, est 72ème…

La liste comprend les livres taggés «  unread  »  ainsi que  : *unread*, @unread, C:unread, Have-Not-Read, Havn’t Read, NotRead, Unread., «  books to read  », _unread, as yet unread, have not read, haven’t read, haven’t read it, havent read, not read, status:unread, un-read, unread ;what ?

Tu fais quoi ?

Je pensais : «  ben tout le monde s’en fiche pas mal  ». C’est tout de suite ce que l’on pense (non ?) la première fois que l’on entend parler de twitter. Qu’est-ce que j’en ai à faire, de ce que font ou pensent les autres, là, tout de suite, surtout des gens que je ne connais pas, ou que je connais à peine… Il y avait déjà les blogs, ou, horreur, n’importe qui peut raconter ce qu’il veut. Voilà maintenant que n’importe qui peut me dire, en 120 caractères, n’importe quand, n’importe quoi. Et moi, je vais écrire quoi ? «  Je viens d’arriver au bureau ?  ». «  Bu un café avec Monique ?  » «  Faut que je porte la voiture au contrôle technique ?.  » «  Je me l’achète cette petite robe orange, ou j’attends qu’il fasse vraiment beau ?  »
Mais comme je suis une incorrigible curieuse, et assez têtue, j’ai voulu essayer tout de même. Comme le blog, d’ailleurs. Pas juste poster trois billets, comme ça. Pas juste envoyer trois micro-messages, et hop, on s’en va, c’est encore un truc de geeks, spécial digital natives exilés dans la Silicon Valley. Réservé à ceux qui peuvent faire leurs intéressants en twittant : «  enfin réussi à débugger cette fucking appli…  » ou «  rendez-vous dans une heure avec des investisseurs.  »

Non non. Je me suis entêtée. Et j’ai découvert :

- que beaucoup de monde partage des liens (URL) dans Twitter que je ne trouverais nulle part ailleurs.
- que l’on peut rechercher dans les messages Twitter grâce à Tweet Scan, et que ça change tout.
- que plus l’on suit de gens dans Twitter, plus l’intérêt augmente.
- des formes d’humour Twitter variées, indéfinissables, mais assez irrésistibles
- que les Twitteurs très actifs ne se prennent pas au sérieux, et sont d’autant plus agréables à suivre
- que Twitter, comme bloguer, demande avant tout une bonne dose de simplicité, et non, comme beaucoup le croient, un égo surdimensionné.
- que la brièveté imposée du Twitt est intéressante
- que personne n’est là pour édicter ce qu’est un «  bon Twitt  », et que le bon Twitt, c’est celui qu’il me plaît de twitter…
- que le type qui a développé Twitter, Evan Williams (pas tout seul, il désigne lui-même Jack Dorsey comme l’inventeur, et celui-ci publie sur Flickr la photo commentée du premer croquis de Twitter…) avait déjà créé Blogger, avant d’être acheté par Google, puis de quitter Google au bout de quelques mois…
- qu’il a posté sur son blog une vidéo des fameux LeFever (CommonCraft.com), expliquant Twitter comme ils savent le faire, avec des bouts de papier…
-101 liens sur Twitter sur le blog Kinoa.

Et vous, lecteurs twitteurs, que vous apporte Twitter ?

Cory Doctorow : « over the moon »

Cory Doctorow, co-auteur du blog boing-boing, militant de L’Electronic Frontier Fondation, travaille au sein de l’organisation Creative Commons. A lire, la conférence qu’il avait prononcée devant le Microsoft Research Group à Redmond, sur le campus Microsoft en 2004, et qui commençait par ces mots : «  greetings fellow pirates, arrr !  »,
Cory Doctorow, quand il ne prononce pas de virulents réquisitoires contre les DRM devant des ingénieurs de chez Microsoft, est auteur de Science-Fiction. Son dernier livre est, depuis début 2007,  tout à la fois en vente en librairie, et téléchargeable gratuitement sous licence CC, en de multiples formats, y compris sous forme de podcasts.
note de Cory Doctorow sur son site :

«  These files are under Creative Commons Attribution-NonCommercial-ShareAlike 2.5 license. Mix ‘em up. Send them to your friends. Get creative. Tell me about it. Make cool junk. Some weirdos actually get pissed off when their readers like their stuff enough to share it and improve it. Me, I’m over the moon when that happens. «  

(Repéré grâce au blog isbn, qui – réjouissons-nous ! – est à nouveau actif.)

