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des métadonnées suffisamment bonnes ?

C’est une chose de critiquer la qualité des métadonnées du programme Livres de Google, c’en est une autre de le faire de façon systématique et argumentée. C’est l’exercice auquel s’est livré Geoff Nunberg et que l’on peut consulter ici.

La réponse de Jon Orwant, responsable des métadonnées chez Google, est intéressante. Loin de nier le problème ou de chercher à le minimiser, il examine une à une les erreurs pointées par Geoff Nunberg et explique leur origine, et la manière dont Google traite ses questions, à l’échelle des millions d’ouvrages qu’il a numérisés.

Joseph Esposito fait (dans la mailing list Read 2.0) un rapprochement entre le parti pris de Google concernant ce projet – privilégier l’accès rapide à une grande quantité d’ouvrages, et améliorer ensuite progressivement la qualité des métadonnées – et le  concept remis à l’honneur dans Wired cette semaine : celui de «  good enough«  . Francis Pisani traduit dans son billet sur le sujet «  good enough  » par «  pas mal  ». Je le traduirais plus littéralement par «  suffisamment bon  », me souvenant du terme  de «  mère suffiisamment bonne«    utilisé pour traduire le concept de «  good enough mother  » proposé par le psychanalyste anglais Winnicott. J’aime cette idée du «  good enough  », essentielleemnt déculpabilisante (pour les mères, qui résistent difficilement à l’envie  d’essayer de devenir des mères parfaites), mais dans beaucoup d’autres domaines aussi. Ça ressemble à première vue à un concept de feignant, celui qui se contenterait d’un «  assez bien  », qui bâclerait le travail, un candidat au «  peut mieux faire  ». En réalité, le désir de perfection est souvent paralysant. Ce concept de «  good enough  » permet au contraire de lever bien des inhibitions, permet d’oser faire un premier pas, celui qui coûte le plus.

Mais ce n’est pas en priorité à cause de la qualité de ses métadonnées que le projet Google Livres, et surtout  le projet de Règlement auquel le procès intenté à Google par les éditeurs et auteurs américains a abouti est violemment critiqué et combattu. Trois principaux reproches sont faits au Règlement Google Books Search  :

- le non respect par Google de la législation sur le droit d’auteur
- le danger de constitution d’un monopole sur l’exploitation des versions numérisées des œuvres orphelines
- le manque de garanties sur le respect de la vie privée

Le délai prévu par le Règlement pour déposer des objections a été prolongé jusqu’au 8 septembre. Et il faudra attendre le 7 octobre, l’audience de la cour de justice américaine chargée de se prononcer sur la validité du Règlement, pour savoir si celle-ci l’aura considéré comme… «  good enough  ».

Barnes & Nobles : une offre numérique « device agnostic » ? Il faut le dire vite.

barnesBarnes & Noble vient d’ouvrir sa librairie numérique en ligne. La principale chaîne de librairie américaine (770 librairies dans 50 états…) vient rivaliser ainsi avec Amazon pour la vente des livres numériques.

Son offre est proche de celle d’Amazon sur plusieurs points  : le prix auquel sont proposés les titres les plus demandés  – 9,99 $. Par ailleurs, le modèle intégré  format propiétaire / e-librairie.  La home pourrait nous induire en erreur, qui met en avant, via une série de photos qui défiilent, différents terminaux associés à des contextes de lecture distincts. Sur 4 photos, 3 représentent des personnes de sexe féminin : une jeune femme avec sa fille, qui utilisent un iPhone, une étudiante avec un Mac,  une dame âgée un PC sur les genoux, et une seule représente un jeune homme, qui utilise, lui,  un Blackberry (un truc pro, un truc de mec le Blackberry… Les femmes, elles, elles  vont à la fac avec leur Mac pour essayer de rencontrer un futur possesseur de Blackberry, l’épouser, avoir une petite fille et lui raconter des histoires qu’elles liront sur leur iPhone. Plus tard, quand la petite fille sera partie chercher un mari à la fac, elles iront se reposer au bord de la mer, leur PC sur les genoux. #quartdheurefeministe )

