Nuages, nuages…

Il n’est pas question de l’édition, ni, à aucun moment, du livre, dans cet article de the Economist, qui commence par nous parler de Windows 7, dont, je dois dire, je me soucie  fort peu, pas plus que je ne me suis intéressée à Vista dont la seule chose que je peux dire à son sujet est que,  depuis qu’il l’utilise, l’homme de ma vie semble avoir enrichi son vocabulaire de jurons.

Mais le lancement de Windows 7 est présenté, dans cet article, non comme le commencement de quelque chose, mais bien comme la fin d’une époque pour les systèmes d’exploitation, et dans les rivalités qui existent entre les géants de l’informatique. Le centre de gravité, avec le Cloud Computing, s’est déplacé.

«  L’avènement du cloud computing ne se contente pas de déplacer le centre de gravité de Microsoft. Cela modifie la nature de la concurrence au sein de l’industrie informatique. Les développements technologiques ont poussé la puissance de calcul en dehors des hubs centraux : d’abord des  ordinateurs centraux  vers les minis, ensuite vers les PC. Maintenant, la combinaison de processeurs de plus en plus puissants  et de moins en moins chers, et de réseaux toujours plus rapides et doués d’ubiquité, renvoie la puissance vers le  centre en quelque sorte, et même bien au delà, peut-être. Les «  données dans le nuage  » sont, en effet, comme hébergées dans un gros ordinateur  central, sauf que cet ordinateur est public et mutualisé. Et au même moment, le PC est bousculé par une série de terminaux plus petits, comme les smartphones, les netbooks, et peut-être bientôt, les tablettes (des ordinateurs à écran tactile de la taille d’un livre). «  

Il pourrait être tentant de considérer «  l’informatique à la demande  » telle qu’elle est proposée avec le Cloud Computing comme un retour vers  l’informatique dite «  mainframe  », avec ses ordinateurs centraux et ses terminaux. Mais les choses sont cependant bien différentes et la comparaison ne tient pas vraiment la route.

On est bien loin du livre, apparemment. Loin ? Pas si sûr. Car parmi les géants du Cloud Computing, deux ont fait récemment des annonces qui confirment leur intérêt pour le livre :
- Google avec son programme Google Editions, dont le démarrage est prévu courant 2010, j’évoque la chose dans mon précédent billet.
- Amazon, avec l’annonce de son Kindle international, qui vient déjouer les prévisions : il avait été question d’une arrivée du Kindle au Royaume-Uni, suivie d’une ouverture en France et en Allemagne. Cela se fera peut-être aussi, mais Amazon, avec cette annonce, empêche Google d’occuper seul l’espace des médias, qui, ces dernières semaines, font une place considérable à tout ce qui concerne le livre numérique.

Le troisième, Apple, laisse se développer un gros buzz  au sujet de la tablette tactile qui pourrait voir le jour en janvier, et occupe déjà le terrain de la lecture numérique avec le couple iPhone/iPod. Il prend pied aussi dans le Cloud Computing, investissant dans la construction d’un énorme datacenter.

Ces géants de l’informatique et des réseaux s’intéressent à nous. Intéressons-nous à eux, essayons de suivre leurs mouvements, de comprendre ce qui les rassemble et les oppose, les buts qu’ils poursuivent, ce qui les fait courir, toujours plus vite, toujours plus loin.

5 réflexions au sujet de « Nuages, nuages… »

  1. David Dauvergne

    Que ça plaise ou non aux éditeurs ce qui se passe dans les «  nuages  » devrait les préoccuper de très, très près ! Ce n’est pas juste pour «  s’intéresser  » à ce qu’ils font mais bien de comprendre que c’est eux qui vont donner le «  la  » en matière de services, de publications différenciés et de design éditorial. Nous n’avons pas à faire comme je l’ai entendu si souvent, à une révolution numérique ni à celle du livre électronique. Ça fait depuis plus de 15ans que nous sommes dedans. Les terminaux de lecture ne sont pas non plus une nouveauté. La révolution c’est le RÉSEAU et sa maturité technique. Et ici les questions sur le centralisme sont fondamentales. Les tuyaux, la puissance de calcul et l’interconnexion des plateformes (ex : gmail, google wave, google book…) va faire de ces mastodontes les maitres incontournables ! Oui, oui, on est ici au cœur du livre. Il va bien falloir arrêter un jour de se tromper systématiquement de sujet (epub, DRM et compagnie) et prendre conscience de ce qui se trame. C’est à dire qu’il est enfin temps de penser livre/réseau ensemble et non comme séparer.

  2. Virginie Clayssen Auteur de l’article

    @David Dauvergne Pourquoi pensez-vous que j’ai écrit ce billet, si ce n’est parce que je pense moi aussi qu’il est nécessaire de «  penser livre/réseau ensemble  » ?

  3. David Dauvergne

    J’avais bien compris ! Et c’est pourquoi j’ai réagi. Vous parlez de cloud computing et c’est à mon sens fondamental, ça ma exalté ;) Car c’est bien la première fois que je vois le lien avec le monde de l’édition (à part dans le monde du logiciel libre ou le débat existe depuis longtemps). Peu mesurent les problèmes que cela implique pour les réseaux. Une prise de conscience, comme la vôtre, est malheureusement encore trop rare !

  4. Ping : bookmark from diigo 11/13/2009 | Relation, transformation, partage

  5. Ping : Immédiasphère | Suite des communiqués de SEDNA PRESS

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>