Encyclopædia Britannica, gratuite pour les blogueurs

Trouvé sur PR 2.0 :  Si vous êtes un blogueur régulier, un webmaster, un auteur en ligne (et que vous lisez l’anglais…) : allez sur leur site Webshare et inscrivez-vous. Environ 24h après, vous recevrez votre code d’accès complet à l’encyclopédie en ligne. Vous pourrez également utiliser sur votre blog ou site les vidéos et les widgets proposés par l’encyclopédie, dont voici un exemple :

Read & Go : les liseuses se connectent

Hadrien l’annonce sur Feedbooks, une expérimentation vient d’être lancée par Orange en partenariat avec cinq grands titres de la presse française ( Le Monde, le Parisien, les Échos, l’Équipe et Télérama ) ainsi que pour la bibliothèque numérique associée, Feedbooks, Médiatoon (Dargaud, Dupuis, Lombard et Kana) et les éditions Mango. Tout comme le Kindle d’Amazon avec la boutique en ligne du même, le R & G est connectable et connecté, et permet d’avoir une édition actualisée toutes les heures des 5 titres de presse associés. Comment se fait l’accès aux livres de la bibliothèque numérique ? Hadrien va surement nous expliquer. Les livres sont préchargés sur toutes les liseuses ? (30, c’es( tout à fait possible) ) Ou bien peut-on se connecter directement avec le R & G sur Feedbooks pour les télécharger ?
Dans le communiqué d’Orange, la liseuse utilisée pour l’occasion n’est pas nommée autrement que Read & Go, curieux choix pour une liseuse, évidemment, «  Lis & Va  » sonnerait curieusement évangélique, mais bon, la séance de brain-st… euh, remue-méninges aurait pu se prolonger un peu pour le choix du nom…

On aura reconnu l’Iliad, la liseuse préférée d’Aldus. Une expérience à suivre…

Livre numérique : au Royaume Uni, c’est parti

Chez Penguin : dès septembre, toutes les nouveautés (sauf les livres illustrés), disponibles en édition imprimée et numérique. Les nouveautés ne sont pas les seules concernées : en tout 5000 ouvrages seront disponibies d’ici 18 mois.
Random House annonce le lancement de ses premiers livres numériques en juillet prochain, Pan Macmillan dit également publier toutes ses nouveautés en numérique dès janvier 2009.

Ces annonces ont eu lieu à la Foire du Livre de Londres, et c’est dans Livre Hebdo.

- à voir aussi chez Penguin, le numéro 5 de «  We Tell Stories  », un beau travail infographique, un percutant manifeste des «  digital natives«  .

Penguin adopte le format epub

Dans un article qui nous fait part des dernières nouvelles du numérique chez quelques éditeurs, le blog  Persona Non Data annonce l’adoption du format epub (celui de l’IDPF) par Penguin. Un pas de plus pour ce format vers ce qu’il a vocation à devenir : le format standard pour la publication numérique.
Les autres  nouvelles ?

- Le feuilletage en ligne rendu accessible, via un widget,  pour 5000 ouvrages chez Random House. PND souligne que Random s’est doté depuis quelques années d’un Digital Warehouse («  entrepôt numérique  ») et est en mesure de produire et distribuer massivement aujourd’hui des contenus numériques variés.