barnesdetail1Les livres numériques de chez Barnes & Noble fonctionnent «  avec le eReader que vous possédez déjà…  » (enfin, sauf si vous possédez une liseuse Kindle, Sony ou Bookeen…)  Ce terminal de lecture, ce doit être en réalité soit un iPhone, soit un Blackberry, soit un ordinateur Windows ou Mac.  Mais l’annonce a été faite que très prochainement, Barnes & Noble allait devenir le revendeur exclusif de la liseuse annoncée par Plastic Logic pour la fin de l’année.

Annonçant 700 000 titres numérisés (parmi lesquels il faut compter
500 000 livres issus du domaine public, et mis à disposition par Google), Barnes & Noble peut revendiquer l’offre numérique la plus vaste jamais rassemblée sur un seul site.

La plupart des titres que Barnes & Noble a trouvés dans le panier de la mariée FictionWise sont au format eReader. Ce format est bien connu des adeptes précoces de la lecture électronique : développé initialement sous le nom de PeanutPress, il a été acheté par Palm et renommé Palm Digital Media, avant de l’être par eReader, absorbé ensuite par FictionWise.  Le logiciel de lecture eReader, qualifié de «  device agnostic  », permet un accès avec ou sans fil à la boutique en ligne de Barnes & Noble. Cette application est compatible avec un très grand nombre de terminaux incluant les smartphones leaders du marché (iPhone et Blackberry), ainsi que les ordinateurs Windows et Mac. «  Device agnostic  » ? Hum…   Cela veut dire simplement que le logiciel  eReader de FictionWise a été porté sur un grand nombre de plateformes. Mais il n’est nulle part mention d’une quelconque liseuse (possesseurs de Kindle, de Sony ou de Bookeen passez votre chemin. ) «  interopérable  » ? Non, vraiment pas. Et pas mal sexiste, leur promo, quand même…

Les mantra de Jeremy Ettinghausen

Jeremy Ettinghausen, Editeur Numérique chez Penguin, annonce sur le blog Penguin le lancement d’un nouveau service : «  We Make Stories  ». (On se souvient de «  We Tell Stories  », l’an dernier, projet piloté par  Jeremy également… )

«  En tant qu’éditeur numérique, j’ai mené de nombreuses conversations ces dernières années avec des éditeurs de livres, des éditeurs traditionnels, où j’essayais de les convaincre que nous sommes maintenant dans un métier de «  contenus  » plutôt que dans un métier de «  livres  ». J’ai réalisé, en déjeunant tout seul, que dans une entreprise pleine d’amoureux du livre, ces éditeurs n’ont pas spécialement envie de se penser comme des producteurs de contenus, quel que soit le jargon nouveaux-média que j’emploie pour essayer dme rendre cela sexy, ou peut-être à cause même de ce jargon. Et alors que le débat fait rage sur le prix et la valeur des contenus numériques,  voici que j’essaye un nouveau mantra auprès de mes collègues méfiants : je ne parle plus de «  contenus  », mais de «  services  ». L’idée, telle qu’elle m’est venue à l’esprit, encore assez informe, est la suvante :  Bien que,  nous le savons, c’est un vrai défi de faire payer des clients pour des contenus numériques, nous devrions être capables d’utiliser nos compétences, notre expertise, notre expérience, pour créer des services pour lesquels les gens voudront bien payer. Des services, c’est ce que nous proposons à nos auteurs, alors peut-être y a-t-il des services que nous pouvons proposer à nos lecteurs ? (…).

Bon, la preuve du pudding, c’est qu’on le mange, et je suis donc très heureux de vous annoncer le lancement de notre premier service, une suite d’outils en ligne permettant aux enfants de créer et raconter leurs propres histoires. Grâce à «  We Make Stories  », les enfants (de tous âges, même si le site a été pensé pour des 6-11 ans) peuvent créer, imprimer et partager une grande variété de types d’histoires. Ils peuvent créer des livres animés (pop up), personnaliser des livres audio, créer leur BD, fabriquer de passionnantes cartes au trésor, et développer un grand nombres d’aventures variées.