- On travaille chez Macmillan sur l’idée d’eBooks contenant des «  bonus  », du «  extra-content  », sorte de version augmentée des livres imprimés. L’idée est développée sur the digitalist. 

Tout change, mais pas tant que ça

Quiconque a vu une démonstration de tableau blanc interactif cite spontanément le film «  Minority report  » : on y voit Tom Cruise manipuler avec une étonnante dextérité des images virtuelles sur des panneaux transparents, les tirant vers lui, les éloignant, les agrandissant, les faisant apparaître ou disparaître. L’effet est renforcé lorsque l’utilisateur interagit avec le tableau directement avec les doigts, sans utiliser de stylet, ce contact direct du corps avec la surface affichant l’interface est puissamment évocateur : rapprochement homme / machine, machine qui prolonge le corps, main qui commande directement à des documents et des applications informatiques.Contrairement à la surface inerte utilisée habituellement pour la vidéo-projection, la surface verticale n’est pas seulement ce qui se substitue à l’écran de l’ordinateur, permettant un usage public de celui-ci. Elle est aussi lieu d’interaction, sans la médiation habituelle du curseur dirigé par la souris. Celui qui le manipule est proche de ce qu’il montre, il est aussi en représentation, dans la lumière, dans un dispositif similaire à celui du tableau noir avec ses usages bien connus, tous liés à la possibilité d’utiliser l’écrit, texte ou figure, en renfort d’un discours ou d’un échange oral.

Curieusement, lors des démonstrations de ces tableaux, les fonctionnalités qui remportent le pus grand succès sont celles qui présentent la simulation la plus réaliste des adjuvants de l’antique tableau noir : souvenez-vous de l’attirail du prof de math, cette grande règle souvent jaune qu’il appliquait à même le tableau pour tirer un trait droit, le rapporteur, aussi. Alors lorsque le programme intégré au tableau permet d’afficher virtuellement de tels outils, lorsque l’on voit la règle virtuelle guider le geste réel du manipulateur, l’enthousiasme de la salle est palpable. Si c’est un compas virtuel, figuré à l’écran, et que l’on voit tracer une courbe, les applaudissements fusent.

Quiconque a visité une agence d’architecture ces dernières années aura constaté que les traditionnels outils de l’architecte en ont pratiquement disparu.

Le té emblématique de la profession, l’équerre, la haute table inclinable… rien ne distingue plus aujourd’hui au premier coup d’œil une agence d’architecture d’une autre société : des gens devant des écrans. Approchez-vous de l’un d’entre eux. Regardez son écran. Le té est il encore présent, virtuel, à l’écran ? Lorsqu’il trace une droite, utilise-t-il une équerre virtuelle ? Evidemment pas. Le programme de dessin, autocad généralement, gère cela de façon transparente. Les habiletés du dessinateur ont changé. La précision du geste n’est plus nécessaire, elle est totalement prise en charge par la machine. Mais la gestion des calques, la structuration du plan, la façon de grouper les élements, de les dupliquer, de les répartir, de les mémoriser, de les échanger, demandant des habiletés différentes.

Ce qui nous impressionne, c’est la capacité du logiciel à simuler la réalité, à nous présenter quelque-chose que nous reconnaissons. Bien sûr, ces artefacts de compas et d’équerre, de rapporteur et de règle, n’ont d’autre utilité que pédagogique : rendre tangible, en se référant à des outils de tracés bien identifiables, et utilisés par ailleurs par les élèves, les conditions de construction de la figure géométrique. Mais je ne suis pas certaine que c’est la perspective de cet usage qui nous enchante. Même en n’ayant comme unique expérience graphique de l’ordinateur que les quelques fonctionnalité de Powerpoint, on comprend vite qu’un programme excelle à tracer des droites, cercles, arcs, et toutes figures géométriques. Je trace (avec une règle et une équerre virtuelle) un parallèle entre ces outils figurés à l’écran, et les artefacts de livres : ces tourne-pages, flipbooks et autres widgets nous réjouissent, parce qu’ils nous proposent une expérience familière, même si celle-ci, sur un écran d’ordinateur n’a pas vraiment lieu d’être, car l’écran n’est pas une page, et il n’existe pas de nécessité qu’il singe la page. Pas de nécessité autre que celle de nous rassurer, de nous dire : tout change, mais voyez, finalement, pas tant que ça.

Bloguez, les enfants !

Reçu hier le livre très réussi d’Astrid de Roquemaurel, illustré par Delphine Vaufrey : «  Mais non je blogue  » (éditions Milan Jeunesse). J’ai eu le plaisir de travailler avec Astrid il y a quelques années, et je lui dis un grand bravo. Olivier en a parlé aussi il y a peu sur Affordance.

Le livre aborde et explique de manière très claire et attrayante toutes les questions concernant les blogs.  On souhaite qu’il soit également lu par les enseignants : pour leur donner envie de bloguer eux-mêmes (ils sont déjà nombreux à le faire) et pour accompagner les enfants dans leurs usages du Web en connaissance de cause. Le livre aborde d’ailleurs l’utilisation des blogs en milieu scolaire.
La simplicité et la précision des explications font aussi de ce livre un excellent point d’entrée pour les adultes dans le monde des blogs.
Si vous habitez Paris et avez des enfants, emmenez-les rencontrer Astrid et Delphine à la librairie Eyrolles, 61 bd St Germain, samedi 12 à partir de 15h. Dédicaces illustrées et discussion autour des différents sujets du livre.

Longtemps je me suis twitté de bonne heure

twittlit.jpg

Twitter fait partie de ces trucs 2.0 qui, quand on essaye de les expliquer à quelqu’un, provoquent le plus souvent une moue sceptique ou un haussement d’épaules, ou les deux.

J’ai commencé à l’utiliser récemment, plutôt timidement, un peu comme lorsque j’avais commencé ce blog, pas très sûre de l’intérêt de l’affaire, mais… pourquoi ne pas essayer ? Pour l’instant, je suis encore une débutante, donc je ne peux pas trop en parler.

TwitterLit ? Un drôle de service qui marie Twitter et Amazon. Deux fois par jour, la première phrase d’un livre publiée, et un lien vers ce livre sur Amazon. C’est tout.

Quelques premières phrases sur la home du site :

- Not long ago, I took part in an online conversation hosted by the Washington Post
- There were two hours left of 1938
- Why do we remember only stupid details ?
- I was walking down the creaky steps of a shop called Gunderson’s Odds N’ Ends.
- Do you get spiritual credit for celibacy if it’s involuntary ?

Ça me rappelle un jeu, de la famille du jeu du dictionnaire : un des joueurs choisit un livre, copie la première phrase sur un papier, et dit quel livre il a choisi, en évitant les livres dont tout le monde connaît la première phrase par coeur. Chacun est ensuite invité à imaginer et rédiger la première phrase du livre en question. Toutes les propositions sont lues ensuite à haute voix, et chacun doit désigner celle des phrases qui lui paraît être l’authentique première phrase du livre en question. Vous gagnez si vous trouvez la bonne, et aussi si votre proposition de phrase réussit à convaincre d’autres joueurs. (Idéal en Bretagne un après-midi d’août pluvieux, avant de partir quand même à la plage prendre un bol d’air vous mettez vos KWay les enfants).

Mais sur TwitterLit pas de jeu. (Sauf que ici, oui, au passage, j’ai glissé une phrase de mon cru dans les «  premières phrases  » citées plus haut, devinez laquelle, sans tricher). Juste ces premières phrases et un lien vers Amazon. On sait que la première phrase est parfois terrible pour les écrivains. Peut-elle déterminer un choix de lecture ? Peut-elle donner irrésistiblement envie de lire la deuxième ? D’aller voir de quoi il s’agit sur Amazon ?

Qu’en pensez-vous ? Et twitter, vous utilisez ?