Ainsi, nous allons savoir très rapidement si oui ou non il existe une audience pour du contenu payant en ligne créé par des éditeurs, et si, tout comme il existe des livres édités que les gens veulent lire, il peut exister des services créés par des éditeurs que les gens trouveront utiles et distrayants. Sinon, il faudra que je trouve rapidement un nouveau mantra…  »

We Make Stories est donc un site web destiné aux enfants, payant, ( 9,99 €, un droit d’entrée qui n’est pas un abonnement, on paye une fois et on a un accès illimité). J’ai investi les 9,99 € euros et testé les unes après les autres les activités créatives proposées par le site. Pour l’ex-concepteur de CD-Rom pour enfants que je suis, c’était une expérience étrange : j’ai retrouvé maintes idées discutées, certaines réalisées dans divers projets, toutes tournant autour de la possibilité de donner aux enfants des outils leur permettant de réaliser facilement des histoires ou des séquences amusantes. Mon verdict : un grand bravo sur le design, l’ergonomie, la qualité de l’expérience utilisateur. Ma réserve : le côté systématique qui peut être parfois assez lassant, à partir du moment où l’on a compris le fonctionnement  – c’est presque toujours le principe d’une narration dont la trame existe, mais sur laquelle l’enfant peut effectuer de nombreux choix qui tous ont été anticipés. On isole des éléments signifiants, de façon systématique, et propose pour chacun de ses éléments des alternatives parmi lesquelles l’enfant peut choisir. Assez vite, on sent que la «  créativité  » du côté de l’enfant peut être assez limitée, elle consiste presque toujours à choisir une option, sauf peut-être lorsqu’on lui permet d’enregistrer lui-même des sons. Cependant, la complexité et le nombre de ces choix, lorsqu’il s’agit par exemple de créer un personnage, sont tels que l’enfant a vraiment le sentiment de modeler son personnage.  L’idée de proposer pour les yeux et la bouche une large gamme d’expressions que l’on fait défiler avec un curseur est excellente.

Voici l’interface qui permet de modeler son personnage :

comic-genius

On réalise bien alors que l’on peut choisir la coiffure d’un personnage parmi plusieurs proposées, mais que le choix des yeux et de la bouche est plus le choix d’une expression : pour choisir la bouche on doit jouer sur le curseur Mood (humeur) , et pour les yeux on joue sur le curseur Kindness (gentillesse).  .

La créativité est là, en tout cas,  du côté des concepteurs de ces très beaux jeux. Des jeux à mettre entre les mains des enfants pour voir la façon dont ils vont s’en emparer : ils  s’amuseront certainement à manipuler images et sons. A habiller leurs personnages, à les agrandir ou les rapetisser, à enregistrer des sons pour agrémenter une histoire.

Il faudra revenir sur ce site d’ici quelques mois, voir ce que les enfants auront réalisé avec cette très belle panoplie d’outils, réalisée avec talent, humour et délicatesse. Tester des produits auprès d’enfants – pire, auprès de ses propres enfants – est souvent l’occasion de surprises déroutantes. Je me souviens avoir un jour testé sur les miens une animation autour d’une chanson qui jouait sur la répétition. Les enfants avaient regardé  toute l’animation, censée être amusante, sans bouger, le visage neutre. Et ils se tordaient de rire à la séquence finale, simplement à la vue d’une petite souris que le graphiste avait ajouté pour le plaisir, et qui avait un mouvement rigolo. Ils se passaient et repassaient la séance juste pour les 5 secondes de souris. C’était inexplicable et un peu décevant. J’avais le sentiment de n’être pour rien dans leur amusement, que celui-ci était le fruit du hasard. Ce fut aussi un enseignement : ne jamais travailler avec des a-priori concernant les «  uilisateurs  ». Tester. tester, et re-tester. Et aussi, toujours mettre, un peu partout, des petites souris, au cas où.

Baignades à Bagnolet

fbon_bagnoletBibliothèque de Bagnolet, mardi 2 juin. Liseuse en main, François Bon commence. Énumération. On peut la lire ici. Un concentré de ce que nous partageons en ligne depuis quelques années : cette urgence à explorer les outils, les applis, les réseaux, à aller barboter dans toutes les rivières du web, à s’y laisser flotter et dériver, à essayer d’en remonter le courant, de construire des barrages comme font les gosses, l’été, en déplaçant des pierres.

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Puis c’est Silvère Mercier, ingénieur hydrographe, que l’on remercie de ses explorations bibliobessionnelles, si précieuses, Silvère qui rêve à la bibliothèque de demain, à sa place dans la cité et dans les réseaux.

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Pierre Ménard, ensuite,  s’installe derrière son mac. Musique. Images. Il nous emporte dans ses explorations, dans ses juxtapositions, dans une longue séquence poétique, images samplées, sons remixées, tremblements fugitifs, extraits et fragments.

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Je croyais bien connaitre desordre.net, que je fréquente depuis longtemps, heureuse de m’y perdre, de m’y faire balader. Mais nul ne peut prétendre connaitre le désordre, ça sert à ça, le désordre, à maintenir des choses cachées, enfouies, provisoirement hors de portée, pour que le plaisir de les trouver ou de les retrouver ensuite, par hasard, soit d’autant plus grand qu’il est inespéré. Mais visiter le désordre avec celui qui le crée depuis dix ans, ce fut un grand privilège. Philippe de Jonckheere a réalisé un montage sonore, mixant sa voix lisant de longs extraits du bloc-notes avec musiques et bruits, et tandis que passait cette bande, il explorait devant nous les dédales de son site, en direct. Ce que le désordre révèle, c’est pour mieux le cacher. Et ce que le désordre cache, il est urgent de le découvrir. Alors que le web est en train de devenir le web du flux, un monde de rivières,  desordre.net est une cité lacustre.

Ne me twitte pas…

…il faut oublier, oublier le temps… Le temps où Twitter n’existait pas. Le temps où Amazon aurait pu faire une malencontreuse erreur (#glitchmyass ?) qui sorte de son classement et rende quasiment invisibles sur son site tous les livres GLBT (Gay, Lesbian, Bisexual, Transgender) sans se retrouver au centre d’une tempête de prostestation en plein week-end de Pâques, le temps où l’avocat du journal «  20 ans  » aurait pu envoyer avec quelque espoir de les impressionner une lettre à des blogueuses qui sont aussi des twitteuses, le temps où Mikkey Money, 17 ans, n’aurait pas pu menacer Twitter en lançant une attaque ce même week-end, infestant un, puis dix, plus de dix-mille comptes avec un virus.

Et oui, il s’est passé tout ça ce week-end, et pas mal d’autres choses, pendant que vous cherchiez les œufs de Pâques…

Mise à jour du 15/04 : Amazon – un hacker revendique être à l’origine de l’affaire, tandis qu’Amazon plaide une «  cataloging error  ». Choisissez votre version.

Guerre et paix

Guerre :

«  A la différence de la confrontation des majors avec le numérique, la guerre à venir à toutes les chances d’être plus brutale, plus rapide et plus efficace que celle que mène encore l’industrie du disque. Le plan de bataille édicté par le SNE est d’ailleurs un constat d’échec tant il n’est guère qu’un plan de défense face à une attaque qu’il devine, lui aussi, imminente. Si l’industrie du livre n’a de toute évidence rien appris de l’expérience des majors du disque, qui peut imaginer un instant que dans le camps adverse, aucune leçon n’at été apprise afin de mettre au point les stratégies de la guerre à venir ?  » (Fabrice Epelboin – ReadWriteWeb)

tags : confrontation guerre brutale bataille défense attaque adverse

Paix :

«  Dans un univers numérique, la clé du succès, c’est le dialogue. Dans le monde du livre, cela suggère le dialogue avec un auteur vivant, certes, mais aussi avec d’autres lecteurs, ou d’autres participants à l’écosystème qui prend forme autour d’une œuvre. Par conséquent, par delà les infrastructures, les formats, les modèles commerciaux, etc. ceux qui réussiront le mieux seront ceux sauront tirer profits des dialogues — par tous les moyens ; par ceux qui leur conviennent, ne serait-ce que par courriel, par un blogue, etc. Qu’ils soient auteurs, éditeurs, libraires, bibliothécaires, etc. Je m’émerveille d’ailleurs en voyant apparaître, chaque jour, de nouvelles initiatives qui s’inscrivent dans cette dynamique conversationnelle.  » (Clément Laberge – du cyberespace à la cité éducative)

tags : dialogue émerveille apparaître dynamique-conversationnelle

Je sais pas, vous, mais moi, je préfère la paix. Je préfère le travail de Clément auprès des éditeurs, en France pendant plusieurs années et maintenant au Québec, à l’agressivité d’Epelboin envers les éditeurs. Nous n’en sommes qu’au tout début d’un changement qui modifie la manière dont nous lisons, écrivons, publions, apprenons, nous informons, échangeons. Les modalités de ce changement, ses conséquences, méritent autre chose que les sempiternelles vociférations contre «  les éditeurs  ». Ce n’est pas un secteur que je défends ici, c’est une manière d’être.  Je préfère saluer les expérimentations plutôt que souligner les maladresses, aider à la compréhension plutôt que me gausser des retardataires. Accompagner le changement, et non le jeter à la face de ceux qu’il concerne.

PaaS : Publishing as as Service

Déjà mentionnée dans ce blog, la société SharedBooks propose une site sur lequel il est possible de personnaliser un livre, et d’en commander une version imprimée. SharedBooks vient de conclure un partenariat stratégique avec Mark Logic Corporation, une société qui propose des solutions pour la structuration XML des contenus éditoriaux. L’un fournit le «  workflow  » éditorial, ( la chaîne de production informatisée ), l’autre l’interface permettant d’assembler les contenus et offrant l’accès à l’impression à la demande, ainsi que la possibilité de toucher directement le client final : et voilà un service de création et de distribution de contenu complètement orienté «  plateforme  ».

<explication>Que siginifie «  structurer en XML des contenus éditoriaux  » ? Très schématiquement, cela signifie ajouter une couche d’informations à un texte, au moyen de balises insérées dans le fichier du texte. Quiconque a approché le langage HTML sait ce que sont des balises. Il s’agit de mentions qui se présentent précédées et suivies de chevrons. Les balises ne sont pas censées être affichées, le lecteur ne les verra pas. Elles portent une information destinée à être interprétée par des machines. Elles spécifient tout le texte situé entre une balise ouvrante <commeCeci> et une balise fermante </commeCeci> .  La différence entre les deux ? le signe «  /  » qui suit le chevron ouvrant d’une balise indique qu’il s’agit d’une balise fermante. Les balises peuvent fournir de l’information sur la structure du texte, de type : «  tout ce qui est situé entre ces deux balises constitue le titre d’un chapitre  ». Elles peuvent aussi donner de l’information sur le sens du texte, indiquer de quoi il parle : «  tout ce qui se situe entre ces deux balises est un recette de cuisine  ». Voici une explication bien schématique, mais il n’est vraiment pas difficile d’en apprendre plus sur XML en se livrant à quelques recherches sur le web…

Avec ce système somme tout assez simple, il est ensuite possible d’adresser des portions de texte, de les désigner, de les retrouver, de les manipuler. On obtient ainsi de l’information structurée, un petit peu comme l’est l’information contenue dans une base de données, mais avec une structuration offrant plus de souplesse et de possibilités.

</explication>

Le métier de Mark Logic, c’est d’aider avec une gamme d’outils XML les éditeurs à structurer leurs contenus, pour une publication qui peut se faire sur papier mais aussi en numérique. Les flux XML ainsi créés peuvent alimenter par exemple des plateformes de e-learning, tout comme ils peuvent, moyennant certaines transformations, être mis en forme pour une publication imprimée. En regardant la liste de leurs clients, on voit que les éditeurs professionnels et universitaires y sont plus nombreux que les éditeurs de littérature générale.

Le métier de SharedBooks, c’est de proposer au client final une interface qui va lui permettre à la fois d’intervenir sur le contenu d’un livre, et d’en commander une version imprimée. Il s’agit d’une forme particulière d’impression à la demande, couplée à de la personnalisation.

On voit immédiatement l’intérêt du partenariat ainsi créé : la possibilité pour les clients de Mark Logic, des éditeurs pour certains d’entre eux, d’utiliser les développements de SharedBooks pour accéder à la fois aux outils de customisation, et à l’impression à la demande. Et, une fois qu’on dispose de contenu structuré, de tels outils ouvrent la porte à quantité de produits nouveaux, qui peuvent être diffusés directement sur le web.

Voici le communiqué de presse :

SharedBook Inc., la solution d’édition personnalisée en ligne, et Mark Logic Corporation, qui fournit la solution leader du marché XML server, ont conclu un accord de partenariat stratégique qui va faire de SharedBooks la solution privilégiée de commercialisation des contenus XML délivrés via Mark Logic Server.

L’accord va permettre aux deux compagnies de conjuguer leurs services pour permettre aux éditeurs et aux détenteurs de contenus d’exploiter leurs actifs numérques en déployant rapidement des produits à haute valeur ajoutée.

La plateforme de personnalisation éditoriale SharedBook offrira aux clients de Mark Logic, actuels et futurs, une solution SaaS (Software as a Service), permettant la réutilisation de contenus, leur ré-agencement dans des œuvres dérivées des contenus traités par MarkLogic server en utilisant les connecteurs de contenus développés par SharedBooks.

«  Ce partenariat démontre la flexibilité de notre plateforme technologique  », a déclaré Caroline Vanderlip, CEO de SharedBook. «  Les outils de «  front end  » de SharedBooks complètent MarkLogic server pour offrir une solution «  go-to-market  ».

«  SharedBool  offre à Mark Logic une interface  utilisateurs innovante  » a déclaré Jeff Faraday, directeur des partenariats chez Mark Logic Corporation. «  MarkLogic et SharedBook sont positionnés sur ce marché pour offrir aux clients un service formidable. Nous prévoyons un partenariat de longue durée, dont bénéficieront les deux parties.  »

#sdl09ldd : mettre un dièse aux mots

Mettre un bémol, on voit bien ce que ça veut dire, sans connaître le solfège. Mais, «  mettre un dièse  » ?

Hier soir, Peter Brantley twittait en direct d’un symposium à la Columbia Law School concernant le Règlement Google, et ses répercussions à long terme. On peut suivre, moyennant décryptage de quelques raccourcis (BRR = Books Rights Registry), ses notes de conférence avec le hashtag #gbslaw.

Qu’est-ce qu’un «  hashtag  » ? C’est une série de caractères précédée du signe #, dont les utlisateurs conviennent du sens. Tout message sur twitter comportant ce hashtag pourra être ainsi considéré comme faisant partie d’un ensemble de messages, auquel est associé un contexte défini.

Cela permet d’effectuer des recherches, et aussi de donner en quelques caractères le contexte d’un tweet.
Souvent, il s’agit d’un événement, comme dans le cas de #gbslaw. Le premier qui commence à twitter un événement propose le hashtag. Il existe aussi des hashtag thématiques, comme #followfriday. Il sert simplement à indiquer à ses followers des personnes intéressantes à suivre sous twitter…

Nombreux sont mes «  Following people  » d’outre atlantique qui assistent ces jours-ci à  SXSW , et utilisent le tag #sxsw.

Mais ici en France, on twitte aussi !  Le hashtag pour «  Dem@in le livre  » au Salon du Livre est : #sdl09ldd.

Peut-être se trouvera-t-il quelques twitterers pour couvrir les deux débats organisés par Alain Pierrot, et que j’ai le plaisir d’animer ?

Dimanche à 17h30 :

Bibliothèques numériques, de la consultation en ligne au téléchargement
Où en est-on de la consultation en ligne et du prêt par les bibliothèques numériques ? Aspects sociologiques de la lecture numérique.

Daniel BOURRION, conservateur des bibliothèques, Bibliothèque Numérique de l’Université d’Angers
Alain GIFFARD, spécialiste des technologies de l’écrit, président de la Mission interministérielle pour l’accès public à l’Internet
Yannick MAIGNIEN, directeur du TGE (Très Grand Equipement) ADONIS.
Lundi à 14h :

Comment « rematérialiser » les livres numériques au gré des lecteurs ? Impression à l’unité, fichiers numériques, sont-ils opposés ou complémentaires ?

Pierre-Henri COLIN, responsable de l’offre e-paper chez 4D Concept
Hervé ESSA, directeur marketing et  commercial chez Jouve
Frédéric FABI, président et fondateur du groupe Dupliprint
Moritz HAGENMÜLLER, directeur de Books on Demand.

This Is Where We Live

Produit par Apt Studio ( à qui l’on doit aussi le site «  The Golden Notebook  » pour If:books ) avec Asylum à l’occasion du 25ème anniversaire de 5th estate ( l’une des deux marques de la maison Press Books, branche littérature d’Harper Collins UK ).

Plus de 1000 livres de 5th estate ont été utilisés pour la réalisation de ce film d’animation. Plus de précisions sur le site dédié.

C’est bien là que nous avons vécu, dans un monde de papier, de caractères, de couvertures… A quoi ressemblera le film pour leur 50ème anniversaire ? Quelle place occuperont dans 25 ans les livres imprimés ? Les petites personnages de papier qui se promènent dans cette ville de livres, de papier et de carton demeureront-ils encore longtemps emblématiques de la littérature ?

Au banquet du livre

Au Banquet du Livre, à Lagrasse, j’ai acheté des livres. Comment résister ? Comment ne pas me saisir de l’Éloge des voyages insensés de Vassili Golovanov après en avoir entendu de longs extraits lus par Jacques Bonnaffé dans le petit cloître ? La lecture, ensuite, se doublera du plaisir de retrouver les passages qu’il avait choisi de lire. Comment, après avoir entendu Tiphaine Samoyault dialoguer avec Martin Rueff, ne pas feuilleter quelques uns de ses livres, et me décider pour celui qu’elle a écrit autour de l’exposition de Louise Bourgeois ? Comment ne pas m’emparer de ce recueil de poèmes de Giuseppe Conte, après la lecture croisée qu’il nous a donnée avec Jean-Yves Masson, et tiens, un livre de Masson aussi… Christian Thorel, de la librairie Ombres Blanches à Toulouse a lui-même fait le choix des livres proposés dans la grande librairie, et il me fait part de sa satisfaction de constater que son choix thématique autour de la question posée cette année au Banquet : «  le monde existe-t-il ?  » a été largement validé par le contenu des différentes interventions. Une question autour de laquelle il a rassemblé des ouvrages de philosophie, d’histoire, de littérature, de cinéma, de religion, de voyage, de poésie, d’architecture. Et, me demande-t-il, attrapant un livre au hasard et le feuilletant rapidement sous mes yeux, à quoi ressemblera cette librairie provisoire dans 10 ou 20 ans si réellement le numérique remplace le papier ? Les invités du Banquet circuleront-ils, avec le même plaisir, la même aisance, et les mêmes tentations au milieu d’écrans ?